Artzamendi - Nature, Sauvage et Civilisation vous souhaite ses meilleurs voeux

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Logo Artzamendi Inpi réduitArtzamendi - Nature, Sauvage et Civilisation vous souhaite ses meilleurs voeux de bonheur, de santé, d'amour et d'amitié pour l'année qui s'ouvre.

 

Que cette année 2011 soit aussi le début d'une véritable réconciliation entre les hommes et la nature sauvage !

 

 

Marie et moi profitons de ces voeux pour publier quelques images et courts récits de nos observations et affûts de cette fin d'année 2010 et des tous premiers jours de 2011.

 

 L-Artzamendi-vide-d-ours--decembre-2010--1600x1200-.jpg

Jeudi 16 décembre 2010. Il fait froid sur les Pyrénées, comme presque partout en France. A Laressore, chez Bergara, on s'est étonné que nous voulions nous rendre sur l'Artzamendi.  Je n'étais pas revenu depuis bien des années, la route est assez mauvaise, moussue par endroits dans la gorge, et même défoncée avant d'accéder au col de Mehaxe. La nuit approche, nous partirons une autre fois à pied vers ce sommet mythique perdu aux frontières des états français et espagnol. Malgré mes descriptions, Marie s'étonne : "Mais c'est très déboisé ici ! " Et combien ! Les forêts aux ours sont un vieux souvenir dans cette région pastorale, royaume des moutons et des vautours, où j'ai vu mon premier gypaète il y a plus de 25 ans. Aujourd'hui, le ciel chargé, l'absence d'hommes - nous ne voyons que des chevaux, des canards et deux chiens -, la neige qui tombe dans un grand silence, le vent qui fouette nos visages, tout concourt à me faire imaginer un loup en maraude sur ces landes roussies. Quelques bêtes sauvages quand même : deux chevreuils coupent la route à Saint-Pierre, un bal des vautours fauves anime le Pas de Roland. La montagne disparaît mangée par la nuit alors que nous regagnons Itxassou. Vous reviendrez Otxo et Artza, nous avons besoin de vous !

 

 

 

Camargue et flamants rosesJeudi 23 décembre 2010. Changement complet d'atmosphère même si le ciel est toujours aussi nuageux, les précipitations aussi lourdes. Flamants-roses-en-Camargue--1600x1200-.jpgAu Grau du Roi, du bord de la route, à 10 mètres, nous admirons sans la moindre difficulté quelques flamants roses, dont je ne me souviens pas avoir fait d'aussi belles observations dans la Camargue la plus sauvage. Les échassiers se fichent de la circulation et de la "zone artisanale" voisine, vaquent à leurs occupations, prêtent à peine attention à notre présence. Ici, comme ailleurs du reste, l'homme empiète largement sur le territoire animal. Quelques minutes plus tôt, c'est "Port Camargue" est ses hideuses marinas qui barraient l'horizon...

 

 

 

Prealpes-du-sud--decembre-2010--1600x1200--copie-1.jpg

Dimanche 26 décembre 2010. Il pleut des halebardes glaçantes sur Nice et sa région. Avec mon frère Grégory, nous prenons de l'altitude et trouvons assez vite une belle neige qui a déjà recouvert les préalpes de ce bout de Provence. Des grives se pressent autour d'un point d'eau encore dégagé, un couple de grands corbeaux passe en lançant ses "krok krok". Nous nous installons à l'affût sur un promontoire qui surplombe une combe boisée, territoire  recolonisé par des loups et plus récemment par des lynx. Peu d'oiseaux évidemment dans la forêt, un geai lance quelques cris, un roitelet huppé se faufile de buisson en buisson. Le faible temps imparti pour cette sortie (deux heures sur place) rendait miraculeuse l'observation ou le contact auditif d'un loup ou d'un lynx. Nous quittons la montagne à la nuit ayant tout de même vu, de loin, toutes les espèces de grands herbivores chassées par les deux prédateurs : cerf et biche, chevreuil, chamois et sanglier. Le réensauvagement, malgré bien des difficultés, est en marche !

 

La-Camargue-prise-sous-les-glaces--janvier-2011--1600x1200-.jpgMardi 28 décembre 2010. Retour dans les Pyrénées via la Camargue. Les eaux sont en partie sous les glaces, du moins celles des marais du mas d'Agon. Les routes sont presque vides de véhicules. De nombreux ragondins s'affairent ici et là, l'un gronde même à quelques mètres de Marie qui approche des chevaux camarguais vite amadoués et nourris de quelques brassées d'herbes. J'espère un butor étoilé en bordure de roselière, et c'est une grande aigrette qui nous comble à quelques mètres par sa grace naturelle alors qu'elle capture de menues proies dans une roubine. Une dizaine de courlis cendrés s'envolent à plusieurs centaines de mètres, signe évident d'une forte pression de chasse ! Leurs cris mélancoliques me plongent subitement dans l'atmosphère d'un roman de Bosco. Au nord du Vaccarès, j'arrête tout net la voiture : une femelle épervier posée à cinq mètres de nous sur un arbrisseau se repose entre deux vols au ras des roseaux. La voilà qui s'envole en quête d'un petit passereau dont les bandes affluent dans le ciel avant la nuit.

 

 

Attente d'une loutre [1600x1200]

Jeudi 30 décembre 2010. Je suis retourné sur une portion du gave que je prospecte, irrégulièrement, depuis des mois, en quête de loutres. Dans la boue d'un champ de maïs un renard et un blaireau ont laissé de belles pistes d'empreintes fraîches. Je me poste au bord de l'eau, et, comme à chaque visite, les cincles plongeurs sont présents, trois aujourd'hui qui pêchent, se poursuivent et poussent force cris manifestement liés à leurs noces hivernales. Un grand "splash" dans mon dos, à quelques mètres de la rive, me surprend, un grand poisson sans doute. Je  découvre mes premières épreintes de loutre du secteur en aval et décide d'affûter jusqu'à la nuit. A un mètre cinquante de moi, une grande forme glisse dans l'eau, capte mon regard fixé plus loin : un grand saumon ! Je n'en ai jamais vu de si près, et cet individu, dont j'estime la taille à 80 centimètres, présente des marques  claires de mycose sur les flancs, signe de sa fin de vie. Un "splash" anime de nouveau la rivière, puis un second saumon, plus petit, passe très près de moi. En remontant la pente de la gorge, je pense à ces grands saumons venus  de si loin dans l'Atlantique nord se reproduire dans ce gave pyrénéen puis y mourir, et j'imagine que voici un siècle, encore plus en aval, des ours venaient peut-être sur les frayères se régaler de ces proies faciles.

 

 

Un-blaireau-est-venu-boire-au-gave--1600x1200-.jpg

Vendredi 31 décembre 2010. Nouvel affût sur le même gave, plus en amont, toujours avec l'espoir d'une loutre. Sur la vase, de très belles empreintes marquent la venue d'un blaireau au bord de l'eau, sans doute pour y boire. Un oiseau survole par deux fois la ripisylve : une bécasse à la passée qui file ensuite vers les prés où elle vermillera la nuit. Au retour, je surprends des vaches sous bois.

 

 

La-foret-regagne-sur-la-voie-ferree--1600x1200-.jpgSamedi 1er janvier 2011. Je n'étais pas retourné depuis des années sur le site des tunnels du Somport. Sur l'emprise de la voie ferrée qui conduit au tunnel abandonné, une forêt naturelle pousse. Quel plus beau symbole de reconquête de la vie sauvage pour l'année qui s'ouvre ! Les hommes peuvent s'agiter névrotiquement, la forêt revient beaucoup plus vite qu'on ne pense.

 

 

 


La brume monte sur la haute vallée d'Ossau [1600x1200]Dimanche 2 janvier 2011. Froid et ciel assez dégagé sur le massif du pic du Midi d'Ossau, lorsque la brume, envahit le plateau d'Anéou. Bientôt, nous ne voyons plus à 50 mètres, et repassons devant une pierre dressée tel un menhir naturel. Quelques craves à bec rouge ont volé bas et crié, deux renards maraudaient tout près de la route à la descente.

 

 

Un menhir naturel, haute vallée d'Ossau [1600x1200]

 

 

Stéphan Carbonnaux

 

 

Crédits : Marie Coquet et Stéphan Carbonnaux, excepté le cliché des Préalpes de Grasse : Grégory Carbonnaux.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Claude 13/01/2011 22:47


Quelles superbes et vivantes journées vous avez passé pour ces fêtes de fin d'année!
Vos jolies histoires et leurs belles photos sont les meilleurs voeux que nous puissions recevoir.
Merci à vous Stéphan et Marie.
Bonne et douce année 2011 aussi pour vous deux!


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 14/01/2011 12:31



Merci. D'autres petits récits de ce genre seront de nouveau publiés.


 


A très bientôt,


 


Stéphan



Artzamendi © 2015 -  Hébergé par Overblog