La tempête

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Nous avons eu la chance d’être épargné par les vents forts et puissants qui ont balayé notre région samedi 27 février dernier. Nous avons profité d’une journée à l’ambiance très singulière.

 

 

Nous avions débuté l’après-midi par l’exploration d’une grotte où nous cherchions des gravures pariétales. Nous n’avons finalement pu en trouver la moindre trace. Les dégradations subies par le lieu ces dernières décennies sont venues à bout de ces vestiges des temps anciens. Ces gravures avaient pourtant résisté à de nombreux millénaires mais nous n’avons su les préserver comme elles l’auraient mérité.

Grotte
Grotte

Se trouver ici n’a toutefois pas manqué de provoquer notre émoi. Des hommes sont venus à l’exact endroit où nous nous trouvions, en des temps anciens. Ils ont gravé la roche en exprimant ce qui relevait alors de leur quotidien : cette coexistence avec une nature libre et forte.

Ci-contre : l'une des très nombreuses araignées présentes tout autour d'un boyau de la grotte.
Ci-dessous : petite vidéo de ces habitantes et ambiance au sein de la grotte.
 

Araignée dans la grotte 

C’étaient donc un bison et un cheval primitif qu’il était possible d’admirer encore il y a seulement quelques années.

 Bison d'Europe
 Cheval de Przewalski

Leur trace s’est effacée mais des hommes ont fréquenté cette grotte qui surplombait une vallée au climat très froid, à la végétation steppique, où la grande faune évoluait sans entrave, où elle avait encore la possibilité d’exister, où l’homme lui avait laissé ce droit fondamental qui est le sien : vivre.

 Imaginez un peu : des rennes, des bisons des steppes, des cerfs géants, des chevaux primitifs, des bouquetins, des isards, des sangliers, des ours, des loups, des lynx, et bien d’autres mammifères vivaient auprès de ces hommes aux capacités intellectuelles aussi développées que les nôtres, c’est maintenant prouvé. Quel était leur quotidien ? Leur vie ? Leurs pensées ?

 Rennes sur la toundra pres de ny aalesund
 megaceros  Ours dans le crépuscule slovène


On ne peut qu’être ému de se trouver là, au même endroit malgré les siècles et les siècles qui nous séparent de nos ancêtres, mais relié à eux par un étrange fil d’Ariane.

Après ce voyage en des temps révolus, nous sommes sortis de cette grotte sous un ciel toujours radieux, et une température étrangement douce. Les pulls étaient même de trop. Mais nous sentions tout de même un début d’agitation autour de nous, le vent commençait à faire danser les arbres.

 

Puis, le souffle s’est accentué soudainement, s’exprimant avec fougue et intensité. Nous sommes néanmoins partis donner un coup de main à un berger, pour nourrir des agneaux ayant des difficultés à boire. Cela soufflait déjà très puissamment et nous entendions régulièrement les tôles de la bergerie vibrer avec force.


Lorsque nous sommes sortis de la bergerie, le spectacle était saisissant. La lune presque pleine éclairait de sa lumière si particulière les paysages alentours. Les nuages striaient le ciel et se succédaient à une vitesse fulgurante. Et c’était … beau. Lune dans la tempête
Lune dans la tempête Lune dans la tempête


Nous sommes finalement rentrés chez nous. L’obscurité régnait puisque le courant avait été coupé. Le village n’était désormais plus éclairé autrement que par la lune. Nous vivions donc là une vraie nuit, non altérée par nos éclairages publics.

Le vent soufflait fort au dehors mais nos murs épais nous offraient un bouclier protecteur.


A notre fenêtre, nous avons encore pu filmer le spectacle de cette nature qui nous rappelle qu’elle demeure indomptable et sauvage quand bien même nous croyons l’avoir dominée. Dans ces moments-là, nous comprenons le manque d’humilité qui nous caractérise alors que nous sommes et demeurerons faibles face à elle et face à celle qui nous permet de vivre.

 

 


 

Dès le lendemain, la liste encore non exhaustive des dégâts et des victimes causés par la tempête commençait à être dressée. Mais que devions-nous retirer de tout cela ?

 

Bien sûr, une grande compassion pour ceux qui, en l’espace d’une nuit, ont tout perdu et parfois, des gens qu’ils aimaient. Le plus attristant, c’est qu’il s’agit, pour beaucoup, de gens démunis et vivant dans des secteurs à risque. Les plus lourds dégâts ont été constatés près des côtes mais en particulier dans les zones trop proches de l’Océan et soi-disant protégés par des digues. On entend que les digues n’étaient pas suffisamment solides ou pas assez entretenues. Peut-être. Mais je pense tout de même qu’une digue ne saurait résister à des phénomènes climatiques de grande ampleur. Je pense, pour ma part, que nous recevons des enseignements. Et je pense que la nature nous rappelle de temps à autre qu’il nous faudrait accepter de vivre avec elle et non tenter de la dominer, de nous extraire de son règne. Les digues la brident alors que nous empiétons sur un espace qui lui appartient radicalement, où elle devrait pouvoir s’exprimer sans ces ridicules contraintes anthropiques. Ce ne sont que des allumettes dressées sur le chemin d’un pachyderme.

 

Les cycles ont tous un sens. Un cours d’eau, espace très riche, a besoin de son lit mineur et de son lit majeur. Il est fréquent et normal qu’il déborde en période de hautes-eaux dans son lit majeur. En période de basses eaux, lorsqu’il aura regagné son lit, subsisteront parfois des zones humides dont la richesse incontestable n’est plus à prouver. Par ailleurs, il est fréquent, aussi, que pendant cette même période, certaines rivières soient à sec. Le cours d’eau pourra ainsi s’épurer, notamment de tout un tas de polluants directement liés à nos activités. Je cite cet exemple étudié lors de mon mémoire de master 1 consacré au tronçon d’un bassin versant situé près de chez mes parents. J’avais appris que cette période était très mal vécue par les riverains qui n’aimaient pas voir « leur » rivière à sec. Ils ne pouvaient plus s’adonner à la pêche, au canoë, ils ne pouvaient plus y faire boire leurs bêtes, ou ils ne pouvaient plus jouir de ce qu’ils considéraient comme un dû : une rivière avec de l’eau. Une rivière sans eau eh bien, ce n’est plus une rivière et puis c’est moche. Comme me l’exprimait dépité un intervenant d’un syndicat de rivière, les gens préféraient encore avoir un peu d’eau, même si elle est dégoûtante, polluée, verdâtre, puante et que sais-je encore. Pour cela, tout était bon : maintenir des ouvrages hydrauliques désuets, qui ne se justifiaient plus d’aucune façon que ce soit, et même s’en fabriquer grâce, exemple véridique, à des poteaux électriques récupérés et couchés en travers du lit du cours d’eau.

Berges du Don Résultat, la rivière était malade et souffreteuse pour cela et pour d’autres raisons sur lesquelles il était tout aussi difficile d’intervenir : ripisylve absente, bétonnage de certaines berges
 pour le plaisir de quelques riverains (comme cela, j’imagine que c’est bien plus commode d’aller farnienter le long du filet d’eau sale sans se coller de la gadoue sous les semelles)  Berges du Don
Abreuvoirs sauvages sur le Don  abreuvoirs sauvages, polluants chimiques, eutrophisation

et plantes envahissantes, dont on tente, dans une lutte qui ne sera jamais tout à fait gagnée, d’éviter la croissance exponentielle mais qu’on trouve encore dans certaines animaleries, en vente libre, pour décorer nos jolis bassins d’agrément ou nos aquariums.

 

Elodée en vente libre dans une jardinerie


Bref, vous me direz que je suis partie loin, bien loin de la tempête, qui était le thème de cet article. Ce qui me déplaît profondément dans tous les cas, c’est notre incapacité totale à considérer un problème à sa source véritable. Ce qui me déplaît aussi c’est cette façon que l’on a de contraindre, d’endiguer, d’enfermer la nature que ce soit pour servir nos petits intérêts ou pour la façonner à notre goût.

La nature contrainte finit par reprendre ses droits ou/et tombe malade. On entend : « Renforçons les digues ! ». Moi j’ai envie de scander : « Détruisons-les ! » C’est tout notre rapport à ce qui nous entoure et que nous appelons de façon tout à fait inappropriée « environnement » qu’il nous faut revoir. C’est cette mainmise omniprésente, qui nous donne l’illusion de contrôler qu’il nous faut supprimer. Nous ne contrôlons finalement pas grand-chose, ni ce qui ce qui existe au-delà de nous-mêmes, ni ce qui régit en grande partie nos propres existences, constituées d’un début et d’une fin sur lesquelles nous n’avons pas davantage de poids. Le lâcher-prise si à la mode aujourd’hui semble une bonne philosophie. Il va néanmoins bien au-delà de nos leçons hebdomadaires de yoga, de sophrologie, de rigologie, nos séminaires du bien-être, du vivre heureux, de zen attitude, etc. Il s’applique aussi à ce qui nous entoure. C’est très difficile à accepter et à mettre en œuvre, j’en conviens et le sais personnellement très bien. Pourtant, cela me semble essentiel de comprendre qu’il y a un rapport qu’il nous faudra fondamentalement reconsidérer avec tout ce qui vit et existe autour, au-delà de nous. Il le faudra maintenant ou plus tard, il le faudra de gré et de force.

 

Bien sûr, c’est compliqué, la tâche est éminemment ardue puisque c’est tout un système, édifié depuis longtemps qu’il nous faut remettre en question et Dieu sait combien la remise en question est difficile pour chacun d’entre nous ! Mais cessons de faire semblant, de proposer de fausses solutions à de vrais problèmes, soyons honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes et enfin vis-à-vis de ce qui nous entoure. Il ne s’agit pas de s’auto-flageller mais seulement d’avancer et d’élaborer une véritable réflexion suivie par des applications concrètes, véritables et intelligentes. Retroussons-nous les manches !

 

Des tempêtes telles que celles-ci se reproduiront, c’est scientifique. Je me rappelle de ma professeur de climatologie à l’Université qui nous avait assuré que les changements climatiques à venir allaient engendrer une multiplication de phénomènes violents. Elle nous avait même dit de nous rappeler de ce qu’elle nous avait annoncé.  Alors, je sais bien qu’il existe différentes théories défendues par d’éminents climatologues, débat dans lequel je ne rentrerai pas, je n’en ai ni les compétences, ni l’envie. Nous verrons cependant si, les prochaines fois, les digues tiendront …

 

Marie

 

Après le passage de Xynthia : détruisons les digues dans nos têtes !

 

Je prends la plume après Marie. Oui, c’était une journée bien singulière que celle du 27 février 2010. On ne visite en effet pas tous les jours une grotte ornée, même si les œuvres en l’occurrence ont malheureusement disparu. On n’a pas non plus toujours l’occasion de tenter de se mettre dans la peau des êtres humains qui nous précédaient il y a plus de 10 000 ans. En sortant de la grotte, j’essayais de m’imaginer le paysage qu’ils contemplaient. Comme le gave devait être majestueux ! Et quelle faune devait prospérer dans la vallée et les montagnes !

Nous savons que cette époque paléolithique a vu la coexistence des hommes avec une très grande nature indomptée. Beaucoup diront aujourd’hui que nos ancêtres n’en avaient pas le choix, qu’ils subissaient la nature, qu’ils ne disposaient pas des outils et des techniques pour maîtriser la nature. Je n’adhère pas à cette croyance qui nous arrange bien.

Car, pourquoi des êtres humains aux capacités cérébrales identiques aux nôtres, des hommes très industrieux et ingénieux (l’étude de leurs armes de chasse en est une preuve éclatante ; essayez un jour, comme nous l’avons fait, Marie et moi, de vous servir d’une sagaie et de son propulseur), dont certains étaient des génies de l’art ont-ils développé un autre rapport au monde ?


 

Stéphan s'essaie à la sagaie : il vise ...   Stéphan s'essaie à la sagaie : ... et il tire !


Pourquoi ont-ils perpétué un art dit « naturaliste » sur plusieurs dizaines de millénaires ? Pourquoi ont-ils composé avec la nature au lieu de la contraindre ? Plutôt que de manquer d’outils et de techniques, n’avaient-ils pas une vision du monde qui nourrissait une volonté de s’adapter au monde et non de le forcer à s’adapter à leurs éventuels caprices et envies ?
Toutes ces questions qui me reviennent à chaque visite d’un lieu préhistorique, résonnent encore plus en moi à chaque catastrophe dite naturelle même si bien évidemment, je n’envisage pas un retour à l’âge de pierre, ce dont on m’a parfois accusé. Je me laisse néanmoins la liberté de réfléchir sans idées préconçues à ces âges farouches.

 

Que constatons-nous, encore une fois, après la tempête du 27 février 2010 ? Nous constatons que notre volonté de soumettre la nature se heurte au principe de réalité : nous avons empiété sur l’Océan, ses eaux se rappellent violemment à nous. Nous constatons que notre puissance technologique n’y peut pas grand-chose : nos digues se fissurent ou sont emportées. Et nous vérifions que les hommes, à de très rares exceptions près, se refusent d’admettre qu’il faut prendre un virage à 180 degrés. En effet, alors que le niveau des mers augmente, que l’urbanisation des côtes française a atteint depuis des décennies un seuil parfaitement scandaleux, que les milieux naturels littoraux sont très appauvris, une part importante de la population, encouragée par divers élus, administrations et promoteurs immobiliers, s’entête à vouloir sa villa aux bains de mer, avec, si possible, vue sur la plage…

 

Or, ce n’est pas en reculant le front de mer de 100 mètres, en déplaçant telle route régulièrement mangée par les vagues, en construisant des digues toujours plus hautes (pourquoi pas un Mur de l’Atlantique, une Ligne Maginot ou une Ligne Siegfried en défense contre l’Océan ?), en important le modèle néerlandais avec ses barrages ultra modernes qui finiront, eux-aussi, par démontrer leur inefficacité quand arrivera LA tempête, que nous réglerons le problème. Le problème n’est pas technique, il est métaphysique. Nous sommes en effet infichus de reconsidérer notre emprise, tant nous sommes persuadés de notre puissance, de notre droit à nous imposer partout, sans limite ni contrainte, quitte à tout aménager, à tout vandaliser et à détruire, directement ou non, la plupart des autres formes de vie présentes sur cette Terre. Je ne prends qu’un seul exemple lié au littoral : face à l’industrie lourde du tourisme balnéaire, que valent donc l’existence des vasières, des coquillages ou des oiseaux migrateurs ? Rien ! Le système économique est si perverti que nous avons même oublié qu’une plage appartient d’abord à ses habitants, parmi lesquels les plantes dunaires, les bernard l’ermite, les couteaux, les puces de mer, et tant d’autres, cette foule de curiosités que nous aimons enfant, et que nous occultons totalement passé un certain âge. Enfant, sur la plage d’Hendaye, j’adorais attraper ces petites bêtes, les promener dans mon seau, voire les amener dans notre location, puis les relâcher. Je reviens chaque année à Hendaye. La croissance de l’urbanisation, l’augmentation folle du nombre de plagistes, la construction d’un port de plaisance, d’un centre de thalassothérapie, entre autres, ont détruit mille petites richesses naturelles qui subsistaient encore dans les années 1970 et 1980. C’est devenu bien difficile sur la grande plage de débusquer un bernard l’ermite… Et quand je pense que trois siècles avant nous, des baleines et des dauphins se reproduisaient dans les estuaires du Pays Basque… Faudra-t-il, pour paraphraser Robert Hainard, arriver au dernier bernard l’ermite sur les plages françaises pour ouvrir enfin les yeux ?

 

Un immense chantier (mais sans grue ni béton !) s’ouvre devant nous. Un immense défi aussi qui suppose de remettre la philosophie et le politique (pas la politicaillerie) sur la place publique et de nous remettre radicalement en question. A continuer dans la voie qui est la nôtre, malgré les petits arrangements du développement durable et les festivités telle l’année de la biodiversité, il y a fort à parier que la Terre se révoltera de nouveau contre les hommes. Nous allons manifestement de surprises en surprises…

 

Stéphan

 

Sources des clichés : rennes sur la toundra :  http://www.institut-polaire.fr ;
mégacéros :  
http://www.kidadoweb.com/; autres photos : Claude et Denis Gamby ; Grégory et Stéphan Carbonnaux ; Marie Coquet
Vidéos : Stéphan Carbonnaux

Ludo 11/03/2010 21:28


Bonjour à vous,

Je partage le constat et l'inquiétude.

La société de consommation domine, écrase, impose et n'aura pas la conscience (puisqu'elle n'en a aucune) de s'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Guère de raison d'espérer. Mais les grands bouleversements arrivent toujours lorsqu'on les attends le moins.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 11/03/2010 22:42



Bonjour Ludovic,
Nous sommes en effet, comme toi, très sceptiques, sur les capacités de rebond de nos sociétés qui vont doucement vers l’effondrement décrit par l’américain Jared
Diamond.
A la fin de sa vie, et à la grande surprise de ses jeunes amis et « disciples », Robert Hainard était optimiste. Il écrivait même à l’un d’entre eux pour s’étonner de sa faible foi en
l’homme : il disait que l’espèce humaine avait connu tant de succès, qu’elle n’allait pas se laisser abattre si facilement. Il serait temps que de nombreux hommes donnent raison à Robert
Hainard !
Il est vrai que l’histoire étant par nature imprévisible, tout est permis, et surtout, au moment le moins attendu. Les grands retournements interviennent souvent lorsque tout paraît perdu. En
attendant, l’essentiel est de rester debout.
Bonne fin de semaine,Stéphan



Florian 11/03/2010 20:41


La lecture de votre article fait suite a ma visite du British Museum de Londres, cette apres midi.
J'ai pu voir la bas une piece merveilleuse, la plus vielle du musee, une statuette vielle de 13000 ans, gravee dans de l'ivoire de Mammouth, elle represente deux Rennes nageant.
Ainsi quelques pensees similaires aux votres avaient envahis mon esprit avant meme de vous lire.

Cette statuette m'a transporte dans un paleolithique de l'Eurasie occidentale ( oui car la piece en question fut retrouvee a Montastruc en Tarn et Garonne) et j'imaginais les Rennes entamant leur
migration de printemps alors que les cours d'eau commencait a grossir.
Et ensuite me venait l'image de cette artiste de la prehstoire qui partis chasser, c'est retrouver a contempler l'animal.
Surement qu'il revenu a son foyer afin de graver sa vision, mais aussi et surtout, pour prevenir ses congeneres que la Nature lui a envoye un signe, qu'il etait temps pour eux de partir aussi,
avant que les crues du printemps nouveau arrive.
Ils avaient pris l'habitude de lire dans la Nature leur devenir et ainsi eviter les catastrophes, avec pour seul outils leurs sens.
Notre grand probleme aujourd'hui est de nier l'existence de forces naturelles qui nous depassent, de ne pas etre capable de les concevoir. Si l'Homme contemporain observer un peu plus la Nature au
lieu de s'abrutir devant le poste de television, ils verrait ce qui est a prevoir bien avant les stations meteo.
Sachons etre moins sedentaire, trop attache au foyer nous courrons a notre perte, allons nous confronter a l'exterieur.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 11/03/2010 22:41



Bonjour Florian,
Te voilà donc outre Manche et n’hésite pas à nous donner d’autres nouvelles de ton voyage à vélo qui doit te mener dans le nord de l’Angleterre, si j’ai bien
compris.
C’est une belle coïncidence que, chacun de notre côté, avoir nourri des pensées « paléolithiques », toi devant une belle œuvre au British Museum, nous dans une grotte pyrénéenne.
D’ailleurs, si tu peux ramener un cliché ou une image de ces rennes, nous sommes preneurs.
La sédentarité extrême qui et la nôtre a, j’en suis aussi persuadé, considérablement affaibli nos capacités, nos moyens de perception, nos sens et nos moyens de défenses. Toi qui te frottes très
régulièrement au dehors, comme en ce moment, le sent évidemment bien.
Nous te souhaitons bon vent (dans le dos !) et te disons à bientôt.
Salut l’ami !
Stéphan et Marie



pirard 09/03/2010 21:06


Rectificatif , je suis complètement d'accord avec vos texte Marie et Stéphane ! Pardonnes moi Marie je n'avais pas fait attention aux signatures tout absorbé que j'étais par ce que les textes
évoquaient en moi ...


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 10/03/2010 11:44



Bonjour Philippe,
Ce n'est pas grave et merci pour ce long commentaire qui vient enrichir notre propre réflexion. Stéphan souhaite te répondre, il le fera tout à l'heure.

Bonne journée,
Marie



pirard 09/03/2010 20:56


Un texte que je partage pleinement. C'est tellement évident que c'est incroyable que nous ne le partageons pas tous spontanément. Je reviens d'Andalousie et partage la peine des personnes dont les
maisons ont été emportées en front de mer là aussi, mais c'est le résultat de la folie et de la prétention idiote de notre civilisation qui se croit capable de vivre en ignorant les lois de notre
bonne vieille terre. Nous y perdrons beaucoup ou en mourrerons, et les cycles de la vie et de la terre reprendront leur cours.
Malheureusement il y a du chemin à faire pour que ce que tu écris soit intégré dans la tête de chacun d'entre nous. Quand on lit dans la presse espagnole que la ministre de l'environnement
d'Andalousie prétend que la construction d'un immeuble gigantesque de vingt étages en plein coeur d'un parc national sur la cote n'a aucun impact sur l'environnement ou quand notre ministre Borloo
rassure les grévistes de Dunkerke en leur assurant qu'on leur prépare un beau projet (terminal méthanier en + pour remplacer une raffinerie) on se dit que nos sociétés sont profondément
schyzophréniques et que le suicide les guette. Ce n'est encore une fois probablement pas très grave à long terme, c'est juste que c'est nous et sinon nos enfants qui vont trinquer.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 11/03/2010 22:41



Bonjour Philippe,
L’Andalousie, ou du moins la partie la plus aménagée de cette province espagnole, est en effet une illustration parfaite de nos dérives extrêmes. On m’a décrit (et j’ai vu et lu certaines choses)
l’urbanisation galopante en bord de côte que tu évoques, les serres de l’industrie agricole sur des dizaines de kilomètres (qui inondent l’Europe d’aliments très polluants), et nous savons que le
lynx ibérique, le félin le plus menacé au monde, disparaît de la région de Donana, assaillie par des programmes immobiliers et des aménagements divers. Ce que tu nous apprends de la position du
ministre de l’environnement espagnol ne m’étonne pas, car l’écologie, ou plutôt ce qu’on appelle « l’écologie », est aujourd’hui une arme contre la nature. Et les directives européennes
n’y peuvent rien, car le système de l’Union européenne est bâti sur la croissance… dans un monde qui est fini.
Cette simple constatation que le monde est fini, et donc que notre expansion économique est une chimère dangereuse, est refoulée car elle supposerait un changement radical. Nous savons que le
chemin est encore long à parcourir avant la prise en compte de ces évidences. Mais il est possible que la Terre soit entrée en révolte contre les hommes. Peut-être que les enfants trinqueront, ou
bien ils se révolteront au côté de la Terre.
Bien à toi et à tes enfants,
Stéphan



Claude 08/03/2010 19:09


Merci Marie et Stéphan de nous faire partager vos découvertes; la grotte et les araignées. Il n'y avait pas de chauves souris?
Et merci aussi, après la tempête, de nous dire et re-dire nos quatre vérités! Mais qui parmi nos "décideurs" veut bien les entendre?


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 08/03/2010 22:50



Bonsoir Claude,

Et merci à vous pour vos fréquents commentaires !

Oui, il est urgent de véritablement intervenir pour protéger la nature, indispensable à tous points de vue et nous ne pouvons que redire ces vérités. Il est à craindre, au vu de notre
incapacité à comprendre qu'il nous faut agir véritablement pour la préserver, que nous nous réveillons trop tard, après LA tempête.

Mais qui commande aujourd'hui ? Les politiciens ? La finance et l'économie de marché ? Celles-là mêmes qui conduisent à une forme de servilité, qui nous empêche de prendre le recul nécessaire.
Nous sommes les  passagers et les acteurs de cette machine qui s'est emballée, et nous semblons dans l'incapacité à raisonner pour comprendre quelles sont les vériables priorités de notre
époque et de notre existence.

Nous vous embrassons bien,
Marie et Stéphan



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