Bientôt Noël, qui allons-nous inviter à notre table ?

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet



Je sais que cette vidéo ne fera pas plaisir à un certain nombre de personnes que j'aime beaucoup. Qu'ils ne se vexent pas !  A la maison, nous avons régulièrement mangé du foie gras, notamment à chaque Noël. Je me suis demandée s'il fallait ou non, en cette période, évoquer à nouveau la souffrance animale, ce que nous avions déjà fait lors de notre article "Les poules préfèrent les cages", par crainte de blesser. Mais Noël approche et je sais qu'une fois encore le foie gras sera convié à la table de bien des familles. J’ai de plus en plus de difficulté à tolérer la souffrance des animaux qui n'est pas une fatalité ! J'ai de plus en plus de difficulté à accepter que notre régalade passe par ça ! J'ai de plus en plus de mal à accepter le fait que manger de la viande induise, bien souvent, en amont, un calvaire pour l’animal. Il me semble que nous devrions au contraire traiter au mieux et avec le plus grand respect ces animaux à qui on arrache la vie pour nous nourrir. Que personne ne voit là une attaque personnelle, mais le combat pour la nature en général doit s'affranchir des conventions pour que les pressions sociales, affectives, etc. n'empêchent pas de soulever ce qui doit l'être, pour que nous nous donnions la chance d'évoluer. A mon sens, tout est lié, c'est ma vision systémique des choses. Et le respect de l'animal est aussi une composante indispensable pour que nous nous sauvions nous-mêmes. Les enjeux écologiques d'aujourd'hui induisent, pour que nous nous laissions l'opportunité d'y répondre, une refonte total du rapport à tout ce qui nous entoure, une émancipation profonde de notre vision anthropocentriste et utilitariste au possible, une réconciliation profonde avec la nature et les animaux qui, bien que domestiques ou d'élevage, font, pour moi, partie de ce tout que constitue la nature.

 

Le fait de manger de la viande quand je sais le calvaire qu'a subi l'animal m'écœure toujours davantage et j'arrive de moins en moins à me comporter comme je le faisais hier encore : en me mettant la tête dans le sable le temps d'assouvir mon petit plaisir personnel de dégustation.

 

Manger de la viande est naturel pour l'homme bien que nous soyons avant tout omnivores, ne l'oublions pas. Le régime carné n'est qu'une toute petite partie de ce qui devrait composer notre régime alimentaire. Mais, la souffrance des animaux n'a rien de naturel et peut-être évitée.

 

La vidéo est difficile à regarder, tant les images sont violentes, mais il me semble que le moins que nous puissions faire, quel que soit notre choix alimentaire, est de bien prendre conscience de ce que nos comportements, nos désirs, notre plaisir, peuvent induire.

 

Marie

Ludovic Mascart 12/12/2009 08:09


Je comptais acheter du foie gras cette année encore. J'adore ça. Vraiment.

Je connaissais vaguement la polémique sur le gavage, mais je préférais probablement ne pas savoir, ne pas comprendre : c'était plus commode.

Maintenant je sais, et je vais essayé de ne plus participer à cette torture.

Je commence dès maintenant en n'achetant pas une miette de foie gras pour moi et mes invités, et en partageant cette vidéo sur Facebook.

Merci d'avoir mis cette vidéo Marie, tu as déjà fais changer le comportement d'une personne. Et par ricochet, peut-être d'autres encore.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 12/12/2009 08:31



Bonjour Ludovic,

Merci pour eux (les canards), et contente de te lire. Il est possible de manger tellement de bonnes choses sans que cela induise de telles souffrances ... Les animaux méritent le plus grand
respect.

Bien à toi,
Marie



Martine Canonet 11/12/2009 14:18


Bonjour Marie,

Je viens de lire ton article "Bientôt Noël, qui allons-nous inviter à notre table ?" Tout le monde sait que l'élevage industriel n'est pas la meilleure façon de produire. Il est vrai que le gavage
industriel des canards dont tu montres la vidéo, est plutôt ragoûtant mais tu ne dois pas comparer le gavage industriel et le gavage à l'ancienne. Tu vas me répondre que le simple fait même de
gaver est un supplice pour les canards et les oies. En France, pour le gavage comme pour de nombreuses autres productions, il y a des chartes pour le respect du bien-être animal. Quand j'achète du
foie gras et tu en as mangé, je le prends chez un petit producteur qui respecte ses animaux. D'ailleurs, il faut savoir qu'un canard ou une oie élevé dans de mauvaises conditions ne donnera pas un
foie de bonne qualité. Tu m'as certainement entendu dire que fabriquer du foie gras, c'était très facile et que le plus difficile était de trouver un bon foie pour le réaliser. Alors, quand tu as
entre les mains un foie gras de qualité qui ne rendra quasiment pas de graisse à la cuisson, tu peux être assurée que le canard ou l'oie qui l'a produit, a été élevé dans le plus grand respect de
la charte sur le bien-être animal par son producteur.

En ce qui concerne la production de viande, je trouve dommage qu'à chaque fois, tu fasses référence à la viande par rapport aux feed lot américains. Que vous les dénonciez, je suis tout à fait
d'accord, le bien-être animal, les américains ne connaissent pas vraiment et je ne parle pas de la pollution engendrée par les cultures destinées à l'alimentation de leurs animaux et encore moins
du mode de distribution avec les camions qui se suivent pour distribuer les aliments. Mais, heureusement, en France, même dans les élevages industriels, les éleveurs n'en sont pas à un tel stade et
n'y serons jamais, même en Bretagne où pourtant il y aurait beaucoup de choses à revoir. Tu vois, dans notre pays, même les filières industrielles doivent respecter la charte du bien-être animal
mais, comme dans toutes les professions, il y a des gens qui respectent et d'autres qui transgressent. Alors, comme il est effectivement difficile de savoir lesquels sont les bons et lesquels sont
les méchants, il serait peut-être préférable plutôt que d'inciter les consommateurs à ne plus manger de viande, de les informer sur les filières de type Labels Rouges (Le Label Rouge est le label
que je connais le mieux mais il y en a d'autres). Dans toutes les productions (bœuf, veau sous la mère, porc, volailles et agneaux pour les principales), nous pouvons trouver de la viande sous ces
labels. Les éleveurs qui commercialisent leur production dans ces circuits, ont des chartes sur le bien-être animal et sur l'alimentation des animaux qui sont très strictes. Les mêmes règles sont
imposées à l'acheteur, au transporteur, à l'abattoir et à la boucherie. Tous les acteurs des filières Labels Rouges sont agréés et contrôlés par les organismes certificateurs. Si lors d'un
contrôle, une anomalie est constatée, l'acteur qui n'a pas respecté la charte, est condamné à payer une amende et s'il veut récidiver, il court le risque d'être radié ce qui est normal. Alors, tu
vas me dire que ces viandes Labels Rouges sont plus chères, oui, c'est vrai mais peut-être qu'en fonction de son idéologie, on peut en acheter moins, qu'elle soit bonne et être ainsi rassuré sur
les conditions de vie de l'animal plutôt que de ne plus manger de viande du tout car la viande comme le poisson ou les œufs est nécessaire à l'équilibre alimentaire.

J'ose espérer que tu vas tout de même continuer à manger de la viande. La prochaine fois, dis-toi que la viande que tu dégustes, a été produite par des producteurs qui sont respectueux de leurs
animaux et qu'ils les aiment.

Bises

Martine


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 12/12/2009 08:46



Bonjour Martine,

Pour le foie gras, comme je l'ai écrit, oui j'en ai mangé, car je trouvais cela très bon. Je ne peux plus pour les raisons exprimées.

Pour le reste, je ne pousse pas les gens à ne plus manger de viande. Je dis même que je que c'est dans notre nature d'en consommer. Si certains ne veulent plus en manger cela ne me choque pas non
plus. J'ai moi-même, comme tu le sais, cessé d'en manger pendant plusieurs années. Par contre, je trouve que nous en mangeons beaucoup trop compte-tenu de notre nature d'omnivore. On le
sait  bien et ce n'est pas bon pour notre santé, ni pour la nature, ni pour les animaux. Il m'est moins pénible d'en manger lorsque je sais que l'animal a été élevé dans le plus grand des
respects, celui qu'il mérite, en tant qu'être sensible et vivant. Qu'il mérité aussi compte-tenu qu'on lui prend la vie pour nous nourrir. Si la viande de ces animaux mieux traités est plus
chère, nous pourrions quasiment tous nous en acheter à condition de moins en consommer, ce qui serait un bien, et ce à de nombreux points de vue.

Je pense que nous avons néanmoins encore beaucoup de progrès à faire en ce qui concerne le bien-être animal, en France et ailleurs.

Je ne lance la pierre à personne en particulier, pas plus aux agriculteurs qu'à d'autres, c'est un fonctionnement systémique dont nous portons tous une part de la responsabilité.

Bises,
Marie



ours64100 10/12/2009 12:46


Moi même chose j'ai plus en plus de mal pour manger de la viande. La seule chose qui me fait plaisir c'est un peu de foie gras alors je garde cette "tradition" Bonne continuation. Jean Pierre


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 10/12/2009 15:44



Merci Jean-Pierre, pour ce commentaire et pour vos encouragements. Pour ma part, j'essaie de diminuer ma consommation de viande en règle
générale. Pour deux raisons : la première c'est que je ne supporte pas les conditions d'élevage et d'abattage des animaux. Je considère qu'on ne leur apporte absolument pas le respect qu'ils
méritent et je trouve que nous manquons beaucoup de dignité à leur égard. La seconde raison est que nous mangeons beaucoup trop de viande en comparaison avec nos besoins réels : nous oublions ce
que signifie être omnivore ! Cela engendre des dégâts importants pour la nature (quand on sait la pollution engendrée par l'élevage) mais aussi pour notre corps et notre santé. Quant au foie
gras, j’avoue que j’ai beaucoup aimé cela mais je parviens de moins en moins, comme je l’écrivais dans le texte, à oublier ce que l’animal a dû subir, avant d’arriver dans mon assiette. Quand je
vois du foie gras, je vois aussi l’image du canard, au cou tordu par la main impitoyable de l’homme. L’homme, encore, qui lui enfonce un entonnoir pour lui faire ingérer de force une quantité
faramineuse de nourriture. Procédé qui conduira le foie à son stade maladif, pour le seul plaisir de nos petites papilles gustatives.


 


Bien cordialement et à demain alors,


Marie



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