Nature, Sauvage, Ours, Hommes et Common decency

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

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Les trois singes chinois dits de la sagesse.

Ne rien entendre, dire ou voir quelque chose de mauvais.

Mais aussi, ne rien vouloir entendre, dire ou voir ce qui nous gêne.

 

 

Des expériences personnelles, dont certaines sont douloureuses, m'ont fait prendre conscience ces dernières années de la nécessité pour les amoureux et défenseurs de la nature de se pencher très sérieusement sur ce qu'on appelle "la question sociale".

 

J'ai ainsi acquis la certitude, qu'au vu de l'évolution de nos sociétés, gagnées jour après jour, pan après pan, par l'individualisme et la violence sociale, la défense de la nature, du sauvage et des grands animaux doit être pensée et mise en pratique tel un grand combat pour la dignité des communautés humaines et animales.

 

George Orwell, ce grand écrivain anglais qualifié par certains d'"anarchiste conservateur", avait théorisé ce qu'il appelait la Common decency. On trouve chez l'essayiste français Jean-Claude Michéa la définition suivante :

 

« sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l'on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l'on cherche à maintenir les conditions d'une existence quotidienne véritablement commune ». 

 

 Tous ceux qui, par lâcheté ou par intérêt, pensent faire l'économie de la common decency à l'égard de leurs voisins humains, ne sauveront rien, ni la nature, ni les ours, ni les loups, ni les lynx, ni les autres bêtes sauvages, qui, d'ailleurs, et fort intelligemment, ne les attendent pas pour se battre et survivre.


 

Stéphan Carbonnaux

 

 

Cliché : http://3singes.blogzoom.fr/401180/Les-3-singes-de-la-sagesse/


Nathalie 22/11/2011 09:54

C'est exactement la raison qui fait que je n'adhère à aucune association de protection de la nature, je ne peux pas me reconnaître dans les méthodes de certains des membres qui se rapprochent de
celles des intégristes religieux (j'aime bien quand même votre GOPA)
bises à tous les deux
Nathalie

Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 23/11/2011 21:59



Bonjour Nathalie,


 


Merci pour le Groupe ornithologique des Pyrénées et de l'Adour (GOPA) qui échappe à ce type de dérive. Il faut dire que les fondateurs (dont je suis) avaient décidé
de limiter les pouvoirs des dirigeants du groupe par des clauses statutaires strictes, qui sont respectées.


 


Bonne fin de semaine à toi,


 


Stéphan



Nathalie 21/11/2011 07:24

Je ne peux que être d'accord avec vous. Comment penser la protection des milieux et de ses habitants sauvages sans inclure le respect de la dignité et des besoins les plus élémentaires des
populations humaines ?
On ne peut rien faire en termes de protection de la nature sans l'adhésion des populations concernées et encore moins quand les habitants n'ont pas accès à suffisamment de nourriture, d'eau, de
terre et de respect de leur culture.

Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 21/11/2011 23:52



Bonjour Nathalie,


 


Oui, c'est une évidence que certains ne comprennent pas malheureusement. Sans aller chercher des populations qui manquent de nourriture ou d'eau, voyons les
populations de nombreuses régions françaises et européennes touchées par le chômage et la disparition des services publics, des médecins, etc. Rien ne pourra être durablement préservé sans
s'intéresser à ces populations, et donc sans trouver des solutions audacieuses à leurs problèmes. C'est tout le défi qui attend aujourd'hui les protecteurs sincères de la nature sauvage.


 


Par ailleurs, mon article vise aussi la politique franchement anti-sociale de groupes qui se prétendent écologistes ou de protection de la nature et qui ne
respectent pas les lois sociales ni la morale commune, mais sont les premiers à donner des leçons à telle ou telle catégorie de la population, ou à engager des procédures pour faire respecter
telle ou telle loi. C'est un grand tabou que peu veulent évoquer par crainte d'affaiblir la "Cause"...


 


Bonne semaine,


 


Stéphan Carbonnaux



Lurbeltz 04/11/2011 12:04


Oui si je comprends ce que tu dis... Je dirais qu'il y a une lutte pour la vie, une lutte de la vie. Et tout ce qui est vivant lutte pour sa dignité dans ce monde. Mais il faut arriver à voir la
dignité qui passe du monde minéral, au monde humain, en passant par le monde végétal et animal". Comme disait Gérard de Nerval en paraphrasant Pythagore... "Tout est sensible". Cela ne veut pas
dire qu'il faut cesser de marcher sur l'herbe, de manger des salades, de la viande. cela va plus loin que ça...Cela veut dire qu'il faut réenchanter le monde, sans Dieu ni Maître. Si ce n'est un
maître intérieur qui nous rendra capable d'associer notre lutte personnelle à la lutte collective pour la liberté, l'amour, le respect de toute vie.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 04/11/2011 16:52



Merci Laurent pour ton intervention.


 


J'ai surtout publié cet article en réaction à ceux qui luttent (ou prétendent lutter) pour la défense des formes de vie, et qui, simultanément, se comportent très
mal avec les hommes qui les entourent, notamment leurs subordonnés.





A mes yeux, ces personnes n'ont aucune légitimité, tant la question de la dignité est pour moi primordiale. Ils peuvent s'affubler de toutes les "nobles causes"
qu'ils prétendent incarner, ils ne sont que des singes (pardon pour nos frères primates !) de l'apocalypse.


 


Quant à réenchanter un monde sans Dieu ni Maître, c'est une autre discussion !


 


Bien à toi,


 


Stéphan


 


 



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