Première fête du livre d'Aure : merci !

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Stand.JPGNature, Sauvage et Civilisation remercie vivement les organisateurs de la première Fête du livre d’Aure, tenue à Saint-Lary-Soulan du 21 au 23 mai derniers (lire notre article : http://stephan.carbonnaux.over-blog.com/article-premiere-fete-du-livre-d-aure-le-21-22-23-mai-2010-nous-y-serons-49968253.html), qui avaient vraiment très bien fait les choses, sous l’égide de la mairie et du foyer culturel. Ce fut une belle première servie par un temps magnifique. Notre stand placé aux côtés des éditions du Pin à crochet, des aquarelles d’Hélène Saule-Sorbé et de la Montagne des chasseurs, se fondait dans une réalité pyrénéenne pleine de contrastes.

 

Ce fut ainsi une nouvelle occasion de rencontres riches et de partager avec le public notre approche de la réconciliation de l’homme et de la nature sauvage. Nous constatons chaque fois combien cette réconciliation ne peut s’opérer que par un discours franc et des actes cohérents. Evidemment, la protection des ours est souvent venue dans la discussion, d’autant que je présentais mes deux ouvrages « ursins » Le Cantique de l'ours et Le Pays des forêts sans ours. 

 Nous avons particulièrement apprécié l’image de cette amoureuse de la vie sauvage, récemment installée dans la vallée d’Aure, qui, tout en rêvant d’ours et de loups dans nos montagnes, n’aime pas l’expression « lâchers d’ours » qu’elle assimile à des lâchers de ballons. A nos yeux, c’est une preuve, parmi tant d’autres, que certaines personnes sentent la grande confusion autour de la « guéguerre » de l’ours. Et, comme dans d’autres vallées, le grand paradoxe veut qu’en Aure les ours soient présents partout en ville (en devanture des magasins, sculptés, encagés, etc.), sur et dans les livres, mais absents, ou presque, de la montagne.

 

Patous--maitre-et-Marie.JPG  Les patous, eux, étaient bien présents, notamment ceux de M. et Mme Coron,  passionnés et passionnants lorsqu'ils parlent avec tendresse de leurs "compagnons" qu'ils aiment tant (et qui leur rendent bien)  retrouvez-les sur leur site www.vallee-du-rioumajou.com.

 

Patou-couche.JPG Patou-debout.JPG

 

J’ai vérifié de nouveau pendant ma conférence « Le besoin du sauvage, Expériences d’un amoureux de la nature » que le grand public est fort curieux de ce monde souvent peu connu de lui et que la peur, notamment des grands animaux, est un sujet qui revient souvent, chose parfaitement normale à laquelle j’ai longuement répondu. Un échange contradictoire avec un homme sur la surveillance des troupeaux est venu rappeler que la volonté de cohabiter ou non avec le sauvage est certes de nature économique, mais aussi d’essence culturelle.

 

Daniel Guilly et le groupe au RioumajouLe RioumajouLa matinée dans le Rioumajou, que j'ai animée avec Daniel Guilly, montagnard aguerri et fin connaisseur des choses de la nature, fut une autre occasion de partage autour d’observations de diverses formes de vie,  du rôle de l’homme dans l’existence de la forêt (ou plutôt de la croyance de l’homme à être nécessaire à la vie de la forêt), de la perte de liberté engendrée par les aménagements excessifs dans la nature, et du dessin comme mode de connaissance et d’observation, autour de l’œuvre de Robert Hainard, de celle des artistes paléolithiques, ce dernier sujet suscité par l’illustrateur Edern Cailler, présent parmi nous. Chemin faisant, nous avons même rencontré le maire de Saint-Lary qui cherchait des morilles-gyromitres !

 

                                                 

A notre époque d’hypercommunication, du « buzz » Internet, du retour rapide sur investissement ou des sondages par téléphone, l’approche culturelle est souvent considérée comme une perte de temps. Il est pourtant indispensable de la mener sur le terrain, comme le suggérait, pendant ma conférence et lors de la remise des prix, Madame Christiane Abbadie-Clerc, conservateur d’Etat des bibliothèques et commissaire bénévole de la Fête du livre d’Aure, que je remercie ici chaleureusement pour l’intérêt qu’elle porte à notre travail, Marie et moi.

 

Remise-du-prix.JPGDimanche, lors de la remise des Patous d’Aure, prix des éditions « Pyrénées », attribués par le jury du Comité de lecture de Saint-Lary-Soulan, présidés par Jean-Luc Morinière (qui avec l’association Mémoires des vallées a beaucoup œuvré à l’obtention du label « Pays d’art et d’histoire » pour les vallées d’Aure et du Louron) et animés par Christiane Abbadie-Clerc, j’ai reçu une distinction spéciale « Espaces naturels » pour l’ensemble de mes livres. Un tel prix me touche d’autant qu’il m’a été donné en terre pyrénéenne, celle que je connais depuis l’enfance, que j’ai choisi pour vivre depuis dix-sept ans, et qui est la nôtre avec Marie depuis presque deux ans.

 

Main sur la patte

 

C’est ancrés dans les Pyrénées que nous poursuivrons notre travail d’alliance avec le monde sauvage

 

Cliché ci-contre :

un jeune garçon pose sa main sur le moulage, réalisé par nous-mêmes en Slovénie,  d’une patte avant d’ours

 

Stéphan

 

                                                               
 

Claude 01/06/2010 18:26


Merci pour ce vivant reportage.
Et bravo pour le prix qui vous a été remis!
J'aurais aimé participer à cette fête, mais c'est un peu loin de chez moi.
Une autre année j'espère...


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 01/06/2010 20:20



Et merci à vous Claude pour ce commentaire. C'est avec plaisir que nous vous accueillerons lors d'un prochain festival à notre stand !





En effet, nous pouvons féliciter Stéphan qui voit son travail d'écrivain récompensé, lui qui se donne tant pour défendre les intérêts, bien menacés, de dame nature.
La tâche est parfois bien ingrate, mais quand l'amour de cette hôte merveilleuse est là ...





Nous vous embrassons,


Marie et Stéphan



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