Sur la trace d'Amandine Renaud, primatologue chevronnée, pour défendre les chimpanzés du Congo

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

 Voilà bien longtemps que je n'ai pas publié sur ce blog mais il m'est indispensable de vous présenter la primatologue Amandine Renaud.  Elle vient en aide aux chimpanzés du Congo.

 

Ces derniers jours, lors du colloque organisé à Lyon sur les réintroductions (lire Retour du colloque de Lyon : les temps semblent changer...), j'ai eu la chance de rencontrer Amandine Renaud, primatologue passionnée et passionnante. Chose extraordinaire, elle était notre voisine et je n'ai pu m'empêcher d'y voir un signe, puisque l'appel des primates se fait, pour ma part, de plus en plus prégnant (cf. ICI, ICI, et ICI)

 

Nous avons donc pu échanger assez longuement, et cette jeune femme m'a évoqué avec passion et sincérité la cause pour laquelle elle œuvre depuis plusieurs années.

 

chimpanzés4Je tiens à présenter en quelques mots Amandine.

Son histoire est celle d'une rencontre avec un chimpanzé qui a totalement bouleversé sa vie. Elle n'imaginait pas que ce seraient ces primates-là qui l'emporteraient dans l'aventure courageuse qu'elle vit actuellement. Elle se voyait plus volontiers avec les gorilles, mais c'est  finalement un chimpanzé en particulier, dont elle évoque le souvenir avec beaucoup d'émotion, qui a influencé le cours de sa vie. J'ai trouvé magnifique son histoire, et admirable le  sacrifice  dont elle fait preuve pour défendre au mieux ces singes qu'elle aime tant.

 

De fait, tout comme me l'expliquait également Amandine, à partir de l'i nstant où vous tenez dans vos bras l'un de ces animaux, il n'y a plus de retour possible ...

   

 

Les obstacles restent eux-aussi nombreux pour tenter de les sauver. Cette cause exige une vigilance constante et un travail acharné. Encore une fois et bien souvent quand on parle de la situation de nombreux milieux et espèces (y compris la nôtre d'ailleurs !) la situation est alarmante. 300px-Suneko - IMGP0142 (by)Même si nous le savons bien, quelle tristesse fut la mienne lorsqu'Amandine me conseilla, en apprenant l'amour que je porte aux singes, de "commencer par les orangs-outans car d'ici dix ans, il n'y en aura plus à l'état sauvage".  Comme il est malheureux de se rappeler qu'il sera bientôt impossible de les voir évoluer libres chez eux ! Les grands singes sont en danger (braconnage, destruction des milieux, etc.), ils étaient plus de 2 000 000 il y a seulement cinquante ans. Aujourd'hui, on en dénombre 400 000 ... Quant aux chimpanzés, il n'en existe plus que 100 000 à l'état sauvage.

 

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nourrissageC'est dire si le travail mené par Amandine est important, fondamental et courageux. 

 

Aujourd'hui, Amandine prend un peu de repos bien mérité avant, j'en suis certaine, de se lancer de nouveau sur les traces de ses chers primates. Néanmoins, si vous souhaitez la contacter pour en apprendre beaucoup sur ces merveilleux animaux et pour qu'elle vous tienne informé de ses projets, n'hésitez pas à  lui écrire.

 

 

 

Amandine Renaud :

amandernd@gmail.com

 

Vous apprendrez tous les moyens que vous pouvez mettre en oeuvre pour aider les chimpanzés !

 

De mon côté, je pense que si Amandine, Dian Fossey, Jane Goodall et d'autres personnes que nous ne connaissons pas mais qui se battent aussi dans l'ombre ont croisé goodall 03un jour les beaux yeux d'un grand singe, cela ne doit rien au hasard, ou alors, celui-là sait très bien ce qu'il fait !

 

 

Dian Fossey, très complice avec les gorillesComme le disait régulièrement Robert Hainard : "La vie est un antihasard, un édifice de conditions rares et improbables".

 

De mon côté, j'espère avoir un jour la grâce de rencontrer nos plus proches cousins même si je pressens qu'il s'agirait d'un voyage sans retour.

 

Pour finir cet article, je me demande parfois ...

Comment continuer à garder espoir ? Comment ne pas sombrer dans une misanthropie stérile ? Parce qu'il faut bien le reconnaître, nous continuons, pris à notre propre piège dans le nid inconfortable d'une société aberrante et déliquescente, à supporter l'insupportable. Nous sommes à la fois les victimes et les acteurs de cet héritage pervers.  Pour ma part, je nous considère comme de tous petits enfants. Sans nous dédouaner de nos responsabilités, je pense que nous n'avons pas eu la connaissance, l'intelligence et la sagesse nécessaires pour construire un monde viable.  Oran-outan.jpgNous payons tous les frais de notre inconséquence et de nos caprices, qu'il s'agisse de notre propre espèce ou des êtres et des milieux qui nous entourent. Certes, la situation est dramatique et révoltante.  Mais il me semble que ce n'est qu'en comprenant notre propre humanité, sa complexité et  ses contradictions, les limites qui sont actuellement les siennes et qu'il nous va falloir apprendre à dépasser (de gré ou de force), en comprenant l'absolue e8izwcye-1nécessité d'un bouleversement philosophique, l'importance d'un  changement de perception des personnes animales avec lesquelles nous vivons, en travaillant dans l'humilité et dans la remise en question de nos habitudes, de nos connaissances, en combattant l'injustice, en acceptant nos échecs et en regardant objectivement et simplement nos petites victoires que nous parviendrons peut-être à faire évoluer les choses. Oui, je concède que la tâche est vaste et ardue ! Je crois aussi que c'est en aimant toujours et malgré tout que cela sera possible. Je n'imagine pas que de nouvelles bases puissent être posées dans un climat qui exclurait ce sentiment, alors qu'il existe et qu'il est au moins l'une des plus belles choses dont nous soyons d'ores et déjà capables.  Certes, mes propos paraissent utopistes et dérisoires face à la situation que nous connaissons, mais quelle autre recette proposer ? Et je scande encore et toujours, cet adage qui me porte et m'aide, tel un rempart au fatalisme : "On est pas obligé de croire, mais il n'est pas interdit d'espérer", Théodore Monod.  Et puis, comme me le rappelle Stéphan, lorsque le découragement s'immisce un peu trop en moi : être vivant, c'est remonter toujours et perpétuellement le courant, même s'il est violent et douloureux (ce serait mieux, je l'avoue, qu'il soit doux et clément !). Il n'y a que les chiens crevés qui descendent au fil de l'eau. Résister tant que nous le pouvons ... Nous n'avons, de toute façon, pas d'autre choix et c'est ainsi que l'on se sent vraiment vivre ! 

 

Marie


Sources des clichés : http://www.mundoeducacao.com.br/biologia/semelhancas-entre-chimpanze-homem.htmhttp://fr.globalvoicesonline.org/2009/02/25/2360/ ; http://www.eco-volontaire.com/afrique/protection-primates-avec-help-congo/ ; http://bloguestv5.ca/2010/03/16/730/ ; http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/vie-1/d/menaces-sur-les-grands-singes-jane-goodall-lance-un-cri-dalarme_7932/ ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:S%C3%A9lection/Conservation_de_la_nature_%28esp%C3%A8ce_en_danger%29 ; Ashes and snow ;  http://www.centerblog.net/braconnage.htm

 

 

Claude 16/02/2012 19:15

Merci Marie pour ce témoignage de ton amour pour nos cousins.
Puisse tes écrits toucher d'autres lecteurs!
Je pense souvent à vous qui remontez le courant ...

Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 16/02/2012 22:16



Merci Claude !



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