Ours des Abruzzes : un texte hors-piste "Orso marsicano Addio !" de l'association italienne pour la wilderness

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Associazione-italiana-per-la-wilderness.jpgNous livrons ci-dessous un texte tout récent, du 06 mai 2011, qui aurait dû faire l'objet d'une publication et d'une traduction dans les feuilles et revues spécialisées sur la grande faune de notre pays.

 

"Orso marsicano Addio !" se traduit aisément par "Ours marsicain, Adieu !".

 

 

 

L'ours marsicain Ursus arctos marsicanus est une sous-espèce d'ours brun, plus petite, qui s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui en Italie dans les Apennins centraux-méridionaux, surtout dans le massif des Abruzzes et quelques montagnes proches.

 

 "Orso marsicano Addio !" a été écrit par l'Association italienne pour la wilderness (Associazione italiana per la wilderness - AIW - http://www.wilderness.it/) réputée pour ses travaux et actions en défense du sauvage en Italie, bien sûr, et au-delà aussi.

 

Le secrétaire général de l'AIW est Franco Zunino, qui fut jusque dans les années 1980 une figure publique de la protection des ours en Italie, et dans les Abruzzes en particulier. On peut légitiment penser qu'il est l'auteur, ou un coauteur, de ce texte.

 

Les rares écrits traduits en français que j'ai pu lire de Franco Zunino m'avaient interpellé lorsque je travaillais comme chargé de mission affecté à la protection des ours. Pour diverses raisons, je n'ai pas poussé assez loin l'analyse de ses écrits, qui méritent manifestement une plus grande attention.

 

Franco Zunino, qui critiquait dès les années 1980 la "protection" des ours dans les Abruzzes, est aujourd'hui ignoré en France dans les "milieux "autorisés", comme bien d'autres personnes d'ailleurs. D'où la nécessité de s'intéresser à lui et à ses écrits !

 

Je ne suis jamais allé dans les Abruzzes et n'ai donc pas collecté d'éléments de terrain sur le sort des malheureux ours marsicains qui disparaissent à petit feu. Ceci dit, je sais faire la part des choses, après 25 années de défense de la nature, de nombreuses études d'archives, de missions sur le terrain, et de rencontres avec des dizaines d'"acteurs" concernés par la "protection" des ours.

 

Dans les années 1990, la "gestion" des ours des Abruzzes et celle du Parc national éponyme, était présentée en France, par l'association ARTUS notamment, comme une réussite et un modèle éco-touristique à suivre chez nous. Les articles étaient louangeurs, les Pyrénées devaient chercher à s'inspirer de ce "miracle" italien qui rapportait des millions de francs de l'époque aux populations locales. Je m'étais alors beaucoup méfié des assertions assénées ici et là (je l'avais écrit), et je constate que j'avais bien raison.

 

Ces dernières années, plusieurs affaires ont démontré :


- que la protection des ours marsicains n'était pas du tout assurée dans les Abruzzes, puisque de très nombreux animaux sont braconnés,


- et que le Parc et les régions alentours étaient la proie de vastes programmes immobiliers.

 

Il ne subsiterait qu'une quarantaine d'ours marsicains contre une centaine il y a quelques petites décennies à peine. Depuis les années 1970, certaines sources évoquent le chiffre de 98 ours morts par la faute de l'homme !

 

Le texte qui suit nous apprend d'ailleurs, parmi d'autres choses,  que deux ours ont été retrouvés morts les 21 avril et 03 mai de cette année, dont une femelle reproductrice. C'est bien sûr une nouvelle catastrophe pour une population si faible et affaiblie. Nous apprenons aussi que la collectivité régionale des Abruzzes, avec l'assentiment des autorités du Parc, a approuvé la réalisation d'un projet photovoltaïque de 15 hectares sur le territoire des ours !


La conclusion de ce texte est sans appel : elle fustige l'incompétence des responsables aux commandes. On comprend pourquoi ce genre de textes n'est pas publié chez nous, puisqu'il obligerait à une remise en question de l'engouement pour le "miracle" des Abruzzes, mais aussi à une remise en question plus générale de la "protection" des ours en France.

 

Nous réparons donc cette injustice, sans cependant traduire ce texte en français, du moins dans l'immédiat, et proposons quelques autres pistes de lecture et d'information.

 


 

 

ORSO MARSICANO ADDIO !




Il 29 aprile scorso sui giornali appare la notizia che la Regione Abruzzo ha infine approvato il progetto fotovoltaico della Vallelonga che sottrae 15 ettari di terreni ex agricoli alla regione di vita dell'Orso marsicano. Un'approvazione che ha potuto essere data grazie al fondamentale parere favorevole espresso dall'Ente Parco Nazionale d'Abruzzo con una relazione del marzo 2010 con la quale si sosteneva la non incidenza negativa del progetto sulla vita e l'habitat dell'orso. Difatti le originarie "linee guida" stabilivano un veto assoluto alla loro costruzione in aree SIC, ma la Regione Abruzzo alla fine di maggio 2010 provvedeva a modificare le linee guida affinchè quel veto invalicabile fosse superato qualora... gli enti gestori dei SIC (in questo caso l'Ente Parco) dichiarino una non incompatibilità ; aprendo quindi un "uscita di sicurezza", uscita di sicurezza subito fatta propria dall'ufficio VIA che su questa base meno di un mese dopo dava l'ok al progetto ! In pratica gli stessi organismi che avervano sottoscritto il PATOM (Piano d'Azione per la Tutela dell'Orso Marsicano) agivano in modo tale da favorire non la difesa dell'orso e del suo habitat, ma per danneggiarli!

Il 21 aprile viene ritrovato un orso morto in Comune di Scontrone.

Il 3 maggio un orso viene trovato morto in Comune di Pescasseroli.
Ours-retrouve-mort-dans-les-Abruzzes-juin-2011.jpg

 
Per non dire dei già tanto segnalati danni agli allevatori in aree fuori al Parco Nazionale ed anche della sua zona di protezione esterna, segno di una sempre maggiore presenza di orsi che vivono fuori dall'area protetta,

istituite nel 1923 per la loro protezione ; prova che non l'area protetta difende l'orso ma la gestione che se ne fa.


                                                                                                                               La femelle trouvée morte le 03 mai à Pescasseroli.

 

 

Se il Parco Nazionale d'Abruzzo fosse un'azienda privata a questo punto si provvederebbe al licenziamento in tronco di tutti i vertici per palese incapacità di assolvere al compito che l'azienda si prefiggeva.

Se fossimo un Paese normale detti vertici dovrebbero, o rimettere i loro mandati o essere dimessi d'autorità per le stesse ragioni. Perché è ormai evidente che non saranno queste persone che salveranno l'Orso bruno marsicano, visto che è da 40 anni che amministrano e/o gestiscono e studiano come salvare l'orso, con una popolazione che da oltre 100 orsi nel Parco e sue ristrette vicinanze, si è passati a 40 orsi in gran parte fuori dal Parco e sparsi in mezzo Appennino Centrale. Ed un secondo provvedimento dovrebbe essere il blocco immediato ad ogni studio o ricerca, in quanto palesemente dimostratisi inutili al fine della protezione degli orsi ed inutile sperpero di danaro pubblico (mentre il danaro manca per incentivare le coltivazioni a perdere e per indennizzare gli allevatori dei danni che subiscono da orsi e lupi - nell'ultimo decennio ben oltre 13 milioni di euro sarebbero già stati spesi o sono in procinto di esserlo, per studi e ricerche, ricerche forse in alcuni casi anche rivelatesi pericolose per lo stesso orso: sempre diagnosi ed il rinvio continuo della cura che, quando proposta, prevede sempre e solo nuove leggi e mai operazioni concrete sul terreno !).

Se non il Parco stesso, almeno la gestione dell'orso va commissariata, ed al più presto, sottraendola a chi fino ad oggi non ha saputo fare nulla di concreto per far cambiare le cose con interventi atti veramente a tal fine, sia nel sostenere una campagna in difesa dell'habitat dell'orso, sia per migliorare le sue necessità trofiche, sia per dare soddisfazione a quelle fasce sociali per cui l'orso è solo un danno ed un problema.

L'opinione pubblica si attende queste cose, non richieste di ampliamento del Parco ! Non si cambiano le cose se non si cambiano le persone, siano essi amministratori, gestori o studiosi, ormai rivelatisi tutti incompetenti ad affrontare e risolvere il problema.

 

 

 Associazione italiana per la wilderness, le 06 mai 2011

 

Source : http://www.wilderness.it/news_2.asp?p=n&key=534



 

Lire aussi, en italien, quelques articles de la presse italienne au sujet des deux ours retrouvés morts les 21 avril et 03 mai 2011. Le premier, un mâle, a été manifestement braconné, et le second, une femelle reproductrice, aurait été braconnée ou tuée par un véhicule.

 

http://cacciabruzzo.blogspot.com/2011/04/un-altro-orso-morto-il-pnalm.html

 

http://www.umbertobraccili.it/index.php?option=com_content&view=article&id=314:ancora-un-orso-morto-nel-parco-dabruzzo&catid=43:prima-pagina


 

Lire enfin un article, en date du 09 mai 2011 écrit par un berger et producteur de fromage :

 

 

http://www.abruzzo24ore.tv/news/Chi-si-vende-la-pelle-dell-orso-alla-Comunita-europea/33178.htm

 

 

Ce texte critique vertement les millions d'euros dépensés pour la prétendue protection des ours marsicains, super étudiés par des moyens modernes, mais qui tombent comme des mouches. Il évoque aussi le mépris avec lequel les non experts, dont les populations rurales, sont traitées. Il est très difficile de démêler le vrai du faux, cedi dit, tous ces articles démontrent la faillite d'un système.


 

GLOIRE AUX OURS MARSICAINS QUI SURVIVENT SEULS

DANS LES ABRUZZES !

 

 

Ours-marsicain--Alain-Rauss.jpg

 

Image tirée du film, "Les Abruzzes, sanctuaire de l'ours marsicain" (2009),

du naturaliste suisse Alain Rauss, qui a aussi réalisé un film intitulé "Bialowieza, forêt primaire et refuge du bison d'Europe" que nous recommandons chaudement :

www.fifo-distribution.com


 

 

 

Stéphan Carbonnaux

 

 

Sources : Associazione italiana per la wilderness ; Ourse morte : http://www.geapress.org/ambiente/page/3, Ours marsicain : http://www.i-geneve.ch/agenda/agenda_news.php?menu=4&ig=10412&news_id=7555&type=&evenement=.Les-Abruzzes--sanctuaire-de-l%92ours-marsicain

michel CHALVET 17/07/2011 09:46


Voyons Stephan ! Chacun sait que l'avenir de la planète aujourd'hui c'est l'immobilier vert et le photovoltaïque. Une bonne communication la dessus et nos contemporains pensent que tout va pour le
mieux.
Pardon ! des ours ? Libre ? Plus que 40 ? Mince, tout allait si bien tant que nous ne savions pas qu'ils existaient.
Heureusement que certains savent où puiser les informations. Continue de nous retirer les oeillères et de nous déboucher les tympans, nous sommes trop passifs et naïfs, il nous faut sortir de cet
état de torpeur. Merci pour votre travail, il trouvera sa juste récompense.
Michel
en Aubrac (ou j'entame des recherches intéressantes)


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 18/07/2011 23:47



Bonjour Michel,


 


Le cas des Abruzzes et des ours marsicains est en effet symptomatique de la confusion "écologique" de notre temps, où très rares sont ceux qui prennent le temps
d'analyser des situations.


 


Profite-bien de l'Aubrac et bonnes et belles recherches !


 


Stéphan



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