Promenade au pays des scandales ordinaires

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Ce soir nous partons sur les traces de messire blaireau. Nous allons encore tenter d'observer ce magnifique animal, à l'allure un peu pataude, et tellement sympathique. Il vit dans un terrier aux multiples "gueules" (il s'agit des entrées et sorties de sa maison). Messire blaireau vit en famille et voue un intérêt prononcé à sa tanière qu'il entretient avec beaucoup de soin. Il partage parfois sa demeure avec messire renard qui profite là d'une belle aubaine en s'appropriant une partie du palais de messire blaireau. La cohabitation est pacifique entre ces deux très beaux mammifères. Messire blaireau, comme je l'expliquais tout à l'heure, a un sens très développé de la famille. Des études ont pu montrer que si l'un des membres ne rentre pas de ses pérégrinations nocturnes, il manque terriblement à sa famille qui s'inquiète pour lui. Ne m'accusons pas d'anthropomorphisme, par pitié ! C'est là beaucoup trop facile. Ce qualificatif dont on taxe certaines personnes persuadées de l'intelligence animale, les stigmatise, cherche à les ridiculiser, et évite de pousser plus loin une réflexion sur ce qu'est l'animal, sur la personne animale. Il est si aisé de clore un certain nombre de considérations qui dérange en faisant passer certains individus, au mieux, pour de gentils farfelus. 

 

 

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Quoiqu'il advienne, le sujet que j'amène avec ce petit prélude, touche des questions très graves. C'est un pot pourri de ce qui m'agace, me révulse, me bouleverse, m'attriste. Certains de ces sujets me préoccupent tant que je les emmène avec moi dans mon sommeil. 

 

deterrage2--2-.jpgAlors voilà, je vais commencer cette promenade au pays des scandales ordinaires par une réalité encore tolérée dans notre pays et ailleurs, le massacre des blaireaux, et de leurs voisins magnifiques, les renards. Non seulement ces animaux, et en particulier le blaireau, moins leste que le renard, paient un lourd tribut à la Deterrage.gifcirculation, (une circulation totalement aberrante aujourd'hui, et dire qu'on nous fait croire que nous sommes en passe d'évoluer vers un "respect de l'environnement"), mais il leur faut également faire face à une pratique abominable : le déterrage. Imaginez-vous dans un endroit qui représente la sécurité pour vous et votre famille : votre maison et imaginez maintenant que l'on vienne vous y chercher avec la plus grande violence. Imaginez votre progéniture massacrée, imaginez le pire. deterrage2.jpgNon, je réfute encore une fois l'accusation d'anthropomorphisme que je sens poindre. Les animaux, n'en déplaisent à certaines personnes que cela arrange bien, sont doués de sensibilité bien au delà de ce que la plupart imaginent. Je ne puis me satisfaire de ce simple argument qui devrait pourtant suffire : vivre avec et auprès d'eux le prouve de manière évidemment incontestable. Non je vais faire plus sérieux et puisqu'il faut toujours parler Deterrage--1-.jpgd'études pour défendre sa position, des études le prouvent de façon de plus en plus éloquente. Nous sommes actuellement en train d'étudier un certain nombre d'ouvrages traitant de la question, bien que nous deterrage2--1-.jpgn'ayons pas besoin de ces lectures pour être préalablement convaincus par la sensibilité et  l'intelligence des "personnes animales".

 

 

Voici la définition du déterrage proposée par Wiképidia :

"Dans certaines régions, il existe un loisir ou mode de chasse dit « déterrage », dont le but est d'attraper le blaireau enterré au fond de son trou, en creusant pour atteindre une chambre du terrier et en utilisant des chiens spécialement dressés pour mettre le blaireau à l'accul, c'est-à-dire le coincer au fond de son trou. Certains déterreurs reconstruiront le terrier au mieux pour pouvoir revenir déterrer l'année suivante, mais il est bien difficile de recréer des galeries en terre ; cette reconstruction s'effectue en plaçant des morceaux de bois que l'on recouvre de terre afin de ne pas détruire l'habitat naturel."

 

Quel magnifique loisir que voilà ! Comme il est plaisant de s'arroger le droit d'aller faire souffrir gratuitement un animal tranquillement endormi ... Et pour ne pas se priver d'un tel loisir, on tente d'offrir un nouvel abri pour l'animal persécuté afin de mieux venir l'en déloger ensuite. Comme cela est honorable et loyal ! Selon Wikipedia encore, les animaux ne sont que parfois mordus par les chiens, (ce qui est faux, il aurait été plus juste d'écrire qu'au mieux ils ne sont que mordus par les chiens), et la plupart du temps graciés pour qu'un cheptel suffisant soit conservé. (Bien évidemment de nombreux animaux meurent).  Mieux encore, il s'agirait tout de même d'une tradition cynégétique. Toutes les traditions méritent-elles d'être perpétuées ? Nous avons une capacité incroyable, celle de la mauvaise foi la plus affligeante qui nous permet par des pirouettes grotesques de justifier ce qui demeure pourtant injustifiable.

 

Ce sont donc les chiens des chasseurs qui vont se charger de mener la première charge. Les animaux réfugiés au plus profond de leur terrier sont bien évidemment terrorisés et sortis de leur sommeil de la plus cruelle des Deterrage--2-.jpgmanières. Viennent ensuite les pinces qui vont aller fouiller et s'immiscer outrageusement chez ces pacifiques animaux. Pour le reste, les photographies parlent d'elles-mêmes.

Vous trouvez ces images insoutenables ? Moirenard16.jpg aussi. Alors pourquoi continuons-nous de nier l'existence de ces pratiques. Si cela présente une gêne que  de les regarder, nous avons le devoir de faire en sorte que cela cesse !

 

badgers-renverse-par-voiture.jpgNous avons déjà privé la grande faune du droit fondamental qu'elle avait d'exister dans notre pays et dans bien d'autres endroits, allons-nous aussi admettre qu'un tel traitement soit réservé à ces malheureux ? Que repproche-t-on au renard cette fois ? De manger occasionnellement les poules avant nous ? Et au blaireau ? Ah oui, c'est vrai qu'il est très plaisant d'aller le chercher au plus profond de son antre. La chasse à courre a été abolie en Grande Bretagne (c'était pourtant une tradition, non ?). Je connais cette pratique, je suis moi-même cavalière et avais dans mon entourage certaines personnes qui participaient à de telles persécutions. Non seulement, les chevaux souffrent (voulez-vous courir un marathon effréné de plusieurs heures avec un gus sur votre dos ?) mais les animaux traqués vivaient un véritable enfer, certains épuisés et terrifiés  mourraient d'une attaque cardiaque. En France, nous sommes encore le refuge de cette affreuse pratique (mais attention, elle fait très chic !) et ajoutons que  la pratique du déterrage est légale. J'en profite (et Stéphan publiera très bientôt un article à ce sujet) pour signaler un grand massacre de blaireaux actuellement en cours dans le département de la Côte d'Or : plus de 2 000 animaux auraient été tués par tir, piégeage et déterrage. Soutenez la campagne d'oppositon à ce massacre sur le site récemment créé : http://www.blaireaux.info/ Le blaireau est protégé dans bon nombre de pays : Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal. Néanmoins, l'Allemagne et la Suisse nous rejoignent dans notre joli marasme et organisent encore des championnats de déterrage. A qui la coupe du plus gros et gras imbécile ?

 

Photo ci-dessus, un blaireau renversé par une voiture a été recueilli pour être soigné. Dieu merci ! Certaines personnes soignent plutôt que de détruire ! Quels antagonismes perpétuels chez l'être humain !

 

 

Je continue mon tour du grand écoeurement (au moins, ce sera fait !). Je viens d'apprendre que certains fervents partisans de la tauromachie, tentent, pour sauver cette affreuse pratique, de la faire inscrire au ... patrimoine mondial de l'Unesco ... Les bras m'en tombent. Oui, c'est une tradition. Peut-on aussi considérer que dans certains pays le système reconnu des castes (qui existe de façon informelle plus ou moins partout)  ne pourrait pas rejoindre également le patrimoine mondial de l'Unesco ? C'est une tradition. Et puis aussi, pourquoi pas, le concours de bataille à la bouse de vache. Quoi ? Je viens de lancer ce loisir, et de fait, il deviendra, pourquoi pas une jolie jolie tradition.

 

Je poursuis. Non non, ce n'est pas fini. Nous sommes envahis de mouches. Oui, les vaches traversent notre village et y abandonnent au passage de grosses m... que je récolte en vue de lancer ma nouvelle attraction de concours de lancer de bouses de vaches. Alors, que faire ? On se promène dans les magasins bio, dans certaines grandes surface et là ... Miracle ! On a trouvé un répulsif fabuleux. Attention ! 100 % d'origine naturelle le ... PYRETHRE. Il est issue d'une jolie fleur qui ressemble à nos marguerites. Et comme nous, pays occidentaux, sommes à fond DD (Développement Durable) et bonne conscience, nous réclamons notre insecticide "bonne conscience", 100% d'origine naturelle. Sauf que, ce pyrèthre, il faut bien aller le chercher quelque part : en Europe du Sud mais aussi en Afrique et  en Asie.

 

Dian Fossey, dans son ouvrage Gorilles dans la brume, écrivait déjà à propos du Rwanda  : "En 1969, huit mille huit cents hectares furent pris sur la superficie du Parc National des Volcans pour la culture du pyrethrum, une plante ressemblant à la marguerite dont on tire un insecticide naturel exporté dans les pays du Marché Commun. (...) Vue d'avion, la superficie prise sur le Parc pour les cultures apparaît nettement. Les rangées d'arbres à feuilles persistantes qui marquaient en 1920 les limites de la réserve restaient visibles sur le versant ruandais des six volcans éteints, sentinelles fatiguées montant la garde devant un poste militaire détruit. Au-delà, on apercevait, de place en place, la fumée s'élevant des parcelles où l'on brûlait les Hagenia, pour préparer les champs à la culture du pyrethrum. Le Parc National des Birunga a été amputé de 8 800 hectares où vivaient des gorilles, des éléphants et des buffles pour la culture du pyrethrum.  En 1967, un an avant ce voyage en avion, j'avais rencontré un groupe de gorilles qui venait d'être privé de son terrain habituel et avait été obligé de remonter sur les pentes du mont Visoke. Je les avais vus pour la première fois dans une forêt d'Hagenia qui fut transformée plus tard en terrain de camping pour touristes".

 

Edifiant, non ? De semblables pratiques perdurent et se développent. Le pyrethrum est un tel succès qu'il faut bien trouver la place pour le cultiver. C'est même devenu une "culture écolo" ! 

 

De fait, les deux causes principales du déclin considérable des gorilles de montagne sont l'extension des terres cultivées empiétant toujours davantage sur leur propre territoire et lieux de vie ainsi que le braconnage.

Celui-ci fut aussi encouragé, à une époque encore très proche, par la demande de certains zoos européens, qui voulaient leur bébé gorille. Ils se justifiaient en prétendant parfois, qu'ils concoureraient à protéger l'espèce qui, si elle venait à disparaître de son habitat naturel, continuerait de subsister derrière les barreaux de leurs institutions. En réalité, les intérêts de conservation étaient bien loin de leurs considérations. Capturer un bébé gorille nécessitait bien souvent l'éradication du groupe dans sa totalité car celui-ci se mobilisait pour défendre le petit. Il fut encouragé encore par les touristes qui appréciaient les mains de gorilles. Celles-ci orneraient bientôt leurs tables de salons et feraient-là un joli cendrier, très original et so chic. Les têtes sont aussi de bien beaux trophées de chasse, etc.  Je reviendrai certainement sur l'ouvrage à mon sens fondamental de Dian Fossey lors d'un prochain article. Cette femme a porté sur ses épaules une cause pour laquelle elle aura sacrifié sa vie. Jamais elle ne se sera remise de la mort de son cher Digit, ce gorille dont elle était si proche et qui lui "donnait la main". C'est un corps affreusement mutilé qui lui fut ramené. Digit s'était battu pour tenter d'empêcher le rapt d'un bébé gorille. Il aura payé ce courage de sa vie.

 

 

Je poursuis donc la liste des scandales ordinaires.

Les émissions de décoration envahissent nos écrans. En cela, qu'y a-t-il de gênant ? Tant  se sont pris au jeu que nous sommes nombreux à repeindre nos intérieurs tous les deux-trois ans. Et nous voulons, comme Damiso, la peinture couvrante monocouche !  Youpi. Pour que ladite peinture monocouche, en plein boum, dispose d'un fort pouvoir couvrant il lui faut du titane, vous le savez si, comme nous, vous avez regardé l'émission "Capital" hier soir. Ce minerai est très rare. Et c'est, entre autres, Madagascar qui a tiré le gros lot. Exit les forêts vierges qui recouvraient le gisement de titane. Rasibus. Mais comme l'expliquait l'ingénieur anglais travaillant sur le chantier, le titane c'est de l'or noir et avec, on peut faire beaucoup d'argent. Nous voilà bien rassurés. Encore plus quand on sait que cette exploitation a prévu de creuser, de récurer les lieux pendant encore 50 ans. Ca, c'est durableeeeuuuuuuu. Comme cela, nous pourrons encore pendant de nombreuses années, transformer nos pièces au gré du "C'est mon choix" pour une ambiance bleu océan, vert nature profonde, orange Arizona, jaune soleil d'été, gris fraîcheur d'hiver, etc. Ouf.

 

mobilier-jardin-resine-tressee-gloster.jpgAllez, je finis là dessus. Le rotin, c'est pas bien parce que la pluie, ça le pourrit. Le teck c'est pas bien, parce qu'il n'y aura plus de forêt demain.  Non, la révolution pour être dans le  vent, c'est d'équiper son jardin vraiment, avec un beau salon en RESINE TRESSEE. C'est ni plus ni moins que du plastique, dérivé du pétrole.  Le plastique c'est fantastique.  Et ça marche du tonnerre. On en  produit aujourd'hui à plein régime, en Asie et en Chine évidemment. Offrons-nous notre part du rêve ! J'adore, avec la piscine dans le fond. On s'achète le salon et après on sera bien, mais bien.

 

Mémo. Programme du week-end :

1°) Traiter la maison contre les indésirables mouches et moustiques à grand coup de pyrèthre 100% d'origine naturelle, pris sur la forêt, peut-être celle des rarissimes gorilles de montagnes,  

2°) Repeindre TOUTE la maison. Relooking estival oblige. Et tant pis pour la forêt malgache, certains villageois malgaches. Chacun sa m... 

3°) Ne pas oublier d'aller acheter le nouveau salon de jardin d'origine pétrolifère. Profitons-en tant qu'il y en a encore ! 

4°) Et enfin, ne surtout pas oublier de dire aux enfants de trier les déchets et de fermer les robinets en se brossant les dents. Mince alors ! C'est quand même l'année de la biodiversité et l'époque DD, non ? Ah ! Il faut rabâcher et rabâcher pour que ça rentre. Sacrés marmots va !

 

 

Voilà mon pot-pourri du moment. Je suis un peu amère, je le concède. Parfois, je me dis m.... (quand on sort des grossièretés ça soulage bien plus que de rester polie, et je suis assez douée dans cet art, ce qui n'est pas à mon honneur) pourquoi tenter de faire changer les choses alors que nous sommes rendus si loin dans le non respect du vivant, dans le règne de la consommation à outrance, dans un capitalisme effrené. Oui, vraiment, parfois c'est beaucoup trop pesant et l'envie de tout laisser baller devient vraiment tentante. Pourquoi torturer ses sens inutilement ?  Pourquoi se battre contre une partie de sa propre nature ? Je suis une consommatrice qui tente de se soigner et de faire au mieux. Pourquoi tant de souffrance alors que tout semble perdu d'avance. Car c'est une vraie souffrance que d'être traversé par tout cela, que de ne rien pouvoir faire sans se poser de questions. Encore une fois, je crois que c'est parce qu'il y a cette incapacité à agir autrement, parce que l'amour de la nature est bien plus fort que tout le reste. Mais quel amour exigeant et difficile, quel sacerdoce.

 

Apprendre à abandonner sa colère pour être mieux, plus apaisé, plus efficace. Voilà encore un apprentissage rude mais indispensable. Pour le moment, force est d'admettre que nous sommes encore au niveau de la maternelle. Mais il faut poursuivre les efforts, comme disait la maîtresse (oups pardon ! la professeure des écoles !).

 

Et pourquoi tant de dépit vis-à-vis de nous-mêmes ? Parce que ce qui est le plus difficile à accepter, ce ne sont pas les erreurs passées. Elles sont faites, c'est ainsi. Si elles sont reconnues, il faut s'en aller au-delà, les dépasser, même si c'est dur de ne pas poursuivre l'auto-flagellement stérile. Mais nous pourrions nous dire que nous étions petits et qu'on ne peut reprocher à un enfant d'être un enfant. Mais, ce qui est difficile à supporter, c'est que tout continue encore alors qu'on entend un sempiternel discours "vert", DD qui voudrait nous faire croire que les consciences s'éveillent véritablement et efficacement. Bien sûr, on nous trompe aussi et il faut donc apprendre la vigilance si nous souhaitons réellement progresser dans notre rapport à la nature.  C'est cette capacité à se mentir et à mentir pour ne rien devoir changer à ses confortables habitudes qui représente un véritable malaise. Je n'achète plus de teck, c'est mal, mais je ne me pose pas de questions sur le magnifique salon de jardin en plastique style rotin que je viens d'acheter. Nous vivons dans ces contradictions permanentes, qui, à mon sens, n'ont rien de confortables. Le confort passera, il me semble, par un véritable changement des moeurs, une évolution radicale de nos sociétés qui deviendraient enfin cohérentes. CELA PASSE PAR UN GRAND ET VERITABLE RESPECT DE LA NATURE.

 

Des-animaux-bien-vivants--2-.jpegCe soir, nous partons fêter la musique au coeur d'un lieu sublime, où la forêt murmure de douces mélopées, tout près de l'antre d'animaux magnifiques, qu'on appelle blaireaux.

 

Marie

 

Clichés :  http://www.abolition-deterrage.com/photo_deterrage_blaireau.htm ;

 http://www.antichasse.com/cruelle_deterrage.htm ; 

 http://www.leblogdeco.fr/wp-content/2008/07/mobilier-jardin-resine-tressee-gloster.jpg ;

http://fetesdumonde.wordpress.com/2008/05/16/france-le-terroir-de-la-honte/ ;

http://img118.imageshack.us/i/blaireau3xc3.gif/ ;

http://www.animauzine.net/deterrage.html ;

 http://animation-fan.skyrock.com/2269955195-Halte-au-deterrage.html ; http://tcmada.zeblog.com/page/2

 

 

florence abadie - haute pyrénées 09/07/2010 15:51


réaction rapide suite à la lecture de ce coup de gueule, sans aucun doute, vous avez tout à fait raison de déplorer ces pratiques ; je me sens comme vous sans arme véritable pour faire arrêter ces
massacres. Je crois que, nous défenseur de la nature, nous avons peu de poids face à la bêtise de tant d'im... qui se croivent tout permis par rapport à la nature : aucun respect, amusement cruel,
bête et méchant. je me sens lâche par rapport à vous ; vous êtes plus courageux que moi de vous renseigner et d'informer sur toutes ces horreurs. je sais que vous n'êtes pas tous seuls à agir pour
cela, mais les mentalités changent tellement lentement...

en lisant au fur et à mesure vos articles, je réalise que nous avons les mêmes aspirations de protéger la nature sous toutes ses formes, mais pas les mêmes manières de le faire. c'est surement dû à
nos caractères, nos enfances aussi.
en tout cas, c'est plutot bien, car complémentaire.
moi, j'ai l'envie depuis l'adolescence d'expliquer, de montrer sans relache aux enfants, les merveilles, les fragilités de la nature, d'être positive aussi en parlant de toutes ces intiatives
réussies pour préserver le moindre bout de nature. Avec cette nouvelle génération d'enfants, je suis de plus en plus convaincue que de leur faire vivre des moments dans la nature les conduira sans
qu'ils en soient conscients au départ à du respect et l'envie de protéger cette nature, car ils se sentiront faire partie d'elle. mais là encore le chemin est long, car une sortie ne fait pas tout,
il s'agit finalement de remplacer le rôle de tant de parents qui ne sortent plus leurs enfants dans la nature. l'habitude se perd, les enfants sursautent à la vue du moindre insecte, sont effrayés
à l'idée d'appercevoir la queue d'un serpent...sans parler de l'idée de voir un blaireau ! alors qu'il suffit de prendre le temps de regarder avec eux, pour qu'ils apprécient ! le même travail est
à faire avec les adultes, mais c'est moins facile, en tant qu'animatrice.
pourquoi ne pas organiser des sorties pour observer les animaux ? comme vous le faites apparemment souvent entre vous.
florence


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 10/07/2010 23:22









Bonjour Florence,





Nous te remercions de ton long et sincère message. Oui, nous sommes complémentaires et bien des manières existent pour susciter le
respect de la nature.





Tu as raison quand tu écris que les moments passés dans la nature sont fondamentaux pour espérer un
changement, tant pour les enfants que pour les adultes, surtout dans une société comme la nôtre qui abreuve les gens d’images stériles.





Nous envisageons en effet des sorties et des initiations selon nos expériences.





Il s’agit de faire en sorte que l’observation de la nature soit une activité culturelle aussi importante
que peuvent être les arts ou les sports.





Bon été,


Stéphan 




Jeno l'écolo 24/06/2010 20:30


je suis bien d'accord.
C'était pour le clin d'oeil.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 10/07/2010 23:26



J'avais bien compris et  c'était très à propos !





Bonne fin de soirée,


Marie



Jeno l'écolo 24/06/2010 10:22


Comme le dit Luce Lapin dans le Charlie Hebdo de cette semaine, il s'agit de massacres de Blaireaux par des beaufs de "blaireaux".


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 24/06/2010 14:58



Ce jeu de mot est assez drôle, en effet ! Néanmoins, je trouve que nous devrions changer de qualificatif pour parler des
"blaireaux humains" (pardon pour les blaireaux !) car c'est une insulte pour ce merveilleux animal qui n'a rien d'un blaireau tel qu'on l'entend chez les hommes ... Heu ... Je ne sais pas si j'ai
été claire !!!





Bonne journée sous ce beau soleil estival !


Marie



Jeno l'écolo 23/06/2010 22:01


Là encore, ce discours est le mien.
Quelle souffrance, en effet, cette impuissance devant la souffrance des plus faibles et des plus innocents!
Mais surtout, jamais ne ressentir la haine ni le mépris! Dire, parler, communiquer, expliquer, écouter aussi et peut-être surtout écouter.
Et pour survivre et durer, ne pas vouloir porter le monde sur ses épaules.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 23/06/2010 23:02



Bonsoir Jenofa,





Merci pour ce nouveau commentaire, très sage ! Oui, c'est une vraie souffrance que de ne pas savoir comment agir pour soulager ces innocents qui souffrent, que de
supporter toutes ces contradictions permanentes, ces mensonges aussi qui nous font croire que nous avons pris réellement conscience du changement de rapport à la nature que nous devrions avoir
véritablement amorcé. Difficile de constater qu'on utilise le terme de "nature" en permanence loin du sens qui est le sien, il est devenu très à la mode, on l'évoque trop souvent de manière
éhontée. 





Quant à la colère, elle est humaine et ne peut toujours être tout à fait écartée mais il faut lutter pour s'en éloigner le plus possible car elle est mauvaise
conseillère. Et ouis de temps en temps, s'offrir la liberté de pousser un bon coup de gueule, cela fait du bien et comme dit Stéphan : "ça libère !"





En outre, il faut aussi regarder ses propres contradictions pour prétendre regarder celles des autres car il ne s'agit pas de se sentir au dessus du
panier ! En ce qui me concerne, j'ai encore beaucoup à progresser !





L'écoute est primordiale pour comprendre, c'est vrai et aussi pour apprendre. Il faut aussi savoir prendre du recul pour s'apaiser, conserver ses forces et être plus
efficace. Là encore, l'apprentissage est ardu mais nous sommes aussi là pour apprendre ...





Bonne nuit,


à bientôt, 


Marie





et longue vie aux renards, blaireaux, forêts, à la NATURE ! Une vie où nous aurons appris à la préserver réellement et à la RESPECTER !



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