La vouivre et son besoin de nature sauvage

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

"Pour moi qui ai connu le pays autrefois, je trouve la campagne bien fade avec votre bête de blé, vos champs de pommes de terre et tout ce vert plat à faire lever le cœur. Si tu avais vu, il y a seulement cinq mille ans, ce fouillis, cet emmêlement du bois mort et du bois vif, cette bataille des plantes pour se pousser à la lumière, quelle pagaïe ! Aujourd'hui, vos rasibus à blé et à pommes de terre, le village bien assis au milieu, et les prés à vaches et les vues filées à travers deux rideaux de peupliers, c'est fait comme un jardin. Et la forêt : des arbres plantés comme des asperges, les coupes, les futaies, les taillis, tout bien ordonné, divisé, et les allées droites, les carrefours, les sentiers. C'est le parc au bout du jardin."

Marcel Aymé, La Vouivre, 1943.

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