Rentrée littéraire d'Artzamendi : "Autrefois", de Paul Fort

  • Stéphan et Marie Carbonnaux

Paul-Fort.jpgA l'occasion de la rentrée, nous vous présentons ici un superbe texte du grand poète français Paul Fort (1872-1960), élu "Prince des poètes" de 1912 à sa mort, connaisseur hors pair de la poésie française, et défenseur isolé pendant des décennies du genre de la ballade. 

 

Le poème "Autrefois" est extrait d'une édition moderne (Flammarion, 1983) offrant une sélection de textes depuis le premier volume des célèbres Ballades, paru en 1897, jusqu'aux derniers poèmes parus en 1958.

 

En cette "rentrée littéraire", nous vous invitons à prendre les sentiers perdus et à découvrir des oeuvres puissantes comme celles de Paul Fort.

Il fait assurément partie des artistes qui ont chanté la nature, les beautés de la France et ses légendes, comme peu sont capables de le faire.


 

 

 

« Autrefois »

 

 

 

 

« N’y avait ni forêt de Paimpont, ni de Rennes, de Lorges, de Huelgoat, ni de Lanloup. Y avait une immensité de vieux grands chênes, de grands vieux hêtres, quoi ! vieux grands arbres partout.


Leurs fronts lourds de vent libre étaient pleins de tempête, cependant que leurs pieds d’esclaves étaient doux, laissant muser sur eux les fourmis en chaînettes. Eperdus de langeur, ululaient loin les loups


enfoncés dans la tourbe ou l’humus ou les brandes. Et cela se nommait l’énorme Brocéliande – d’où sortaient, qui vers l’or des sables se perdaient, l’Aven, l’Odet, l’Elorn, l’Aff-Noir et le Blavet


aux flux, reflux sorciers, aux bords ensorceleurs tout remplis d’antres, de mystère, de terreurs. Mais – au centre du gouffre d’abres – Dieu voyait Myrdhinn de ses mains fines dresser un palais


où Viviane (elle-même, et cent ans ! sous des lacs) mît en prison de baisers Lancelot du Lac. Tout, ffrrt ! a disparu sous l’épée de Gaël/ Myrdhinn construit toujours sur un sol éternel


des palais éternels à d’éternels amants. Les rivières chassées pleurèrent des étangs. Mais en forêts s’était divisée la Forêt, mille à peu près du Raz de Sein à Rambouillet. »


 

Ballades françaises, Paul Fort, Flammarion, 1983.

 

 

A écouter, cette courte vidéo de 1971, où Georges Brassens, en compagnie de la femme du poète, parle de l'importance de l'oeuvre de Paul Fort dans son travail :

 

 

http://www.ina.fr/video/I00015069

 

Et cette autre vidéo, de 1962, où Brassens rend hommage au poète :

 

http://www.ina.fr/video/I00014824

 

 

Source de l'image : http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fsoleildanslatete.s.o.pic.centerblog.net%2F4wwaihhp.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.centerblog.net%2Flivre%2F127506-5100476-paul-fort-presque-un-voisin-&h=450&w=337&tbnid=8cAyUzsLjgN3mM%3A&zoom=1&docid=WYedZToYhBd77M&ei=Po8HVMa7DMjC7AafqIDYAg&tbm=isch&client=firefox-a&iact=rc&uact=3&dur=3045&page=1&start=0&ndsp=30&ved=0CGQQrQMwFA


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