Littérature nature : la rencontre de Théoden et des Ents, "Le Seigneur des anneaux", J. R. R. Tolkien

  • Stéphan et Marie Carbonnaux

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Un très vieux hêtre, quelque part

dans les Rhodopes, juin 2007

© Artzamendi.


 

 

La rencontre de Théoden et des Ents


Le seigneur des anneaux


Tome II : Les deux tours


Chapitre : « La route de l’Isengard »


1955


J. R. R. Tolkien


 

« Tandis qu’il parlait, trois étranges formes sortirent de la forêt. Elles étaient aussi grandes que des trolls, mesuraient une dizaine de pieds de haut, leurs corps solides, d’une robustesse de jeunes arbres semblaient habillés de vêtements ou de peaux, gris et bruns ajustés. Leurs membres étaient longs et leurs mains comportaient de nombreux doigts ; ils avaient les cheveux raides et des barbes d’un gris-vert mousse. (…) Les cavaliers lancèrent des exclamations d’étonnement, et quelques-uns portèrent la main à leur épée.


-    -  Les armes sont inutiles, dit Gandalf. Ce ne sont là que des pasteurs. Ils ne sont pas des ennemis, et en fait ils ne s’occupent aucunement de nous.

(…)

 

-    - Des pasteurs ! dit Théoden. Où sont leurs troupeaux ? Que sont-ils, Gandalf ? Car il est clair que pour vous, du moins, ils ne sont pas étranges.

-          

-         - Ce sont les pasteurs des arbres, répondit Gandalf. Y a-t-il donc si longtemps que vous écoutiez les légendes du coin du feu ? Il est dans votre pays des enfants qui, des fils emmêlés des histoires, pourraient tirer la réponse à votre question. Vous avez vu des Ents, ô Roi, des Ents de la Forêt de Fangorn, que vous appelez dans votre langue Forêt d’Ent. Pensiez-vous que ce nom avait été donné par simple fantaisie ? Non, Théoden, il en vas autrement : pour eux, vous n’êtes que l’histoire passagère ; toutes les années écoulées depuis Eorl de Jeune jusqu’à Théoden le Vieux ne représentent pas grand-chose pour eux ; et tous les exploits de votre maison ne sont que broutilles.


Le Roi resta silencieux.


-         « Des Ents ! dit-il enfin. Hors des ombres de la légende, je commence à Un sapin vénérable des Pyrénées [1600x1200]comprendre un peu la merveille des arbres, je crois. J’ai assez vécu pour voir d’étranges jours. Longtemps, nous avons soigné nos bêtes et nos champs, bâti nos maisons, forgé nos outils ou chevauché au loin pour participer aux guerres de Minas Tirith. Et c’est ce que nous appelions la vie des Hommes, le train du monde. Nous ne nous préoccupions guère de ce qui se trouvait au-delà des frontières de notre pays. Nous avons des chansons qui parlent de ces choses, mais nous les oublions et ne les enseignons aux enfants que par une vague habitude. Et voilà que les chansons viennent parmi nous d’endroits étranges et marchent en chair et en os sous le Soleil.


 

Un sapin vénérable dans les

Pyrénées centrales,

© Artzamendi.

 

-         - Vous devriez en être heureux, Roi Théoden, dit Gandalf. Car ce n’est pas seulement la petite vie des Hommes qui est menacée à présent, mais celle aussi de ces choses que vous jugiez affaire de légende. Vous n’êtes pas sans alliés, quand bien même vous ne les connaissez pas.


-         - Mais je devrais m’attrister, dit Théoden. Car quelle que soit la fortune de la guerre, ne se terminera-t-elle pas de telle sorte qu’une grande partie de ce qui était beau et merveilleux disparaîtra à jamais de la Terre du Milieu ?


-         - Il se pourrait dit Gandalf. Le mal infligé par Sauron ne peut être totalement guéri, et on ne saurait l’annuler purement et simplement. Mais nous sommes condamnés à ces temps. Poursuivons le voyage que nous avons commencé ! »


 

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Souche mystérieuse,

en Haute Soule,

été 2010

© Artzamendi.


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