Quelques "fous" du temps long

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

– ANNICK SCHNITZLER

 
Lors du colloque « Biodiversité, Naturalité, Humanité », à Chambéry, en octobre 2008, Annick Schnitzler, professeur en phyto-écologie à l’université de Metz et membre fondateur de « Forêts sauvages », m’avait lancé :

 

- Mais pourquoi vous voulez relâcher des ours dans les Pyrénées ? C’est encore une gestion de la nature, vous les attrapez dans leur forêt où ils sont tranquilles. Pourquoi ne pas attendre qu’ils reviennent d’eux-mêmes, c’est possible ? »

 

- Oui, à long terme par l’Espagne du Nord-Ouest, cela pourra prendre un siècle, plus peut-être, c’est difficile à dire.

 

- Eh bien, attendez !

 

 

– GERMAINE HAINARD-ROTEN

 

« On pose la main sur l’écorce un beau grand beau arbre, on dit : « Toi, tu dureras plus longtemps que moi ! » Parce que, après tout, ce n’est pas si important, nous. Ce qui est important, c’est ce qui continue, ce qui a été avant nous et qui sera après nous, n’est-ce pas ? »

Extrait de La Relève des Muses, Valentina Anker, L’Age d’Homme, 1983

 

– ROBERT HAINARD

 

« L’OURS REVIENDRA AU JURA

 L’ours, Robert ne l’abandonnera jamais. Au mois de février 1991, avec Pierre, il intervient en Vercors en soutien de l’association Artus qui prépare le retour de la bête, martelant une phrase de l’artiste : « On mesurera un jour le degré d’une civilisation non pas à ce qu’elle aura pris à la nature mais à ce qu’elle lui aura laissé ou rendu. » (…) Ce printemps 1991, Archibald Quartier repart en campagne. « Pour l’ours, il faut s’y remettre en Suisse. » Curieusement, Robert Hainard est serein, il en est persuadé, l’ours reviendra au Jura à la faveur d’une vaste réforme, quand le système sera dans l’impasse. (…) »

 

Extrait de ma biographie Robert Hainard, Chasseur au crayon, Fondation Hainard – Hesse, 2006

 

– CLAUDE DENDALETCHE

 

« Les Pyrénées étouffent de leur petitesse et la marée du troisième millénaire sera partout en leur intimité. Les étoiles de l’infini cosmique veillent sur nos montagnes et épandent leur clarté transcendantale sur l’agitation des hommes. Elles sont garantes de la pérennité de la vie et, même s’il n’y a plus d’hommes sur terre, il restera toujours des fleurs. Les fleurs regarderont les étoiles et l’énergie cosmique inondera la terre d’une nouvelle vie. La vie est promesse de vie et l’agitation des hommes dérisoire. Rejoignons donc par le rêve l’éternité cosmique »

 

Extrait des Carnets d’un naturaliste pyrénéen, Denoël - Marrimpouey Jeune, 1979

 

– FRANCOIS MERLET

 

« Pourrais-je écrire, près de vingt années plus tard, soit le 15 septembre 2005,

l’Ours est mort !

Vive l’Ours ! ?

C’est la Vie qui décidera… »

 

Dédicace de l’auteur à mon exemplaire de la deuxième édition de son Ours, seigneur des Pyrénées, éditions Erables, 1988

 

– BERNARD BOISSON

 

« Le Primordial est né avant notre conscience,

ouvre  notre conscience et se continue au-delà de notre conscience,

sans que nous sachions l’origine et le terme de ce qui nous ranime,

et nous sommes restés intimes avec le sens du monde

autant que nous nous sommes oubliés à nous-mêmes. »

 

Extrait du texte « Le primordial », La Forêt primordiale, éditions Apogée, 2008



Stéphan

Crédits : Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

 

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