Ours des Pyrénées : Cannelle et Papillon de nouveau réunis au ... Muséum de Toulouse

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

 

Tete-ours-Etsaut--1600x1200-.jpgComme il fallait s'y attendre, l'ourse Cannelle, dernière femelle de la souche d'ours des Pyrénées, abattue en vallée d'Aspe, lors d'une battue aux sangliers le 1er novembre 2004, sera exposée dans un musée, en l'occurrence le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.

 

Elle y retrouvera l'ours Papillon, vieux patriarche avec lequel elle a longtemps formé un couple, qui est mort, lui, à la fin du mois de juillet 2004, au terme d'une affaire bien lamentable (Lire : Artza est une personne).

 

La mort de l'ours Cannelle, qui suivait de peu celle de Papillon, m'avait beaucoup marqué, à l'instar de très nombreuses personnes. Ici, dans les Pyrénées, nous étions quelques-uns à ne pas apprécier du tout la conservation de ces deux ours, au secret, dans les congélateurs de l'Etat.

 

 

Tête médiévale d'ours, Etsaut

(vallée d'Aspe). Etsaut, haut lieu des

pérégrinations de Papillon et de Cannelle.

© G. Carbonnaux

 

 

Une idée, que certains trouveront farfelue, nous était venue à la fin de l'année 2004 et au début de 2005. Et si, pour une fois, plutôt que de naturaliser des animaux tués ou non par l'homme et de les exposer au public derrière une vitre, nous leur rendions leur terre. Nous avions donc imaginer intervenir auprès de certaines autorités aux fins de transporter les dépouilles de Cannelle et de Papillon dans leur forêt sauvage. Nous en restâmes à l'idée, certes difficile à concrétiser (surtout en raison de la procédure pénale dans l'affaire Cannelle), qui aurait sans doute méritée d'être publiquement posée.

 

L'histoire retiendra donc, que par l'incurie collective, et la stupidité de certains responsables, deux des derniers ours mythiques des Pyrénées auront connu une fin de vie digne des grandes tragédies animales, qui ne sont, à nos yeux, pas moins émouvantes que les tragédies humaines.

 

Et comme je ne m'y attendais pas lors de la mort de l'ourse Cannelle, aucune leçon sérieuse de cette disparition et aucune mesure importante propre à sortir par le haut d'une situation catastrophique, n'a été prise.

 

Gloire à ces ours dont la survie n'a tenue qu'à eux-mêmes !


 

tete cannellePapillon 2

 

Tête de Cannelle, morte, lors de son transport, et opération de Papillon en pleine nature, deux mois avant sa mort.

 

 

Stéphan Carbonnaux


 

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Clichés : tête d'ours d'Etsaut : © Grégory Carbonnaux ;

ours Papillon en pleine opération : "Les secrets volés de Papillon", illustrés de clichés (origine inconnue), publié sur La Buvette des alpages,

et tête de l'ourse Cannelle : planete-dechet.wifeo.com ; domino.fansforum.info, http://1.bp.blogspot.com/

 


Jenofa 03/07/2011 11:58


Il est vrai que où que nous tournions notre regard, il n'y a que des raisons de pleurer.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 04/07/2011 22:04



Bonjour Jenofa,


 


La roue tournera, j'en suis sûr. Cette future collection d'empaillés et de squelettes d'ours historiques est néanmoins déprimante à souhait.


 


Bel été,


 


Stéphan



Michel CHALVET 30/06/2011 07:58


Quelle tristesse ! Quel écoeurement ! Quelle honte ! des ours plein de vies nous n'en voulons pas mais de leurs dépouilles oui. On va exposer Cannelle comme un véhicule dans un salon, tel un
tableau dans un musée.
Pourquoi ? Pour la présenter aux enfants ? Pour se donner l'impression qu'elle existe toujours un peu ? Comme un vestige, un trésor, LA DERNIERE OURSE DES PYRENEES ?
A quand un chef d'Etat ou un Ministre de l'écologie naturalisé ?
Quel peu de considération envers la condition animale, quel mépris pour Cannelle qui fut assassinée, puis charcutée, pardon autopsiée, et désormais empaillée.
Tu as bien raison Stéphan "Gloire à ces ours dont la survie n'a tenue qu'à eux mêmes !"


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 30/06/2011 21:41



Bonsoir Michel,


 


On peut comprendre le directeur du Muséum, qui, lui, fait une belle prise.


 


N'empêche que cette nouvelle devrait nous faire réfléchir sur l'échec colossal de ce qu'on appelle encore la "protection de l'ours". Et je ne lis pas grand chose en
ce sens, évidemment. On préfère les festivités et la l'hypercommunication.


 


Il y a deux mois, à Orléans, j'étais curieux de voir un des derniers lions de l'Atlas naturalisé et exposé au public. Curieux, et nauséux aussi, car il est le signe
d'un massacre qui ne cesse de se prolonger.


 


Ces animaux qui se battent jour après jour pour leur survie sont les véritables héros de la "biodiversité", pour reprendre le titre d'un livre récemment sorti. Nous
les hommes avons bien des efforts à produire pour leur arriver au talon !


 


Bonne fin de semaine,


 


Stéphan



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