Article d'Artzamendi : "Crise du système et défis de l’acceptation sociale et culturelle du sauvage"

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

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"Ce schéma montre comment les préoccupations écologiques

d'appréhension globale

mobilisent toutes les sciences de la Nature et humaines".

Schéma tiré de Montagnes et civilisation basques,

de Claude Dendaletche,

Denoël, 1978.

 

 

 

 

Revenons sur trois faits notés l’été dernier.

 


Le 17 juillet 2012, José Bové déclare sur une radio de Lozère, en substance, que les éleveurs dont les troupeaux sont attaqués par des loups, peuvent se faire justice eux-mêmes en tuant les loups en question. José Bové complètera ses dires au journal Le Monde. Les propos du député européen ont été suffisamment commentés, notamment à l’occasion d’une plainte déposée par l’ASPAS, pour incitation à la destruction d’une espèce protégée, si bien qu’il n’est pas nécessaire d’y revenir.

Lire : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/02/quand-jose-bove-crie-haro-sur-le-loup_1741618_3244.html

et http://www.patre.fr/actualites/-predateurs-jose-bove-s-implique-dans-le-dossier-loup&fldSearch=:1CYQKCGO.html pour avoir l’opinion d’éleveurs.


Le 08 août 2012, trois gardes du Parc national du Mercantour sont violemment agressés par un éleveur ovin excédé par des attaques de loups, sur une commune des Alpes-Maritimes. Si l’affaire a fait moins de bruit que la première, elle n’en est pas moins un des symptômes d’une violence qui est peut-être en voie de radicalisation dans les Alpes. Il est encore trop tôt pour le dire, cependant, là où nous vivons dans les Pyrénées, nous sentons que, malheureusement, les relations entre parties « opposées » pourraient facilement se détériorer en raison de la crise économique et systémique que nous traversons, et de l’arrivée d’animaux prédateurs tels que les loups.

Lire : http://vigilance-mercantour.over-blog.com/


Dans la nuit du 18 au 19 août 2012, le « bio-éco site » de l'étang du Moura situé à Averon-Bergelle en Armagnac (Gers), a été gravement vandalisé. « Un désastre environnemental et patrimonial » a dénoncé Philippe Martin qui préside le conseil général du Gers, propriétaire des lieux. Les regards se sont tournés vers les agriculteurs irrigants, d’autant qu’on a pu lire, tel un slogan vengeur, « De l’eau pour les tortues », sur les murs d’un bâtiment calciné.

Lire : http://www.ladepeche.fr/article/2012/08/23/1423785-saccage-sur-fond-de-guerre-de-l-eau.html#xtor  

 


Les mêmes questions se posent dans chacune de ces affaires, à savoir :


-  l’acceptation sociale et culturelle du sauvage, et notamment des prédateurs,


-         et les difficultés rurales et montagnardes, c’est-à-dire les difficultés des agriculteurs et paysans pour s’y maintenir, même s’il ne faut pas surtout pas oublier que tout un chacun a du mal à vivre dans les campagnes de France.


Devant une probable recrudescence de conflits de ce type, il est temps de quitter les voies du militantisme classique et de renoncer aux imprécations, souvent lancées avec courage via les écrans des ordinateurs.


C’est d’un retour au réel et d’une fine compréhension des enjeux dont nous avons besoin, d’une nécessité impérative de se parler, quitte à ne pas être d’accord du tout, et enfin d’un savant dosage de vie sauvage et de vie domestique.


Comme tout s’exacerbe en période de crise  - les violences sur les autres, et les violences retournées contre soi (cf. cet article de l’Express Belgique « L’Europe marche en somnambule vers une crise humanitaire » : http://www.express.be/business/fr/economy/leurope-marche-en-somnambule-vers-une-catastrophe-humanitaire/176015.htm)  -, ceux qui ont à cœur de réconcilier nature et humanité doivent très rapidement engager un profond bouleversement de leurs manières de penser et d’agir.


Artzamendi – Nature, Sauvage et Civilisation y travaille, avec d’autres, à son échelle.


 

Stéphan Carbonnaux


www.artzamendi.fr

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