Ours dans les Pyrénées : une approche révolutionnaire ou ... rien !

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

P1080996--R-solution-de-l--cran-.jpgMedved derrière un arbre, Slovénie

La décision du président de la République de ne pas procéder au "lâcher" d'une ourse en Béarn ce printemps 2011 était prévisible. Une discussion, voici près de trois semaines, avec un maire du Haut-Béarn me confortait dans l'idée que cette opération était très mal engagée. Le ministère de l'Ecologie, me disait-on, n'avait sollicité aucun contact avec les communes éventuellement concernées...

Du reste, le dossier préalable au renforcement, alors rédigé par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, "sentait" le dossier vite bouclé sans la moindre conviction. Il est vrai que les agents professionnels sont depuis longtemps démoralisés par la situation...

Le communiqué de presse de la ministre de l'Ecologie, en date du 1er juin 2011, et consultable en ligne, se passe de commentaires.

Nous avons observé un silence total et volontaire depuis l'automne 2010, d'autant que nous avons exprimé à plusieurs reprises notre désaccord complet avec la politique des "lâchers" d'ours dans les Pyrénées.

Il est temps désormais de tirer quelques nouvelles leçons de ce qu'on appelle "la protection des ours". Pour des raisons structurelles (fonctionnement autocratique, dépendance financière, politique sociale, origine sociologique des dirigeants, syndrome du Parti Communiste qui touche de nombreux adhérents, etc.), que j'ai un peu exposées dans Le Pays des forêts sans ours (lire "Plainte contre la France, pour défaut de protection de l'ours dans les Pyrénées"), et qui sont parfaitement connues de certains, une remise en question des associations qui s'affichent compétentes est impossible. 

Seule une masse critique de défenseurs désintéressés des ours et de la nature sauvage pourrait, enfin !, opérer un changement tant attendu. Le retour des ours, et de la grande nature en général, nécessite impérativement une approche révolutionnaire, sur le fond et sur la forme. A défaut, nous estimons qu'il n'est pas utile d'"agir", ou plutôt de s'agiter en sollicitant des subventions publiques ou des aides privées qui seraient infiniment mieux employées par d'autres.

Je reviendrai très prochainement sur cette question.


Stéphan Carbonnaux


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Ludovic Mascart 12/06/2011 07:02


Bonjour à vous,

Cette idée de réensauvegement m'intéresse. Je trouve aussi les associations trop intégré dans le système et donc, inévitablement, lié à lui. (sans mettre en cause toutes les bonnes volontés qui les
animent, mais qui, peut-être, dépensent leur énergie de manière vaine)

Une fois ce constat fait, et en imaginant qu'il soit exact (!!), reste à trouver un engagement plus porteur (de sens pour nous, d'action pour tous).

Il y a tant à faire !


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 13/06/2011 12:02



Bonjour Ludovic,


 


Merci pour tes encouragements, car nous poussons sans cesse la réflexion et les pistes d'action dans la durée sur ce réensauvagement, qui effraie les uns et attire les
autres.


 


Nous mettons actuellement sur pied plusieurs initiatives qui écloront dans les mois qui viennent, et dans les Pyrénées pour le moment. Et, c'est,  en effet, un
vaste chantier qui occupera de nombreuses personnes pendant longtemps !


 


Quant aux associations "classiques", leur intégration "dans le système" leur offre des moyens, certes, mais leur ôte tout ou partie de leurs capacités à évoluer, alors
que la défense du vivant oblige à sentir les évolutions permanentes.


 


Pour nous, l'approche "révolutionnaire" n'est pas la table rase, comme certains se l'imaginent, mais une rupture d'avec un système sclérosé et un recours au sauvage
comme facteur d'équilibre. Etymologiquement, la révolution est le retour à un point d'origine, si bien que l'alliance nouvelle à bâtir entre les sociétés humaines et la nature sauvage serait une
véritable révolution.


 


Evidemment, cela est plus difficile à faire qu'à écrire, mais nous ne cessons, sans faire beaucoup de vagues, d'y oeuvrer avec d’autres sous des formes très variées. Ce
n'est qu'un début.


 


Bonne semaine et bonjour à l'Auvergne,


 


Stéphan


 



jean françois 03/06/2011 22:45


Oui il est temps de tirer des leçons de ce nouvel épisode
prévisible (la seule surprise est l'excuse de la sècheresse, cette pirouette il fallait la trouver!),
d'autant plus que des élections importantes approchent et il faut rassurer l'électeur potentiel.
"Le pays des forêts sans ours" résume bien les nombreuses difficultés du dossier ours : faute de l'état mais aussi
des associations et de chacun d'entre nous.
Voilà du coup un livre à relire mais aussi celui de Dendaletche "la cause de l'ours" afin de pourquoi pas, écrire à nouveau de belles et nouvelles pages pour l'ours et d'autres animaux plus humbles
mais tout aussi nécessaires.
Il faudra du temps c'est sûr, mais depuis des décennies le dossier n'a fait que régresser aussi cela ne pourra être pire.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 06/06/2011 16:25



Bonjour Jean-François,


 


A lire les premières réactions des défenseurs "officiels" des ours, il ne se passera rien de leur côté. Ils cherchent la paille dans l'oeil de nos adversaires et de
l'Etat, sans jamais voir, évidemment, la poutre qui les gêne.


 


Aucun débat n'est possible sur la protection des ours, nous ne le savons que trop bien. L'essai Le Pays des forêts sans ours, que je te remercie de citer,
est occulté par un milieu qui a tout verrouillé et confisqué. Claude Dendaletche, que tu évoques avec raison, m'avait prévenu.


 


Le grand drame, outre la position de l'Etat que nous connaissons depuis très longtemps, c'est que la nature sauvage est officiellement, et sauf quelques exceptions,
défendue par des organismes domestiqués, consciemment ou pas. 


 


Il est grand temps pour les amoureux de la nature de se "réensauvager" et de reprendre les chemins de la liberté. Une fois ce pas franchi, nous pensons que bien des
choses peuvent aller beaucoup plus vite que nous l'imaginons.


 


Stéphan


 


 



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