Chronique d'Artzamendi : Les artistes préhistoriques représentaient mieux les animaux en mouvement que nos contemporains, selon une étude hongroise

  • Stéphan et Marie Carbonnaux

InterieurGrotte-OrneePyrenees--1600x1200-.JPGComme "Nature, Sauvage et Civilisation" ne s'attache pas à ce qu'on appelle les actualités, revenons sur un article publié en décembre 2012 par la revue scientifique réputée, Plos One :


 

 

 

A l'intérieur d'une grotte ornée des Pyrénées, février 2010.

© Artzamendi.

 

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0049786

Dans cet article, intitulé « Cavemen Were Better at Depicting Quadruped Walking than Modern Artists : Erroneous Walking Illustrations in the Fine Arts from Prehistory to Today » (qu’on peut traduire par « Les hommes des cavernes représentaient mieux les quadrupèdes en mouvement que les artistes modernes : illustrations de mouvements erronés depuis la préhistoire jusqu’à aujourd’hui »), des chercheurs hongrois, étude poussée à l'appui, révélaient que les hommes préhistoriques savaient mieux dessiner, peindre ou graver des mammifères en mouvement que les hommes d’aujourd’hui, et même que des artistes célèbres des siècles passés.

Nous n’avons pas été étonnés par de telles conclusions. Une observation des œuvres préhistoriques, doublée d’une bonne connaissance de la faune et d’une connaissance de l’art animalier, permet au moins de poser la question, et au mieux de répondre comme ces chercheurs hongrois.

Du reste, l’artiste, naturaliste et philosophe Robert Hainard, excellent connaisseur de l’art préhistorique et de l’art animalier, qui fut manifestement l’artiste du XXe siècle le plus proche de la nature sauvage, et des mammifères en particulier, avait énoncé la supériorité des hommes paléolithiques pour leurs talents d’observation et de représentation du vivant.

Dans un article, paru à l’occasion d’un colloque de préhistoriens, il avait raconté comment il avait pu sculpter un ours grandeur nature en mouvement (le fameux ours en pierre que l’on peut admirer en plein cœur de Berne) grâce à l’oreille, puisque l’animal avait alors disparu de son champ de vision. Perché dans un mirador, l’artiste avait écouté la bête marcher, imaginant les flexions et les positions respectives de ses pattes qui foulaient les hautes herbes de la clairière : « te-fe », « te-fe ». Robert Hainard avait eu cette phrase magnifique : « Quelques dizaines de millénaires se trouvaient effacés (un instant au point de vue génétique). » J'ai raconté cette histoire dans ma biographie Robert Hainard. Un chasseur au crayon : "Robert Hainard, Chasseur au crayon", biographie  

Artiste d'essence paléolithique, Robert Hainard, savait très bien combien la proximité des hommes préhistorique avec la faune leur donnait une supériorité de représentation sur les hommes modernes que nous sommes.


Lire aussi un article en français sur cette « découverte » :

http://www.atlantico.fr/decryptage/lascaux-1-beaubourg-0-ces-genies-picturaux-paleolithique-qui-avaient-bien-meilleur-sens-proportions-que-tous-artistes-575069.html


 

Stéphan Carbonnaux

 


Jean-François 25/09/2014 19:05

Bonjour, article intéressant mais omission de taille,un livre paru en 2013 "la plus vieille énigme de l'humanité" chez Fayard par Bertrand David peintre et dessinateur et JJ Lefèvre prof de
médecine, lève le voile sur cette énigme.
Certaines peintures par leurs ressemblances m'avaient déjà troublé,une découverte permet de comprendre le "truc" des artistes.
Ce livre semble convainquant .
lions de la grotte Chauvet par ex,représentés plusieurs fois se ressemblant étrangement et intriguent.Certains scientifiques ne sont pas d'accord avec cette théorie.
En tout cas, un livre à lire .

Stéphan et Marie Carbonnaux 27/09/2014 00:27



Bonjour Jean-François,


Merci pour cet apport à la discussion. L'article de l'équipe hongroise a été publié avant la parution du livre de ces auteurs français. J'ai consulté ce livre sans l'avoir encore lu.


Stéphan Carbonnaux



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