"La France que j'aime...", Cécil Saint-Laurent, 1964

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

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On a beaucoup parlé de la France ces derniers mois, ces dernières semaines. J'ai alors ressorti et feuilleté La France que j'aime..., un très bel ouvrage paru en 1964 aux éditions Sun, que j'ai déniché chez Emmaüs pour une somme dérisoire. Les éditions Sun avaient lancé une collection de livres d'art et de tourisme "Que j'aime" dont je vous recommande la découverte. Le principe était de confier le travail d'écriture à des écrivains et l'iconographie à de grands photographes. La France que j'aime... est présentée par Kléber Haedens, racontée par Cécil Saint-Laurent (pseudonyme de Jacques Laurent) et légendée par un autre écrivain célèbre, Antoine Blondin. On se plaît beaucoup à parcourir ces pages superbement illustrées, emplies du charme d'une France éternelle et surannée.


 

Voici quelques courts extraits du texte de Cécil Saint-Laurent.

 

 

 

« "Notre pays." Voilà deux mots qui nous rappellent d’autres appris par cœur dans notre enfance : "Notre pays s’appelait la Gaule et était couvert de vastes forêts." De cette petite phrase usée il y a beaucoup plus à retenir et une leçon de géographie aux applications immédiates.


Les forêts qui couvraient la Gaule, vous les traversez encore, vous ne les comprenez pas toujours. En deux mille ans elles ont rétréci, se sont dépeuplées, mais n’ont pas cessé de demeurer et ce sont elles qui compartimentent la France, qui en caractérisent chaque région. La forêt française est faite d’arbres de haute venue, de hêtres et de chênes, parmi lesquels s’éparpillent des bouquets solitaires de bouleaux, de frênes et de pins qui ne cèdent la place aux saules et aux sureaux que le long d’un ruisseau ou dans les bas-fonds humides. Ces aspect de la forêt ne se dément que dans le Midi où triomphent le taillis et le maquis. Cette notation a sa valeur : elle nous rappelle que la vieille division de César reste juste et qu’il y a une France du Nord et une France du Midi. Entre les deux, la transition forestière est assurée par ces pentes de châtaigniers que le voyageur traverse lorsqu’il atteint le parallèle de Limoges.


(…)


Nous retiendrons que le fait capital de la civilisation française c’est, d’abord, la multiplicité de ses frontières internes, ensuite les contradictions qu’elles comportent : partout une frontière de l’habitat est contredite par une frontière linguistique, renforcée par une frontière géographique, contredite par une frontière ethnique. Cela donne à la matière française l’ambiguïté, le trouble de la matière artistique.


Cela tend aussi à expliquer la multiplicité des aspirations et des talents français. Notre génie n’est pas totalitaire. »

 

 

 

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