Très rares sont ceux qui dénoncent l'imposture environnementale

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

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Eoliennes en bordure d'autoroute dans l'ouest de la France en 2010, année dite de la biodiversité. Une vision banale des anciennes campagnes de France, autrefois terres forestières de la Gaule chevelue, espaces aujourd'hui désertés par la vie sauvage et accaparés par la fausse écologie. "Le long des autoroutes, il y a de beaux paysages, j'ai ma guitare sur le dos et pas de ronds pour le voyage" chantait Laurent Voulzy dans "Rockcollection".

 

 

Cette image et la chansonnette écolo bobo environnementaliste que je vous invite à écouter

 

illustrent bien à mes yeux le texte qui suit. Il s'agit d'une tribune de Gérard Charollois, ancien magistrat et président de la Convention Vie et Nature, un mouvement d'écologie radicale pour le respect de la vie et des équilibres naturels. Très rares sont ceux qui dénoncent...

 

 

 

 L'imposture environnementale

 

 

 

 

"Les indicateurs de biodiversité sont mauvais, selon les dernières données publiées. Seuls les crédules qui font autant de mal dans une société que les délinquants  relationnels, peuvent s’étonner que le pouvoir de l’argent roi n’ait pas atteint des objectifs vertueux tout autant qu’imprécis qu’il s’était assigné pour sauver la Nature.

 

Un quart des espèces d’oiseaux fréquentant les milieux agricoles aurait disparu et les diminutions d’effectifs et de variétés d’espèces affectent la faune et la flore inexorablement.

 

Ceux qui gouvernent, légifèrent, financent, décident ne se soucient pas davantage de la Nature que du bien public. Ils servent docilement les intérêts des mafieux de la promotion, de l’entreprise, de l’aménagement du territoire c’est-à-dire du déménagement de la faune et de la flore. Ce serait, selon les chiffres communiqués, l’équivalent d’un département français qui disparaît tous les sept ans sous l’asphalte et le béton des parrains du système. Rien n’est fait pour enrayer cette mort programmée de la biodiversité.

 

Les cupides perdurent à croître et multiplier, à ériger des lotissements, à tracer des routes et lignes ferroviaires à très grande vitesse, infrastructures meurtrières pour la vie sauvage dont les gouvernants n’ont aucun souci.

 

Ce ne sont pas des discours, des colloques, des incantations qui empêcheront la destruction de la vie sur terre, mais une révolution radicale du droit et des mœurs.

 

Il faut arrêter l’expansion infinie de l’urbanisation galopante, du trafic, de l’empoisonnement des sols et des eaux, maintenir les haies et les mares, respecter les forêts et les rivières et en finir avec les mensonges éhontés entourant une chasse catastrophique pour les animaux sauvages.

 

Or, en ce pays, les 36 600 petits maires, directement soumis aux pressions des intérêts privés dont l’addition assure le mépris de l’intérêt général, conservent leurs prérogatives d’aménagements fonciers leur permettant de céder aux appétits de constructibilité des terrains de leurs électeurs. Les élus confondent toujours le progrès et les axes de circulation, pensant que le bonheur est sur la route.

 

Au rythme des destructions actuelles, il semble acquis que la prise de conscience va moins vite que le désastre écologique. Lorsqu’il sera trop tard, que les humains admireront les derniers arbres, observeront les derniers oiseaux, ce ne sera pas pour nous une consolation de se voir reconnaître le mérite d’avoir eu raison contre les imposteurs qui parlent d’or et agissent de plomb.

 

Quand bien même il y aurait un jour le procès de NUREMBERG des ennemis de la terre, des promoteurs aménageurs, des bétonneurs asphalteurs, des marchands de pesticides et des fusillots, cela ne nous consolerait pas de la mort d’une Nature qui n’est ni bonne, ni mauvaise, ni utile, ni redoutable, mais qui est la vie et que le grand nuisible anéantit.

 

Nos détracteurs objectent « que les écologistes ne survivraient pas longtemps dans la vraie nature, hostile à l’homme. La forêt équatoriale, les toundras glacées, la vie sauvage ne sont point douces pour l’humain qui trouve confort, hygiène et protection dans la société ».

 

Je serai toujours stupéfait par l’indigence des ennemis de la terre lorsqu’ils tentent d’argumenter. Nous savons que chaque espèce, y compris la nôtre, possède ses besoins spécifiques pour son bien-être et sa survie. Ce qui est adapté, profitable à une espèce ne l’est pas nécessairement pour une autre. Qu’importent l’utilité, la rentabilité, l’agrément pour l’humain de la Nature. La vie vaut par elle-même et n’a pas à payer un droit de citer à une espèce quelconque.

 

L’homme peut légitimement se créer un « biotope » spécifique conforme à ses exigences biologiques mais il ne doit pas expulser les autres formes de vies de l’ensemble du globe. Il y a place pour les milieux de vies, pour le maintien de la Nature dans sa foisonnante diversité et le développement de la culture qui n’est jamais que la nature de l’homme n’est nullement incompatible avec un partage de l’espace planétaire avec les autres formes de vies.

 

Nous entendons le concept de culture non pas dans son acception dégradée à la mode en France. La culture devient pour nos contemporains, l’art donc le snobisme. La Culture, nature spécifique de l’homme, s’entend de la connaissance fondamentale. Or, cette connaissance et les transformations qu’elle implique peuvent être réconciliées avec le respect de l’être sensible, de la variété des espèces.

 

Oui, à l’hédonisme altruiste, au bien-être, à la lutte contre la maladie, la souffrance et la mort. Non, à la croissance quantitative, au gaspillage, aux profits indécents, aux destructions de biotopes des autres espèces, à cet esprit de lucre qui caractérise ce capitalisme plastique s’acclimatant aux fascismes, à la sociale-démocratie et même à la récupération écologiste avec cette fumisterie qu’est le « développement durable ».

 

Dominer, conquérir, défricher, assécher, aménager, exploiter, valoriser caractérisèrent l’humain tout au cours de l’histoire de l’espèce. Désormais, ces particularités qui furent vertus, deviennent nocives pour la pérennité du vivant et il y a urgence à apprendre le respect, ce qui nécessite une mutation comportementale.

 

Nos environnementalistes ne portent pas cette volonté de mutation parce qu’ils demeurent anthropocentristes, discoureurs, modérés, conciliants avec les destructeurs de vies, cédant aujourd’hui la moitié de ce qu’ils prétendaient défendre hier et dont ils céderont demain une nouvelle moitié.

 

Et voilà pourquoi la Nature se meurt chaque jour un peu plus."

 

 

Gérard Charollois, le dimanche 3 octobre 2010

 

www.ecologie-radicale.org

 

 

 

 Une réserve naturelle à Pau [1600x1200]

Ci-contre : une des nombreuses réserves naturelles qui se multiplient sur notre territoire, ici à Pau. Ces écologistes et autre amoureux des petits oiseaux :  quelle bande d'ingrats !

  

 

 

 

 

 

Clichés : Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Sylvie Cardona 08/10/2010 13:56


J'ai à peu près le même problème dans mon département (Nièvre). Ce n'est pas l'enseigne Pierre et Vacances mais le principe est idnetique : je-veux-construire-un-super-complexe-golf resort et
spa-écolo...
Sur le papier c'est très chouette, sur le terrain c'est autre chose...

http://www.cg58.fr/actualites/nievrinitiatives/le-grand-bois-presentation-officielle-du-complexe-golf-resort-spa.html


Bruno 07/10/2010 21:09


Bonsoir.
Dans le Maine et Loire, la société Pierre et Vacances a souhaité installer un Center Parcs . Une association d'opposants s'est montée, le projet a été finalement reporté sur la Vienne, avec l'appui
efficace et militant de Mr Raffarin.
voir ici:
http://joreausanspeage.eklablog.com/

La société Pierre et Vacances qui vend à tour de bras du tourisme vert, a, malgré sa puissance et ses appuis politiques de plus en plus d'opposants et de soucis !
Voir les liens suivants:
pour l'Isère:

http://chambarans.unblog.fr/
http://www.pcscp.org/

En Sologne:
http://veillas.free.fr/Veillas/Accueil.html

A Chamboux:
http://sauver.chamboux.free.fr/index.html

A Marne La Vallée:
http://nature.environnement.77.over-blog.com/article-les-villages-contre-nature-52544758.html

Certaines de ces associations arrivent à sortir victorieuses.
Une conscience est quand même présente !!
Bruno.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 08/10/2010 09:41



Je vois passer de temps à autre des publicités pour Center Parcs et me doutait que ces proxénètes de la nature sévissaient de nouveau.


 


Merci beaucoup pour ces renseignements et les liens communiqués.


 


Bonne fin de semaine,


 


Stéphan


 



Bruno 06/10/2010 22:07


Le vol, le détournement et la destruction de la nature " à la vie encore un peu sauvage" par le tourisme "vert" et "durable", rencontrent de plus en plus d'opposition.
Puissions nous être de plus en plus nombreux à bloquer, comme dans le Maine et Loire , en Isère et ailleurs ces projets, inspirés par le capitalisme vert triomphant.
Merci pour cet article lucide et solide.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/10/2010 08:32



Bonjour Bruno,


 


Il est temps que les oppositions réelles se manifestent, car le capitalisme vert, qui avance masqué par la fausse écologie, fait en effet des ravages. Il est grand
temps que le mouvement écologiste remette sur la table les questions cruciales des limites, de la croissance, de l'emprise extraordinaire de l'homme sur Terre et celle de la nature. Toutes ces
questions sont occultées par le fumeux "développemnt durable" ou la "croissance verte".


 


Que se passe-t-il dans le Maine-et-Loire ?


 


Courage et bonne fin de semaine,


 


Stéphan Carbonnaux



Claude 06/10/2010 15:09


Waou!
Quel souffle de colère anime cet homme!
Merci de nous l'avoir fait connaître?


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/10/2010 08:22



Oui, Gérard Charollois ne mâche pas ses mots.


Nous publierons régulièrement ici des textes de ceux qui pensent hors-piste.


 


Stéphan



Sylvie Cardona 06/10/2010 15:09


Bonjour,
Décidément, c'est la série... comme je partage complètement ce coup de gueule, je tiens à apporter mon minuscule témoignage : en ce moment dans mon département, le conseil général prépare un Agenda
21 et j'ai assisté à quelques réunions de préparation. Le mot développement durable est prononcé un million de fois au cours de ces réunions, et en son nom, le CG souhaite la création d'une
nouvelle autoroute, une LGV et plus de population donc plus de lotissements et de grandes surfaces. Le schéma typique d'un département rural... Le croirez-vous ? je suis pratiquement la seule à
tout refuser en bloc, les quelques autres rares représentants d'assos n'osent pas trop ouvrir la bouche, si ce n'est pour proposer des compromis. Et voilà comment on passe pour une extrémiste aux
yeux du bon peuple... Le mouvement associatif, à quelques rares exceptions près, me dégoûte de plus en plus.
A bientôt


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/10/2010 08:19



Bonjour Sylvie,


 


Merci pour ton témoignage qui, malheureusement, ne nous étonne pas du tout. Le développement durable est très souvent le cheval de Troie des pires
aménagements, autrefois combattus par des associations, qui, pour beaucoup, préfèrent récupérer des subventions, s'asseoir autour d'une table de fausse consultation, et finissent par se taire ou
proposer des "compromis", comme tu nous le racontes.


 


Courage, car nous savons d'expérience que ceux qui résistent à cette logique folle sont en effet catalogués d'"extrémistes", alors que l'extrémisme est justement à
dénoncer chez ceux qui ne cessent d'aménager la Terre comme si elle n'avait pas de limites, comme si elle n'était peuplée que d'hommes. Courage !


 


Le mouvement associatif prend en effet, dans son ensemble, une direction très dangereuse.


 


Bonne fin de semaine,


 


Stéphan et Marie



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