La petite couture montagnarde de Marie

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Comme Marie le raconte ci-dessous, tout a commencé sur un magnifique domaine médiéval des Hautes-Pyrénées, tenu par un homme atypique et chaleureux, où nous dénichâmes une machine à coudre à pédales, un rien abîmée mais qui semblait pouvoir (et vouloir ?) revivre. Nous fûmes emballés par l'idée que cette machine serve de nouveau et contribue à fabriquer des objets cousus dans les Pyrénées et non en Chine, ce qui représente à nos yeux un acte de relocalisation de l'économie, qui, indirectement, a des effets bénéfiques pour la nature. Nous pestons sans cesse contre toutes ces bricoles qui nous arrivent du bout du monde et avions décidé à notre modeste mesure, d'y remédier.

 Nous étions alors fort occupés pour imaginer qu'elle revive immédiatement, mais une fois revenus en Béarn, la vieille Peugeot (car c'est une Française !) reprit des couleurs et se mit à cliqueter.

 

A vrai dire, je n'imaginais pas que Marie puisse progresser aussi vite. Elle avait grande envie de coudre, disait ne presque rien savoir et m'avait dit qu'elle rechercherait dans notre village une dame qui cousait sur ces vieilles machines. Nous ne mîmes pas longtemps à trouver : une voisine utilisait toujours sa vieille Singer ! Elle accepta immédiatement d'aider Marie et vint à la maison. Nous fûmes tous très étonnés (moi le premier) des capacités de Marie qui se mit alors à coudre et à coudre, jusque parfois très tard dans la nuit, sans aucun patron !, et juste quelques leçons, il est vrai données par une couturière aguerrie.

 

Marie qui regorge d'idées (en bien d'autres domaines aussi) s'est donc lancée dans la fabrication de mille et unes petites, et grandes coutures, qui bientôt porteront une griffe particulière, dont nous vous parlerons dans les temps qui viennent.

 

Un blog, également créé par Marie, lui permet depuis quelques semaines de faire connaître son travail. Je vous invite vivement à le visiter. Que les amoureux de la nature se le disent, Marie pense à eux et prépare une gamme d'objets qui leur sera dédiée.

 

http://www.la-petite-couture-montagnarde-de-marie.fr/

 

Voici donc l'histoire de cette "vieille dame", comme l'appelle Marie et racontée par ses soins (que vous pouvez aussi retrouver aussi directement sur son blog en cliquant ici).

 

"Voici mon blog conçu pour vous faire partager mes petites coutures réalisées avec ma très chère machine à coudre Peugeot à pédale.  Et c'est elle qui est aujourd'hui à l'honneur. Oyez, oyez, braves gens ! C'est l'histoire d'une vieille dame oubliée (mais depuis ressuscitée) dont je vais maintenant l'histoire vous conter ...

 


Au château, où dormait la vieille dame oubliée
J'ai rencontré cette vieille dame de près d'un siècle dans les dépendances d'un château pyrénéen. Elle avait été sauvée in extremis d'une fin malheureuse par l'une des habitantes des lieux, qui l'avait récupérée je ne sais où. Mais elle était déjà devenue trop encombrante et avait échouée temporairement dans un coin inhabité du domaine. La boîte en bois qui la protégeait avait été jetée, c'était au moins un peu de place de gagnée. Qu'allait-il advenir de ce vieil outil qui avait tant et tant cousu ? L'usure du plateau de la machine prouve qu'elle a inlassablement travaillé des mètres et des mètres de tissu avant que l'électricité ne l'exclut de ce pourquoi elle avait été conçue.

 


Et puis voilà qu'un jour, il fallait que nos routes se rejoignent. Stéphan et moi, suivant le fil de nos pérégrinations, arrivâmes à la fin de juin de l'année passée dans ce fameux château, et voilà aussi que nous visitâmes la fameuse dépendance. Et puis, je me suis retrouvée face à cette belle Peugeot, bien seule dans sa tour. Et voilà encore que je l'ai immédiatement aimée. Jamais je n'avais cousu à la machine mais je la trouvais tout de même fort jolie. Je me tourne vers Stéphan avec le regard brillant. Il a compris. Le propriétaire du château nous renseigne, cette machine à coudre était devenue encombrante pour la dame qui l'avait sauvée quelques mois plus tôt et qui ne savait plus quoi en faire.  Monsieur du Château des Pyrénées  (je l'appellerai ainsi) serait ravi de nous introduire auprès de la dame en question afin que nous puissions convenir d'un arrangement. Nous comprîmes qu'il s'agissait d'un enjeu de taille : une opération de sauvetage était maintenant lancée ! Et le respect dû aux anciens ?!

 

Il ne fut pas difficile de tomber d'accord, et c'est avec ma jolie machine à coudre, achetée pour une bouchée de pain et que Stéphan m'a tout de suite offerte, que nous sommes repartis, absolument ravis !

 


Je nourrissais l'espoir de faire fonctionner  à nouveau ma jolie châtelaine, mais je n'avais aucune idée de la façon dont il fallait procéder. Par ailleurs, la belle, endormie depuis un certain nombre d'années, avait besoin d'un bain de jouvence. Nous l'avons conduite à la Clinique de la machine à coudre paloise, tenue par un passionné des vieilles machines. Ce dernier faisait des yeux doux à notre vieille Peugeot, il espérait qu'elle puisse rejoindre sa collection personnelle. Que nenni maroufle ! C'est que nous nous étions adoptées elle et moi, et je l'aurai abandonnée pour un peu d'or ? Qu'est ce qu'un peu d'or en comparaison des merveilleuses aventures que nous pourrions vivre ensemble ? Quoiqu'il advienne, Monsieur de la clinique de la machine à coudre (je l'appellerai ainsi et pardon pour "maroufle") a fait du bien joli travail, et c'est une presque jeune fille que nous sommes allés chercher.
 

 

Angèle m'apprend la coutureLes mains habiles de ma professeurMaintenant, il ne me restait plus qu'à apprendre le langage de cette charmante demoiselle (oui, elle avait, comme je l'ai dit, recouvré sa fraîcheur et sa fougue juvéniles). Me voilà quêtant ici et là, dans notre village ossalois, de l'aide pour communiquer avec elle. Mais, beaucoup ne connaissent que la machine électrique. Aaahhh. Que faire ? L'une de nos voisines, une dame d'un âge très honorable et pour qui je me suis prise d'une véritable affection, saurait peut-être m'expliquer. Affirmatif ! Oh joie ! Oh bonheur ! Elle-même ne s'est jamais résolue à abandonner sa vieille compagne à pédale qui appartenait, avant de devenir sienne, à sa tendre Maman.

   

Et c'est Angèle (quel joli prénom) qui m'aura donc enseigné avec brio et poigne,  à communiquer avec ma chère machine à coudre. Qu'elle en soit remerciée !


Et ma machine, elle cliquète doucement, elle s'agite, elle se montre courageuse, ne rechigne pas (ou seulement
quelquefois, lorsque j'exagère, elle me rappelle gentiment à l'ordre), bref, elle revit !

 

Ma belle machine à coudre, te voilà VIVANTE !Vous en connaissez beaucoup, vous, des choses que vous allez acquérir aujourd'hui et qui affronteront, sans faillir et avec courage, plus d'un siècle ? Comment peut-on se débarrasser si légèrement de ces vieilles compagnes ? Elles sont notre culture et notre patrimoine ! 

Je finirai sur ce bel adage :

 

Objet inanimés, avez-vous donc une âme,

Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?
 

Alphonse de Lamartine

A bientôt,
Marie

Nb : vos commentaires sont, bien sûr, les bienvenus !"

 

N'hésitez pas à lui rendre visite et à lui laisser des commentaires !

aurélie guibert 20/04/2010 14:11


Bonjour petite Marie...
J'ai découvert votre Blog il y a quelques temps. Je brulais d'envie de t'écrire mais je n'osais pas. Cela fait si longtemps! J'ai découvert que tu t'étais mise avec acharnement à la couture et cela
m'a rappelé le temps de notre rencontre. Ainsi, j'ai sauté le pas pour te dire que je suis contente de te voir heureuse et fidèle à toi même.
Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre petit coin de paradis.
Aurélie


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 20/04/2010 19:00



Bonjour Aurélie,


 


Merci beaucoup pour ton commentaire, quelle surprise que de te lire ! J'espère que tout va bien pour toi, Eliott et Thomas. Es-tu architecte ?  Quelles
nouvelles de ton côté ?


 


Marie



Claude 07/04/2010 16:09


C'est vrai que Marie à la tête pleine d'idées, et de jolies idées, il n'y a qu'à aller voyager sr son blog!
Je lui ai déjà passé de "petites commandes".
J'en ai reçu et très contente des modèles, du choix des tissu et du travail réalisé.
Et j'en attends d'autres.
Ma petite fille a reçu pour son anniversaire un sac de danse "Cousu en Pyrénées" et elle en est ravie.
Longue et belle vie à "La Petite Couture Montagnarde de Marie"


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/04/2010 17:34



Bonjour Claude,


 


Merci pour ce gentil commentaire, il est vrai que vous êtes ma plus grande cliente ! Je suis très contente que mes petites coutures vous plaisent et que le sac de
danse est pu faire plaisir à la jolie Marie.


 


A bientôt,


Je vous embrasse,


Marie



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