Requiem pour l'ours

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Voila enfin le complément au précédent article. Je ne vais pas m’appesantir, d’autant que Stéphan va (très bien) prendre ma suite et développer ce que nous pensons. Ces deux articles, je le précise car apparemment le message n’a pas été compris clairement par tout le monde, sont un cri d’amour pour l’ours et au-delà pour la nature. C’est cet amour qui m’anime, cet amour qui me pousse à crier « Stop aux actions précipitées et mal menées ». Egoïstement, bien sûr qu’il me plairait de connaître de mon vivant des ours qui gambadent dans les Pyrénées. Mais, vu la façon dont les lâchers, la politique et les actions sont menées, j’ai de gros doutes quant à la réussite de cette entreprise, ni rondement, ni noblement incarnée. Que puis-je espérer au mieux ? Quelques animaux, évoluant périlleusement sur un fil d’équilibriste, équipés de colliers et d'émetteurs récepteurs, dont on aura arraché quelques dents au passage ... Non, non et non ! Je préfère qu’un travail de préparation sérieux, indispensable bien qu’ingrat, je veux bien le reconnaître car il est mené dans l’ombre et sans aucune reconnaissance publique (ce qui n’est pas à la mode actuellement !) soit mené. A ce moment là, nous pourrons reparler de l’arrivée de nouveaux plantigrades car c’est leur intérêt qui m’importe avant tout. Sachez que je n’ai pas utilisé les clichés qui illustreront mon propos de gaieté de cœur. Cela m’a été extrêmement pénible. Je ne connaissais pas la plupart d’entre eux car il m’était insupportable de regarder ce dont nous portions le poids, mais aujourd’hui, il est temps d’ouvrir véritablement les yeux. NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES.

 

Liste non exhaustive de ce qui me préoccupe :

 

ðJe ne supporte pas la façon dont les lâchers sont orchestrés, depuis la capture de l’animal jusqu’à son lâcher.

Vous pourrez vous faire votre propre opinion en cliquant ici et en visionnant l'émission d'"Envoyé Spécial", consacrée à l'ourse Palouma, avant que ne soit connue l'issue fatale qui lui était finalement réservée.

ðJe tremble pour lui à chaque fois qu’il a frôlé la catastrophe (à titre d’exemple : amendement Bonrepaux).

 

« Autre épisode, mercredi l'amendement Bonrepaux qui dans le cadre de la loi sur la chasse demande la capture des ours slovènes réintroduits en Pyrénées centrales est sorti du Sénat... intact. Il a été adopté dans les termes proposés par le député ariégeois par une majorité sénatoriale de droite. »

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2000/05/27/93940-Les-anti-ours-n-hibernent-pas.html 

 

ðJe m’agace quand je lis la chronologie de la politique ursine.

 

ðJe m’offusque quand je constate certains fonctionnements associatifs.

 

ðJe me questionne sur les difficultés incroyables à se sortir la tête du sable, à effectuer un travail de remise en question, à comprendre le pourquoi des échecs passés et cette obstination absolue à continuer indubitablement dans la même direction.

 

ðEt je maintiens que, s'il est vrai qu’il est chimérique d’attendre que tout le monde accepte le retour de l’animal, nous portons aussi la responsabilité de la rupture du dialogue qui a conduit à une situation de blocage total. Et je dirai même (certains vont sauter sur le siège, tant pis) que la façon dont les lâchers d'ours de 2006 se sont déroulés ne pouvait qu’induire certaines réactions extrêmes, qui bien qu’elles ne soient pas excusables, surtout lorsqu'elles s’attaquent à un innocent pris au milieu de la folie des hommes : l’ours, sont aussi de la responsabilité de certains défenseurs de Martin.

 

Requiem pour l'ours

Cette musique sacrée, il l'a mérite bien, et c'est un hommage que d'accompagner son martyre avec elle. Le sacré sied à la pureté, c'est dans la nature et auprès des animaux, que je vais me baigner à cette pureté qui nous fait souvent cruellement défaut.
Lancez donc la musique ...
 

 

 

™ Pestoune, dit Lagaffe, ourse pyrénéenne, a été capturée, en Haut Béarn en juillet 1992, sur ordre de l'Etat et sous la pression de certains élus. A l'époque, Claude Dendaletche alors président du comité scientifique du parc national avait écrit que le projet de capture de cette ourse accréditait "l'idée (fausse) qu'on ne dispose pas assez de connaissances pour protéger efficacement les biotopes de l'ours. Elle conforte une sorte de fuite en avant technique qui reporte à toujours plus tard la résolution des vrais problèmes (biologiques, sociologiques, économiques) d'aménagement de l'espace." Selon bien des sources sérieuses, cette ourse a été tuée en 1993 ou 1994.

™ Claude, avant-dernière ourse pyrénéenne, est tuée lors d'une battue aux sangliers en haute vallée d'Aspe, en novembre 1994, dans une ex-réserve dite réserve "Lalonde", dont l'arrêté de création a été abrogé en décembre 1993.

™ Papillon, le dernier patriarche pyrénéen, mort en juillet 2004, très probablement des suites de son opération visant à lui implanter un émetteur récepteur dans l’abdomen. Il avait été capturé sur pression d'éleveurs du pays Toy, aujourd'hui encore mieux organisés. Plusieurs plombs ont aussi été retrouvés sur l’animal. Je cite Stéphan qui avait su dire, avec toute sa sensibilité, le calvaire de cet animal : « Si officiellement il était question de lui poser deux mouchards, l’un au cou et l’autre plus petit dans ses chairs, la vieille bête édentée fut également délestée d’une prémolaire. »

Papillon 3  Papillon 1
Papillon 2  Papillon 4

Source : "Les secrets volés de Papillon", illustrés de clichés (origine inconnue), publié sur La Buvette des alpages

™
 Cannelle, dernière ourse pyrénéenne, morte en 2004, tirée par un chasseur.

03 mort ourse canelle ourse-Cannelle4.jpg tete cannelle

Sources : planete-dechet.wifeo.com ; domino.fansforum.info, http://1.bp.blogspot.com/

 

™ Mellba, ourse slovène, morte en 1997, tirée par un chasseur., ci-dessous lors de son lâcher en Haute-Garonne, au printemps 1996.
mellba_lacher_melles.jpgSources : http://www.loup-ours-berger.org


« Les montagnards resteront maîtres de leur territoire, ils lutteront plus unis que jamais contre le plan ours" 
(Militant anti ours).
source :
www.rfi.fr/actufr/articles/077/article_43623.asp

 
™ Franska, ourse slovène, morte en 2007, renversée sur la route d'Argelès-Gazost, après avoir été traquée par des éleveurs.

Franska-090807 Franska lors de sa capture et sur la route ...
Franska
OURS-Franska-Mort-02  

Sources : www.futura-sciences.com/.../Franska-090807

™
Palouma, ourse slovène, morte d’un « accident », une chute en montagne, en haute vallée du Louron, à l'été 2006, aurait été dérangée par des battues.

palouma2
Lors de sa capture ...

Source : http://www.paperblog.fr/1035386/aves-france-publie-lhistoire-de-lourse-palouma/ 
http://www.loup-ours-berger.org/images/palouma_transport.jpg

arrivee ourse palouma arbas

Voilà ce qu’a nécessité, comme dispositif de sécurité, l’arrivée de Palouma. Cela n’a d’ailleurs pas suffi à empêcher que la première tentative de lâcher échoue. Qu’a pu ressentir l’animal, déjà bouleversé ?


Source :http://www.loup-ours-berger.org/images/arrivee_ourse_palouma_arbas.jpg

r384 arbas

Et voilà une partie du comité d'accueil.
Source:
www.pyrenees-decouverte.com/.../r384_arbas.jpg


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Boutxy, ours slovène, renversé par un minibus en Ariège, en août 2008, blessé.

™
Balou, ours slovène, blessé par balle en Ariège, en septembre 2008.

Ci-contre : couloir où Balou a été blessé ; ci-dessous : sang de l'ours

Clichés : tous droits réservés


™
Hvala, ourse slovène, a frôlé le grave accident de chasse en Val d'Aran, à l'automne 2008.

™
Pyros, Boutxy et Hvala, ours slovènes, ont subi des tirs, d'après des témoignages recueillis par des naturalistes pyrénéens.

Sur huit ours réintroduits, déjà trois femelles sont mortes. D’autres animaux ont été blessés. Cet été, le président d'une association ultra-pastorale annonçait la mort par braconnage de deux ours en Haute-Ariège.


Je répète ce que j'ai dit, j'espère que d'autres réintroductions n'auront pas lieu. Accomplissons d'abord le travail qui nous revient au lieu de faire porter tout le poids de la réussite de l'entreprise à un animal qui n'a rien demandé. Ensuite, peut-être, réviserai-je ma position.
N'oublions pas que c'est par notre faute s'il se fait rare dans les Pyrénées et si la France en général est privée d'une partie de sa grande faune. C'est à nous qu'il revient de réfléchir à ce que cela induit. En aucun cas, aux victimes de prendre encore tous les risques.

C'est à peu près comme si le hérisson, disparu ou se faisant dangereusement rare, "bénéficiait" d'un plan de renforcement sans qu'on ait remédié au problème engendré par l'intense circulation routière, et nos modes de vie. 

Réfléchissons à ce que nous sommes nous-mêmes, au point (de rupture) où nous sommes rendus et travaillons sur ce qu'il nous faut revoir. La tâche est rude, ardue et longue car personne n'est encore vraiment prêt à regarder ce que cela implique au sein de sa propre existence. De ce point de vue, il est bien plus aisé d'aller chercher des ours en Slovénie ce qui ne changera rien, cela s'entend, au triste état dans lequel nous avons plongé le monde.

Lorsque je lis que rien n'évoluera jamais : que les hommes n'accepterons pas plus demain qu'aujourd'hui la présence du plantigrade dans les Pyrénées, je souris. C'est accorder beaucoup trop de pouvoir à l'homme. C'est regarder les choses sans prendre le recul nécessaire. Nous savons bien que demain sera très différent d'aujourd'hui, que nous le voulions ou non, c'est là une réalité scientifique et  il se peut que, bientôt, nous regardions, ou que nous soyions contraints de regarder le monde, tout autrement. Œuvrons pour amorcer le virage nécessaire. Œuvrons aussi pour nous -mêmes car nous portons également les failles que nous combattons autour de nous.

Marie

"Homme. Animal si éperdu dans la merveilleuse contemplation de ce qu'il pense qu'il est, qu'il néglige ce qu'il devrait indubitablement être"
Ambrose Bierce

"Que chacun s'efforce, dans le milieu où il se trouve de témoigner à d'autres une véritable humanité, c'est de cela que dépend l'avenir du monde"
Albert Schweitzer

« L’ACTE n’est plus réparation

On ne peut plus réparer.

L’aide n’est pas réparation.

Peux-tu recoller le fruit à l’arbre ?

LUI, IL ne recolle pas, mais fait grandir.

SA MAIN EST PROCHE, ET C’EST TOI-MÊME.

Sois son aide, et tu sauves le monde ! »

 

Loïc 02/11/2009 18:22


Bonjour,

Quel bonheur, Marie, de lire "Non à de nouvelles réintroductions de plantigrades en France !" et "Requiem pour l'ours" et de voir que le fait de vivre dans les Pyrénées te fait prendre conscience
qu'aucun combat ne peut se gagner sans l'assentiment des autochtones. D'ailleurs, quand tu parles des gens, j'ose espérer que tu penses aussi aux éleveurs. Tu connais tout de même bien le métier
des éleveurs. C'est 365 jours de travail, peu ou pas de vacances (difficultés pour se faire remplacer et trop onéreux), des nuits sans dormir pour surveiller les mises bas…. Je ne m'en plains pas,
j'aime l'élevage et le monde animal en général. Je ne vais pas non plus t'apprendre ma passion pour les chevaux mais je ne sais pas si tu te souviens de mon immense chagrin quand le poulain de
Sally Lunn est mort au poulinage. Nous avons d'ailleurs tout mis en œuvre pour que Sally Lunn aille élever un autre poulain dont la mère était morte en lui donnant naissance. Elle a sauvé un
poulain et ça, c'était du bonheur mais cela a aussi été la fin de notre élevage de chevaux. Perdre un animal, c'est très dur pour un éleveur et cela n'induisait pas à l'époque de problème
financier. Par rapport à mon métier d'éleveur de bovins, c'est la même chose, je suis toujours malheureux si une vache ou un veau meurt mais, dans ce cas-là, cela engendre en plus un problème
pécuniaire. Tu sais bien que l'on ne devient pas éleveur pour être riche, cela se saurait et, en ce moment, cela ne ferait pas la une des journaux télévisés ou autres. Alors, puisque vous souhaitez
renouer le dialogue avec les Pyrénéens, surtout, n'oubliez pas les éleveurs qui, à l'approche des Fêtes, ne pensent pas forcément aux cadeaux qu'ils vont offrir à leurs enfants (la nouvelle console
ou autre poupée Barbie), mais plutôt à assurer leur quotidien et penser à leur avenir. Gardez bien dans un petit coin de votre mémoire que ce que veulent les agriculteurs des Pyrénées, ce ne sont
pas des indemnités, mais, tout simplement que leur bétail reste en vie. Vous ne pourrez jamais atteindre votre but sans être à l'écoute de tous les gens qui ont fait et qui font encore que les
Pyrénées sont si belles.

J'ai aussi lu vos articles "Les poules préfèrent les cages". Là aussi, tu sais, Marie, combien je suis attaché à l'agriculture familiale et écologique mais avant d'en arriver là, j'ai aussi
pratiqué l'élevage industriel (veaux de boucherie et canards de barbarie). Je ne vais pas vous faire un plaidoyer pour l'élevage intensif mais seulement vous dire qu'il faut et faudra bien nourrir
le monde. Les produits issus de ce type d'élevage sont indispensables car plus abordables pour certains revenus. Les produits biologiques ne sont pas accessibles à tous. Par contre, je vous accorde
que l'agriculture intensive trop concentrée dans certaines régions est totalement insensée. La Bretagne en est un exemple flagrant. Les algues vertes dues aux nitrates polluent l'océan et les
plages bretonnes. Mais, peut-être que si ces élevages avaient été mieux répartis sur l'ensemble du territoire français, on aurait évité toute cette pollution tout en subvenant aux besoins la
population, d'autant qu'aujourd'hui les conditions de vie des animaux dans les élevages industriels sont nettement améliorées (ex. veaux de boucherie en case collective). On peut toujours se poser
des questions par rapport au bien-être des animaux qu'ils soient domestiques ou sauvages. Beaucoup diront, par exemple, que les bovins sont plus heureux en plein air intégral, sans aucun bâtiment
pour se mettre à l'abri. Personnellement, je constate que les vaches dès qu'il pleut, préfèrent s'abriter plutôt que de rester dehors dans la boue jusqu'au ventre, en hiver. Ne vous inquiétez pas
les animaux sont plutôt malins, ils savent très bien ce qui est bon pour eux. Entre l'extérieur, la boue, la pluie ou le froid, ils choisissent l'abri et la paille et quand le soleil brille, ils
sont prêts à retourner dans les prés. Actuellement, je le constate tous les soirs, mes vaches ont la possibilité de rentrer et sortir de la stabulation comme elles le souhaitent et, comme par
hasard, elles rentrent d'elles-mêmes dans leur bâtiment passer la nuit bien au chaud dans la paille. Alors, comment peut-on dire que ces animaux sont plus heureux en plein air intégral puisque
d'eux-mêmes ils choisissent un autre mode de vie. Alors, comme le disait un jour dans un reportage télévisé un directeur de réserve naturelle abritant des animaux sauvages en voie de disparition
par rapport à leurs conditions de vie "Bien que nous ne soyons pas dans leur tête pour savoir s'ils préfèrent ou non ce mode de vie, nous constatons que dans ces conditions, ils se reproduisent et
cela doit être le garant de leur bien-être". Alors, à quoi bon décider pour eux ? Qu'il soit domestique ou sauvage, l'essentiel pour l'animal est qu'il vive heureux.

Quant au problème de l'environnement, je concède volontiers que les agriculteurs ont fait des erreurs quand, pour améliorer la structure de leurs exploitations, le confort et la rapidité du
travail, ils ont rasé toutes les haies et talus mais, dans ce cas, c'est la productivité qui a parlé. A cette époque, on ne parlait pas de pollution . Aujourd'hui, les choses changent, les
céréaliers sont obligés d'implanter des bandes enherbées le long des ruisseaux pour éviter le ravinement et le lessivage afin que nitrates et pesticides ne s'écoulent pas dans les ruisseaux. C'est
une bonne initiative. D'ailleurs, cet état de choses a conduit à des aberrations notamment au niveau de la PAC dont les nouvelles dispositions figent les surfaces en herbe alors que la base de
l'agronomie s'appuie sur les rotations de culture. En effet, une céréale implantée après une prairie n'a besoin d'aucun apport d'engrais azotés, peu ou pas de traitements phytosanitaires. Par
contre, les idéaux excessifs de certains écologistes, souvent repris à des fins électoralistes, entraînent parfois des aberrations de la part de nos bureaucrates de l'agriculture et de nos
décideurs de demain.

Il faut que vous ayez à l'esprit que bon nombre d'agriculteurs aujourd'hui prennent conscience des dérives de l'agriculture intensive et reviennent à des pratiques plus saines pour l'environnement
avec l'implantation de haies bocagères, la mise en place des rotations de cultures et aussi les amendements réalisés à partir du compostage du fumier.
Par contre, il faut faire attention à une nature vigoureuse, peu contrôlée, voire très sauvage. Elle reprendrait, en effet, très vite ses droits en laissant place aux ronces, chardons et autres
vivaces qui envahiront nos campagnes. Quant à la faune sauvage, il faut qu'elle soit régulée. Aujourd'hui, les renards par exemple sont porteurs d'une maladie, la néospora caninum, qu'ils
transmettent aux autres espèces, les bovins notamment, provoquant des avortements. Il ne faut pas non plus oublier que les friches sont les lieux idéaux pour la prolifération des tiques. Bien
entendu, vous n'êtes pas sans savoir que cette toute petite bestiole est très dangereuse pour nos amis à quatre pattes (piroplasmose), les bovins, les chevaux et aussi les humains (voir sur
Internet : nos-poilus-et-nous, les intervenants sur ce site parlent très bien des méfaits des tiques). Si les prairies n'étaient pas entretenues, les fourrages récoltés, le foin par exemple,
seraient remplis de ronces, chardons et autres mauvaises herbes. Dans notre entourage, il est des agriculteurs soit écolos, soit peu courageux, voire même les deux, qui laissent au bon vouloir de
la nature prairies et animaux ce qui entraînent les résultats suivants : des vaches sous-alimentées à l'agonie dans la boue et porteuses de maladies infectieuses ou virales qu'elles transmettent
aux troupeaux sains environnants.

La nature pour qu'elle soit belle et accessible doit être entretenue. Aujourd'hui, afin de la protéger et aussi pour freiner les éléments lorsqu'ils se déchaînent, les agriculteurs plantent des
haies bocagères et, par ailleurs, sont contraints de garder en place haies, fourrés et talus existants pour la protection de la faune.
Tu sais, Marie, que notre exploitation est une réserve de chasse, de faune et de flore sauvages mais cela ne m'empêche pas d'entretenir les herbages et les cultures et, aux dires des touristes qui
sont venus cet été, le paysage qui nous entoure, est superbe.

Alors, pour conclure, je peux vous dire que ce n'est pas en arborant des idées extrêmes que l'on fait avancer les choses mais en prenant le temps d'écouter les uns et les autres et en proposant des
solutions médianes qui ne heurtent pas les individus. Cela a pour bénéfice de les amener à réfléchir et, bien souvent, à adhérer à ses idées.

Loïc


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 02/11/2009 23:15



Bonsoir Loïc,
Très heureuse que le dialogue soit peut-être renoué avec toi. Je ne te rejoins pas toujours (mais cela n'est pas nouveau, c'est ainsi, voyons ... depuis que je suis enfant, non ?!!)
mais en aucun cas je ne souhaite que cela mène à la division. Je comprends que tu puisses penser les choses de manière très différente de moi. Nous sommes tous différents (comme dirait qui tu
sais) et portons en nous un héritage qui nous est propre, fruit de notre histoire, de notre sensibilité, de notre route. Je crois qu'il faut être capable de s'écouter même si on ne se rejoint pas
toujours, je crois à la necessité de créer des ponts qui pourront amener des réflexions nouvelles.

Et surtout, les divergences d'opinion ne doivent pas conduire à des ruptures douloureuses car il est possible de se voir pour ce qui nous rassemble en écartant, le temps de moments partagés, ce
qui nous divise.

Quant à l'ours, j'ai toujours été opposée à des lâchers dans les conditions actuelles et au vue de la façon dont ils sont menés, je n'ai pas changé d'opinion. Je les respecte et les aime trop
pour les exposer d'une façon que j'estime capricieuse dans les Pyrénées.

Enfin, quand je parle d'une véritable rencontre avec les Pyrénéens, je n'exclus personne et surtout pas les éleveurs.

A bientôt ... ?
Marie



Christophe 27/10/2009 23:50


Je ne sais toujours pas si je comprends ce que tu souhaites exprimer. Plus je te lis, plus je me pose de questions. Le dernier paragraphe est un peu trop ésotérique pour moi. Annoncer la fin du
monde actuel est pour moi accepter qu'on ne peut rien faire et qu'on est condamnés. Mais comme je te l'ai dit, plus je te lis, moins je comprends. Mes neurones ont dû rester en vacances, loin, très
loin de la philosophie.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 28/10/2009 00:20



Ce blog permet d'exprimer ce que nous ressentons, de façon personnelle sur notre rapport à la nature. Lorsque j'annonce la fin du monde actuel, c'est tout sauf une
invitation à ne rien faire, bien au contraire. Comme je te l'ai écrit juste avant : "travaillons". Ceci est tous sauf une invitation à ne rien faire, non ? La fin du monde actuel peut
annoncer un renouveau. Par ailleurs, ce blog n'a pas vocation à convaincre, c'est un moyen d'expression pour nous, où il nous est possible d'exprimer nos émotions, bien loin des travaux
universitaires auxquels j'étais habituée. Il n'y a rien de complexe dans l'article, trop d'ours sont morts, il y a un travail préalable indispensable à mener avant d'envisager
lâcher de nouveaux plantigrades. Ceci est quasiment exprimé mot pour mot dans le texte. Peut-être que tu n'adhères pas à la présentation et à la façon, peu habituelles dont j'ai exprimé
ce que je ressens, mais comme c'est très personnel, cela ne m'étonne pas beaucoup, nous ne disposons pas tous de la même sensibilité. Pour le reste, le contenu des phrases parlent
d'elles-mêmes.   



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