Conférence "Le difficile retour de l'ours en France"

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Fête du Livre, PAU, dimanche 1er novembre 2009 à 16h00

 
Je donnerai ma conférence « Le difficile retour de l’ours en France » le dimanche 1er novembre  2009, à 16h00, lors de la Fête du Livre à Pau, qui se tiendra au Palais Beaumont.

 

Au cours de ce salon, dès vendredi en fin d’après-midi et jusqu’à dimanche, je présenterai et signerai mon dernier ouvrage, Le Cantique de l’ours, petit plaidoyer pour le frère sauvage de l’homme, paru en novembre 2008 aux éditions Transboréal, sur le stand de la librairie paloise « Auprès de mon arbre ».

Seront aussi présentés mes livres sur Robert Hainard, dont ma biographie, Robert Hainard, Chasseur au crayon.

Cliché ci-dessus : griffades d'ours en haute vallée d'Aspe, été 2007. Crédit : Stéphan Carbonnaux 


Ce sera pour moi l’occasion et le plaisir de renouer avec les lecteurs, amis et proches que je n’ai pas revu depuis au moins une année, au cours de laquelle j’ai été contraint de régler bien des choses.

 

Ma conférence, qui n’a jamais été donnée dans les Pyrénées, s’inspire d’une précédente conférence intitulée « Le lent retour de l’ours en France ». J’estime aujourd’hui que le retour de l’ours est sinon difficile, voire même impossible, tel qu’il est pensé et mis en application aujourd’hui.

 

Car, le retour de l’ours se conçoit comme la recolonisation de tout le massif pyrénéen, sur les deux versants, par des centaines d’individus. Une population restreinte à cinquante ours (nous en sommes loin), séparée en plusieurs noyaux, n’est pas une population viable. C’est dire si les quelques lâchers d’ours de Slovénie, une opération somme toute facile à réaliser, sont loin de faire le compte.

 

En outre, je vois le retour de l’ours accompagner obligatoirement un changement de civilisation, où l’homme aura inversé ses rapports avec le monde et donc avec l’animal sauvage. Le retour de l’ours ne peut alors se réduire à l’adaptation aux idéologies du moment, notamment celle du développement durable.

 

C’est pourquoi j’examine tout au long de cette conférence les raisons qui empêchent ou freinent le retour de l’ours. J’examine aussi les raisons qui à mes yeux expliquent la disparition des ours de la souche pyrénéenne. Le bilan de cet échec historique n’ayant jamais été fait, il n’est pas étonnant que l’histoire des ours d’origine slovène dans les Pyrénées soit si mal partie.

 

Ma conférence sera donnée le jour du cinquième anniversaire de la mort de l’ourse Cannelle, dernière femelle des ours présents dans les Pyrénées depuis la nuit des temps.

Stéphan

Christophe 03/11/2009 22:10


"En outre, je vois le retour de l’ours accompagner obligatoirement un changement de civilisation, où l’homme aura inversé ses rapports avec le monde et donc avec l’animal sauvage."

Croire en une prise de conscience des hommes à long terme, c'est optimiste et pratique, puisqu'on ne sera plus là pour voir dans quel état sera le monde. J'ai du mal à croire que l'homme va réagir
avant d'avoir achevé ses ravages.

Partout dans le monde, et jusqu'à l'Arctique, Hommes et Ours cohabitent. L'ours n'y est pour rien, il subit les convoitises des hommes sur son territoire. Et pourtant, partout, c'est l'ours qui
perd : A Churchill, à Brasov, dans les Abruzzes et dans les Pyrénées.

Le monde se transforme, mais pas dans le bon sens. Tous les Etats lorgnent sur l'Arctique, Brasov Poiana se transforme en base de loisirs huppée, le parc des Abruzzes se dégrade...

Je suis d'accord avec ce que tu dénonces, sur le plan politique comme associatif, mais pas encore sur l'avenir de l'ours. Pour moi, la guerre de l'ours a d'abord servi aux politiques, qui devaient
faire oublier les échecs de la PAC et trouver un bouc émissaire. La presse a fait le reste.

Je suis contre l'acharnement thérapeutique, mais cependant, j'ai du mal à accepter qu'on impose la piqûre létale à un patient parce que son voisin convoite sa maison.

Dire que si les ours venaient à disparaître des Pyrénées, ils renaîtront de leurs cendres, j'aimerais y croire. Mais nous n'en savons rien. Tout au plus, on peut l'espérer, se dire que nos voisins
européens seront plus déterminés que nous... et trouver un accord avec notre conscience.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 04/11/2009 10:15



Bonjour Christophe,
Tu sais aussi bien que moi que l'existence d'une grande nature riche à nos côtés (je ne parle pas de parcs et de réserves), au sommet de laquelle trônent l'ours, le tigre ou le lion, ne sera
possible qu'avec un renversement culturel et économique total.

Je ne suis pas de ceux qui attendent, et lorsque je parle de combat, notamment culturel, ce n'est pas une pose pratique. Nous aimerions voir quantité de choses de notre vivant, mais il nous sera
posible de n'en voir qu'une toute petite part. Et alors ?

Pour ce qui est de l'ours dans les Pyrénées, je ne vois pas, au terme de 16 années de combat, d'autre solution que de mener un immense et urgentissime travail de fond, écologique, culturel,
économique et social. L'action pour l'action est un échec, que paient d'abord les ours, envoyés en première ligne.

Dans l'absolu, si les maigres noyaux d'ours présents aujourd'hui venaient à disparaître des Pyrénées, je te répondrai un peu à la manière de Robert Hainard, qui, à la fin de sa vie, envisageait
sereinement le retour de l'ours dans le Jura, à la faveur d'une vaste réforme, "quand le système sera dans l'impasse".

Nous n'en sommes pas encore là, alors oeuvrons sans relâche, nos consciences affûtées par la pensée et le contact avec le terrain.

Stéphan



SIMON Philippe 28/10/2009 23:42


Bonsoir à vous deux

Stephan, merci pour l'annexe a mon méssage, et pour l'info de l'éxposition de François Merlet à bourges.

Belle mise à plat des compétences,de l'intégrité,et la passion pour la Nature et L'Ours qui anime Marie,pour les septiques qui n'ont pas compris tes propos.


Et tu as répondu,Stéphan,à une question que je me posé hier:J'aimerais connaitre le sentiment des Slovénes sur le Gâchis de la réintroduction de leurs Ours dans notre pays, et surtout le fait de
leurs mise à mort.

Faites un tour sur le blog de Jean-Marie et Anne-Marie, mais peut-etre le connaissez-vous déjà, il en dit long sur le comportement de certaines personnes.

Bonne fin de soirée à vous deux,peut-etre à dimanche à Pau.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 02/11/2009 21:34



Bonsoir Philippe,


Merci pour ton soutien. Tu as en effet suffisamment d’expérience et de recul
pour appréhender certaines choses plus difficiles pour d’autres.


 


Merci de préciser l’adresse du blog indiqué.


 


Pour ce qui est du sentiment des Slovènes sur la réintroduction en France,
nous ne pouvons parler que des personnes rencontrées. Le sentiment qui domine est l’incompréhension devant tant de crises et de problèmes pour une vingtaine d’ours dans les Pyrénées. Ils sont
aussi blessés du rejet de « leurs ours » et du traitement qui leur est infligé. Plusieurs gardes forestiers ou de chasse souriaient en parlant des Français et des ours. Ils nous
prennent pour des amateurs ce que nous sommes en réalité. A l’ambassade de France, un conseiller avait insisté sur la grande vexation du peuple slovène après les lâchers mouvementés de
2006.


 


A bientôt,


Stéphan et Marie


Nb : nous ne t’avons pas vu à Pau, es-tu venu ?



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