Robert Hainard in memoriam

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet
Souvenons-nous. Les préparatifs du passage à l'an 2000 et au troisième millénaire faisaient la une du monde médiatique quand l'ouragan Lothar s'abattit sur une partie de l'Europe occidentale, les 26 et 27 décembre 1999. C'est alors que la nature sortait son grand jeu, qu'au bord du lac Léman, en Suisse, l'artiste Robert Hainard entrait dans le paradis de ses grandes chasses. 

00123.jpg--1600x1200-.jpg Cette disparition, à ce moment précis et si singulier, était un de ces curieux hasards auxquels je ne crois pas beaucoup. Qu'un homme aussi amoureux de la nature et aussi critique sur le rapport d'exploitation de la nature qu'entretiennent nos sociétés meurt en une telle occasion m'apparaissait comme un signe des temps. La nature rappelait sa prééminence à l'homme malade de titanisme, et Robert Hainard, sans un mot, lui donnait évidemment raison.
Dix ans plus tard, alors que les questions écologiques sont sur toutes les lèvres, on gagnerait tant à découvrir ou à redécouvrir l'oeuvre fondamentale de cet artiste si ancien et si nouveau. Sa pensée philosophique reste la part la moins explorée, alors que Robert Hainard est sans conteste celui qui a le plus apporté sur notre rapport à la nature, et à la nature sauvage en l'occurrence. Cette pensée est aussi une de celles qui permettent de comprendre toute la vacuité des idéologies du développement, qu'il soit durable, soutenable, voire désirable, et des croissances économiques, qu'elles soient vertes ou écologiques. 00112.jpg--1600x1200-.jpg

00110 [1600x1200] Robert Hainard pensait et sentait un autre rapport au monde, en communion avec celui-ci, devant les terriers de renards et de blaireaux, au coeur des forêts primaires où vivent les ours, dans celles du Jura ou de Bourgogne en quête de sangliers, et souvent sous la pleine lune, qui lui a offert de sublimes gravures nocturnes.  0093.jpg--1600x1200-.jpg

 La prochaine pleine lune est justement pour ce soir, 31 décembre 2009, en cette Saint-Sylvestre si bien nommée. Si vous avez de la chance (chez nous, le ciel est totalement couvert !), profitez de l'astre lunaire, imaginez que dans les bois, les prés, les marais, nos frères sauvages vaquent à leurs occupations.
C'est vers eux, et vers leurs compères diurnes, qu'il faut nous tourner pour en finir un jour avec l'anthropocentrisme qui ronge l'humanité et, dans son sillage, le monde. 
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Stéphan Carbonnaux
Voir
Robert Hainard, Chasseur au crayon

Crédits : clichés noir et blanc : Jacques Hesse ; gravure couleur : Fondation Hainard ; cliché de la lune à travers les arbres : Stéphan Carbonnaux

SIMON Philippe 02/01/2010 17:19


Bons voeux a vous deux et bonne réussite dans vos projets.
Un tour sur le site de Robert Hainard le 31 12 aussi!, d'ou j'ai télechargé "le Monde Plein".Bonheur,verité et nostalgie d'une bréve rencontre.Et" Le Cercle Rouge"...
Merci Stéphan.
Bons Vents à vous deux. Philippe.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/01/2010 15:08



Merci beaucoup et bons voeux à vous aussi. Désolés pour cette réponse tardive mais nous avons eu des soucis importants avec Internet et venons tout juste de
retrouver notre connexion.

Que cette année 2010 vous permette de concrétiser vos projets photographiques !

Bien cordialement,
Stéphan et Marie



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