Entretiens de Bourges : Rivières et forêts sauvages, est-ce encore possible en France ?

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

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Ci-dessus : quelques petites centaines d'hectares d'une forêt sauvage dans les Pyrénées occidentales, préservés de l'exploitation, et très riches de nature. Pour longtemps encore ?



  

 Rivières et forêts sauvages, est-ce encore possible ?

 

 

 

C'est sous ce titre alléchant que se tiendra à Bourges, samedi 9 octobre 2010 de 10 heures à 12h00, un débat que l'on devine bien prometteur, organisé dans le cadre du 6ème festival du film écologique de Bourges.



Les intervenants seront Daniel Vallauri qui est depuis 2000 chargé du programme Conservation des forêts du WWF-France, responsable principal de l'organisation du fameux colloque de Chambéry " Biodiversité, naturalité, humanité. Pour inspirer la gestion des forêts", et Gilbert Cochet, naturaliste, président du groupe "Forêts sauvages" et auteur notamment de Fleuves et rivières sauvages, paru cette année chez Delachaux et Niestlé.



"Et si l’homme n’était qu’un visiteur de passage dans un paysage ou un milieu : une forêt libre et sans entretien, un retour à la naturalité d’une rivière sauvage...
Utopie ou réalité ?"

  

  

Ne manquez pas ce débat des "Entretiens de Bourges" si vous avez l'occasion de vous rendre dans cette ville ou de faire spécialement le déplacement. Gilbert Cochet et Daniel Vallauri savent transmettre avec passion leurs connaissances d'un sujet d'une brûlante modernité. Visitez également le site de "Forêts sauvages" sur le quel vous pouvez télécharger Naturalité, la lettre du groupe, dont le numéro 8 vient de paraître : http://www.forets-sauvages.fr

 

 

Tous renseignements sur le site du festival : http://www.festival-film-bourges.fr

 

 

A Bourges, ne manquez pas non plus le Muséum dirigé par deux passionnés, Michèle Lemaire et Laurent Arthur : http://www.museum-bourges.net/

 

 

 

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Ci-dessus : une de mes nièces dans une forêt primaire d'Europe centrale, habitée par une myriade de formes de vie, allant des champignons aux ours. Faudra-t-il éternellement filer vers l'Est pour jouir de telles atmosphères ?

 

A droite, la confluence de la Save et du Danube à Belgrade, capitale de la Serbie, ville moderne de 2 millions d'habitants. Au centre du cliché, une île immense et boisée, pleine de vie, sans construction hormis de petites  cabanes en bois de pêcheurs ! Les Belgradois profitent d'une petite plage (le Lido !)  à l'extrémité nord-ouest et tout le reste est laissé à la nature. Pourvu que ça dure !

 

Il est grand temps de s'inspirer en Europe de l'Ouest de ce que les Slaves et les Balkaniques sont capables de laisser à la nature. Il faut aussi les aider contre les puissances d'argent qui tentent de mettre la main sur leurs richesses, comme au Monténégro sur les rivières Moratcha et Mervitsa, parmi les plus belles d'Europe : Aidez la Moratcha : soutenez le combat contre les barrages sur la rivière Moratcha et Appel de Franz Weber en défense de la Moratcha.

 

 

Stéphan Carbonnaux

 

Clichés : collection personnelle

Michel 17/10/2010 23:40


"Il est grands temps de s'inspirer en Europe de l'ouest de ce que les Slaves et les Balkaniques sont capables de laisser à la nature".
Certes, mais la présence actuelle d'espaces (et d'espèces) sauvages dans l'est de l'Europe est-elle un choix, éventuellement dû à la culture de ses peuples, ou le résultat de la pauvreté dans
laquelle ils vécurent (sans moyens de nuire à la nature)sous le communisme ? Peut-être l'addition des deux.
Quoi qu'il en soit il faudrait s'en inspirer je suis bien d'accord, mais n'est-ce pas le contraire qui risque d'arriver ? Je crains que l'Europe de l'ouest qui aujourd'hui investi à l'est ne
propage sa politique du "c'est mon choix", que vous dénoncez à raison, et qui entrainera des changements de comportements dans les modes de vie des populations, avec au bout du compte une grande
menace pour la nature.
En ce moment des promoteurs français vendent des forêts en Roumanie pour l'exploitation, un placement foncier ou la chasse ; dans le Delta du Danube, un autre français réhabilite des goulags pour
en faire des chambres luxueuses pour touristes aisés passionnés de pêche sportive.
On peut y ajouter la menace qui pèse sur la vallée de la Moratcha pour développer l'hydroélectricité, et que l'on peut lire sur votre site.
Parfois donc, les pays de l'est semblent gangrénés.

De la même façon, l'Espagne aurait-elle aujourd'hui encore ses meutes de loups et ses ours si ce pays avait pu se développer comme la France ou l'Allemagne dans les années soixante dix ? Va t-elle
d'ailleurs parvenir à les conserver si la péninsule Ibérique poursuit ses infrastructures routières et ce qui en découlera inévitablement(infrastructures pour société de
production/consommation)?

Peut-être que culturellement les habitants de certaines contrées de l'Europe pourront résister au fléau de l'argent et défendre leur patrimoine naturel ; peut-être aussi que la crise dont on nous
parle si souvent, mais qui pour l'instant ne semble pas perturber les projets comme l'A65 en Béarn, viendra au secours de la nature (et des hommes).


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 18/10/2010 23:13



Bonjour Michel,


 


Tu as raison de t'inquiéter de l'avenir de la grande nature en Europe de l'Est menacée par les politiques libérales, après avoir subi des politiques socialistes
destructrices.


 


Mais force est de constater que, outre la péninsule ibérique et certains espaces scandinaves, la nature sauvage est concentrée à l'est de l'Europe, qui,
pour des raisons historiques, politiques, économiques, mais aussi culturelles, a mieux su la conserver que nous.


 


Comme Alain Sennepin l'a bien  montré de son côté dans quelques fameux articles (www.europe-tigre.com) le coeur de la
vaste nature sauvage européenne se situe dans les grandes forêts et marais de la Pologne orientale et de la Biélorussie.


 


Il faut visiter l'Est, le comprendre, le sentir, pour mieux agir ici et les aider aussi, puisque nous exportons désormais chez eux notre fameux modèle de
société.


 


Bonne semaine,


 


Stéphan



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