La journée de la femme ne sera pas la mienne

  • Stéphan et Marie Carbonnaux

La journée de la femme … Tout un programme de réjouissances … dans lequel je ne me reconnais pas du tout et qui, je dois bien l’admettre, m’irrite franchement.

D’abord, je considère que nous n’avons pas besoin de cette journée qui nous aurait été spécifiquement dédiée. Je l'accepterais avec joie si c'était un témoignage d'amour à l'égard des femmes. J'ai malheureusement plutôt l'impression qu'elle est l'outil de règlements de compte très orientés ou le substrat d'idéologies contemporaines qui ne me paraissent pas toujours saines.

De fait, ces quelques heures censées nous mettre à l’honneur sont un prétexte formidable pour entendre toutes sortes de choses qui me paraissent parfois intéressantes, mais bien plus régulièrement aberrantes. J’aimerais que cessent les incessants bavardages de celles et ceux qui prétendent s’exprimer au nom et pour le bien de toutes les femmes.

 

Quel rapport avec notre blog qui s’intitule « Nature, Sauvage et Civilisation » ? Il me semble qu’il y a beaucoup de liens.

Nous nous intéressons en effet aux questions de civilisations, surtout lorsqu’elles sont liées à la nature.

Justement, j’ai malheureusement et depuis hier entendu des interventions télévisuelles ("Ce soir ou jamais", émission du 6 mars 2015) ou radiophoniques sur la question de la féminité. La manière dont elle fut abordée sentait le réchauffé des discussions interminables que l’on nous a servi il y a quelques temps sur le « genre », mot -oh combien !- à la mode. Depuis quelques temps, on nous laissait tranquille avec cette théorie subalterne (surtout à une époque comme la nôtre, où il me semble que nous avons bien d’autres préoccupations que celle-là) pour mon plus grand plaisir, je dois bien l’admettre. Mais voilà que le prétexte était tout trouvé pour nous la ressortir des placards « grâce » à cette journée de la femme.

 

Pour moi, il existe deux genres « féminin » et « masculin ». Pour une fois, ma conception des choses est simple et je cultive cette simplicité avec bonheur !

Je souhaiterais ardemment que les choses en soient restées là, car il y a foule d’autres questions existentielles sur lesquelles nous pouvons nous concentrer.

Oui, les réalités biologiques existent de manière indéniable, et le genre « masculin » ou « féminin » ne nous a pas été imposé par une culture ancestrale qui en plus de transformer les femmes en Barbie et les hommes en pompiers aurait été la conséquence de l’oppression de la gent féminine.

Je crois plutôt que la culture ainsi que la condition des hommes et des femmes sont les fruits de nos différences.

De fait, la femme (mais il me paraît aberrant de me sentir obligée de le rappeler) est moins forte physiquement que l’homme. C’est pourquoi, certaines activités ont été pendant des siècles réalisées par des hommes et non par des femmes (chasse aux gros gibiers, explorations lointaines, travaux importants, etc.)

La femme est plus propice à la douceur, notamment en ce qui concerne le caractère maternel, même si je ne prétends pas que les hommes soient incapables de tendresse vis-à-vis de leurs enfants. Au contraire ! Mais les rôles sont souvent bien définis et des liens particuliers existent entre une mère et son enfant. Comme la nature est bien faite ! Celle qui a porté son petit durant neuf mois est conçue pour l’accueillir : l’enfant à peine né reconnaît l’odeur maternelle et n’a besoin d’aucune aide pour ramper vers le mamelon nourricier. Ce réflexe moteur incroyable, il le perdra quelques heures seulement après sa naissance, lorsque la première tétée lui aura permis d’ingérer le précieux colostrum et de lancer le processus de lactation. Comment peut-on imaginer que cet accueil maternel puisse être fait par le père, quand bien même il déciderait culturellement de se féminiser ! Redevenons un peu raisonnables !

 

Après avoir discuté avec bien des mères, elles m’ont expliqué qu’elles étaient souvent les premières à percevoir les cris de leurs tout-petits tandis que le Papa dort encore. Nous sommes programmées pour cela ! Par qui ? Par notre culture ou par notre nature ?

Il est si facile de trouver la réponse … Ne sommes-nous pas des mammifères ? Certes plus « évolués », bien que je n’apprécie pas beaucoup ce terme et qu’il me paraît bien mal choisi. Il faudrait prendre le temps de réfléchir pour en trouver un plus juste. En se rapprochant du règne animal dans la mesure où il est comparable, on trouve bien des réponses, souvent beaucoup plus sages et limpides que les interminables palabres venant nourrir des théories fumeuses.

 

Quant à la différence, voilà un mot qui devient presque tabou. On entend souvent des journalistes au ton assez agressif demander confirmation auprès de ringards belligérants qui ne rejoignent pas les grandes idées du nouveau siècle « Donc vous prétendez que les hommes et les femmes sont différents ? » Ce matin, j’ai même entendu une intervenante s’en défendre d’une manière presque coupable : « Non, pas différents …» pour finalement trouver un terme plus compliqué signifiant la même chose.

 

Pour ma part, je l’affirme bien fort : OUI ! Nous sommes différents ! Merveilleusement différents, et je cultive avec grand plaisir ces belles différences ! La différence n’est pas le synonyme de l’infériorité. Il est tout à fait possible d’être égal tout en étant franchement différent. Ce sont ces différences et ces complémentarités qui assurent au monde les cycles de la vie. Comme j’aime les différences ! Les printemps, les étés, les automnes, les hivers de notre hémisphère, et combien je suis désolée lorsque je constate que les saisons s’uniformisent pour des causes en grande partie anthropiques. J’aime, lorsque je voyage, regarder ces belles différences de paysages, de nature, de culture : quelle richesse ! J’aime la merlette et son plumage brun, et l’allure bravache du merle noir au bec contrasté. J’aime le canard colvert et sa femelle, la ribambelle des poussins qui suivent la poule tandis que le coq chante au petit matin pour annoncer fièrement le jour.

J’aime la féminité, sa douceur, sa beauté, le soin qu’elle accorde à l’esthétisme des choses, la rondeur de ses formes toutes maternelles, cette manière si particulière de porter un regard sur le monde et de réfléchir. Je rappelle que l’intelligence des femmes a eu une influence considérable dans l’histoire ! J’aime la masculinité, sa force, la protection qu’on ressent parfois auprès de certains hommes, le regard paternel qu’un homme porte sur son enfant, les caractéristiques physiques et psychologiques illustrent justement un rôle spécifique et un caractère propre à l’homme.

 

Comme ce serait triste une société où tout s’uniformiserait. Ce serait comme une soupe grisâtre et maussade. Les mêmes constructions standardisées partout, les mêmes codes vestimentaires, des hommes déguisés en femme et  des femmes déguisées en homme. Une nature de moins en moins différente à cause de toutes ces espèces que nous faisons voyager et qui s’installent sur des milieux qui ne sont pas les leurs, au détriment, comme cela arrive souvent, des espèces autochtones. Un climat où il n’y aurait plus cette si belle alternance de saisons …

 

Lorsque je vois des personnes présentant des spécificités quant à leur genre féminin ou masculin et qui cherchent à tout prix à convaincre et imposer cela comme une norme, cela m’ulcère. Hier soir, une femme très masculinisée, peut-être transsexuelle (la frontière était difficile à percevoir) prétendait qu’on pouvait être parcouru de bien des identités sexuelles durant sa vie. Je ne nie pas que cela arrive à certains individus mais ce n’est pas la généralité ! Que les marginalités ne soient pas imposées pour devenir une chose commune ! Nous avons tous des spécificités qui nous sont propres, des fragilités ou des grâces mais c’est illusoire, parce que cela nous permettrait de mieux les accepter en se persuadant qu’elles sont et peuvent être communes à l'ensemble des individus, de vouloir à tout crin qu’elles deviennent l’apanage de tous !

Assez vite, cette femme s’adressait avec beaucoup d’agressivité et de colère pour imposer son point de vue (et elle n'était pas la seule), défendu par certains. Cette agitation n’est certes pas le substrat de quelqu’un en paix avec lui-même et les autres. J’imagine donc une réelle souffrance, probablement  niée parce que ce serait admettre-là une fragilité.

Quelle drôle de société qui veut nous imposer certaines marginalités comme de nouvelles normes !

C'est incroyable de constater, qu'une fois encore, de nombreuses personnes cherchent à nier la nature pourtant immuable des choses. Pourtant, l'experience nous permet de remarquer que ces attitudes nous ont régulièrement largement desservis.

 

Je suis pour le respect des différences bien sûr, mais absolument contre une uniformisation quelconque.

 

Pour finir, il est évident que je ne souhaite pas enfermer les femmes chez elles et je trouve merveilleux qu’elles aient la liberté de choisir, qu’elles aient maintenant, dans nos pays (quelle luxe nous avons, je pense à toutes celles qui en sont si injustement privées), des droits similaires aux hommes, c’est bien normal. Néanmoins, je pointe une petite chose que je trouve forte ennuyeuse sur cette question du choix. J’ai entendu beaucoup de féministes s’exprimer en cette journée de la femme, sur les salaires, le travail, etc. Mais bien peu ont évoqué le droit des femmes à choisir la maternité, au moins lors des jeunes années de leurs enfants. C’est devenu très mal considéré en France (ce n’est pas le cas dans tous les pays européens). Et certaines d’entre nous souffrent de ce fait. A midi, j’entendais un jeune restaurateur qui m’expliquait le regard porté par un certain nombre d’habitants sur une femme de sa commune qui avait choisi de s’occuper de ses trois enfants. « Elle, elle fout rien » entendait-il régulièrement. Sa femme a fait le même choix car elle a eu la chance de pouvoir le faire. Tant que ses petits ne seront pas scolarisés, elle restera près d’eux. Et je peux assurer que ces deux exemples ne sont pas les seuls. Que des femmes soient carriéristes, c’est une chose que l’on se doit de respecter, mais je crois qu’il serait bon que ce modèle de réussite social, ne soit pas imposé à toutes. Par respect pour les femmes, il serait formidable qu’elles puissent choisir de travailler ou d’élever leurs enfants, au moins durant leurs jeunes années. Il faudrait que leur choix soit respecté et valorisé. La liberté prétendument acquise par les femmes ne sert que certaines d’entre elles, lorsqu’elles rentrent dans le carcan du modèle dominant d’aujourd’hui. On parle bien peu de la souffrance de ces toutes jeunes mamans contraintes de reprendre le travail seulement quelques mois après la naissance de leurs bébés. Et pourtant, elle existe bel et bien, le corps médical est au fait de cette réalité.

 

Nous vivons dans un monde en perte totale de repères. Je crois profondément que ce n’est pas une bonne chose pour l’humanité. Nous avons besoin d’eux, ils nous guident et nous rassurent face à tant d’inconnus qui nous entourent, face aussi à tous les défis auxquels nous allons devoir faire face : crise écologique, économique, sociétale, etc.

Ne présumons pas de notre soi-disant immense intelligence mais tentons d’avancer avec sagesse et humilité, et tâchons de ne pas oublier l'essentiel au profit du superflu. Nous avons tendance à mener notre vie terrestre comme si elle allait durer toujours. Ce n'est pourtant qu'un court passage. À chacun de réfléchir comment lui donner une vraie valeur. Si pour certaines, cela s'illustre par le désir simple d'être là, auprès de leurs enfants, je trouve juste qu'on respecte et valorise ce joli choix.

 

Quant à moi, je célèbre chaque jour la joie d’être une femme !

 

Marie Carbonnaux

 

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Angelilie 22/06/2017 21:38

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