Vers une histoire du réensauvagement de la France et de l'Eurasie

  • Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet

Histoire-de-France--Claude-Auge-et-Maxime-Petit--1600x1200.jpgVoici un mois, par une journée radieuse, nous nous sommes rendus Marie et moi dans un petit village de Haute-Garonne acheter une Singer 191 B (www.la-petite-couture-montagnarde-de-marie.fr), une vaillante machine à coudre à pédale des années 1950 qu'on fabriquait dans les ateliers de Bonnières-sur-Seine (Yvelines), en cette époque où l'industrie n'avait pas migré vers la termitière asiatique, ce gigantesque atelier du mondialisme destructeur des nations, des peuples, des Etats, des économies et de la... nature, cette éternelle oubliée.

 

Nous emportâmes aussi un lot de vieilles revues de mode de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, qui contenait aussi quelques pages jaunies, déchirées et griffonnées d'un manuel scolaire intitulé Premier livre d'histoire de France de Claude Augé et de Maxime Petit, édité à de nombreuses reprises par Larousse. Il ne faut jamais jeter les vieux papiers qui nous en disent parfois si long !

 

 

Voici comment s'ouvre le chapitre premier de cette histoire de France :

 

 

La Gaule

 

Leçon - La Gaule.

 

 

"1. Autrefois, la France portait le nom de Gaule, et ses habitants s'appelaient les Gaulois ou Celtes.

 

2. la Gaule était beaucoup plus vaste que la France actuelle, mais elle était beaucoup moins peuplée. Elle ne comptait guère que six millions d'habitants. Elle avait pour limite : au Nord, la mer du Nord et la Meuse ; à l'Est, le Rhin et les Alpes ; au Sud, la Méditerranée et les Pyrénées ; à l'Ouest, la Manche et l'Atlantique.

 

3. On y voyait de nombreux marais et des forêts immenses remplies d'animaux sauvages. Elle n'était pas cependant tout à fait inculte.

 

4. La France est aujourd'hui bien cultivée. Des chemins de fer la traversent dans tous les sens. Des villes importantes s'y élèvent un peu partout.

Au temps des Gaulois, il y a deux mille ans, on rencontrait, là où mûrissent aujourd'hui le blé et la vigne, des marécages ou des forêts. L'aurochs, l'élan, l'ours, le loup, le sanglier, s'y trouvaient en plus grand nombre que les animaux domestiques.

Il n'y avait point de larges routes, mais seulement d'étroits sentiers pour aller d'un village à l'autre. (...)"

 

Une vignette montre un bison (et non un aurochs, merci à Marc Michelot et à Georges Gonzales qui m'ont signalé cette grossière erreur, ajoutant que la confusion était fréquente autrefois entre le bison d'Europe et l'aurochs)  et un élan.

 

Aurochs et Elan [1600x1200]

 

 

Que tirer de ce début de leçon ?

 

On s'étonnera aujourd'hui qu'une histoire de France ne commence qu'à l'époque gauloise comme si les millénaires précédents ne comptaient pour rien. Mais c'est un autre débat.

 

Je retiens surtout qu'on apprenait clairement aux enfants combien notre pays était sauvage et peuplé d'une grande faune, "en plus grand nombre que les animaux domestiques", même si l'on sent bien dans l'esprit des auteurs que "le blé et la vigne" ont légitimement pris la place des bêtes sauvages.

 

Aussi loin que remontent mes souvenirs scolaires, je ne me rappelle pas avoir reçu une telle leçon, puisque les animaux et la nature étaient parfaitement absents de nos cours d'histoire et de géographie. La géographie postulant d'ailleurs la disparition de la nature, au motif que l'homme aurait tout transformé, et préférant le terme anthropocentriste "environnement". Qu'en est-il aujourd'hui des leçons d'histoire, de géographie ou de sciences ? Laissent-elles une place à la nature ? Un instituteur pourra-t-il éclairer notre lanterne ?

 

Alors, faut-il se résigner un siècle après Maxime Petit et Claude Augé, et près de 30 millions d'habitants supplémentaires sur le sol français, à vivre pour toujours dans un pays vidé de sa grande nature et donc de sa grande faune ?  

 

La situation en France, et dans d'autres pays d'Europe, est assez paradoxale. D'un côté, on nous annonce officiellement que l'équivalent de la surface d'un département est artificialisé tous les dix ans par des aménagements divers : lotissements en tâche d'huile, ZAC, hideuses zones commerciales, éoliennes titanesques (sur terre comme en mer), et bientôt d'immenses superficies photovoltaïques et un affreux mitage de maisons dites low cost, et tant d'autres. Tout cela pour répondre à notre névrose collective du développement et de la croissance, désormais repeinte en vert. Faudra-t-il attendre l'artificialisation totale de notre pays pour dire STOP ?

 

 

La-France-defiguree.jpg

 

La France défigurée, la France aux immenses surfaces perdues pour la nature sauvage ou dite banale mais aussi pour les paysages harmonieux façonnés au fil des siècles.

 

 

 

 

Centrale éolienne en mer

Ces Titans des âges modernes que sont les gigantesques éoliennes sont appelés à se multiplier sur terre comme sur mer, sans que la croissance énergétique ne vienne à diminuer, puisque la doctrine dominante est celle de la croissance exponentielle du système. Combien d'écologistes se rendent-ils compte de la supercherie ?

 

 

 

 

 

 

 

D'un autre côté, et fort heureusement, de grandes surfaces de notre territoire se libèrent - parfois à grand peine - d'une emprise trop forte des hommes. On le constate notamment en Auvergne, dans le sud-est et dans les Pyrénées. La forêt regagne une part du territoire perdu ces derniers siècles même si la qualité et l'âge des boisements sont encore médiocres. En effet, la France, le pays le plus vaste d'Europe, n'a pas une seule forêt primaire digne de ce nom et n'offre aucune très grande forêt naturelle ou sauvage, c'est-à-dire pleine de la grande vie animale et non abîmée par une route, une ligne THT ou que sais-je encore.

Prealpes-de-Grasse--1600x1200-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

D'immenses espaces se libèrent pour la vie sauvage. Ici, dans le sud-est de la France, les Pré-Alpes de l'arrière-pays niçois.

 

 

Simultanément, et fort heureusement aussi, nous vérifions que les grands animaux voient leurs effectifs augmenter, quand bien même ils pourraient être beaucoup plus nombreux en France, tels les loups ou les lynx ou les cerfs ou les chamois. A l'échelle du continent, la hausse est notable pour quelques espèces qui avaient vu leurs effectifs tomber très bas au fil des siècles. N'oublions pas cependant que de nombreuses espèces de plaine (plantes, insectes, oiseaux, amphibiens, etc.) voient leurs effectifs chuter de façon assez catastrophique sous les coups de l'agro-chimie et de l'urbanisation. Seuls de grands écosystèmes fonctionnels, couronnés par leur grande faune herbivore, carnivore et charognarde, permettront un maintien et un retour de l'ensemble des formes de vie.

 

 

Wildlife-comeback-in-Europe.jpg

 

Ce dessin reproduit ci-dessus, et extrait du site www.rewildingeurope.com,  montre l'augmentation des effectifs de quelques espèces de bêtes sauvages en Europe depuis le début des années 1970.

 

White-tailed eagle/Pygargue à queue blanche : moins de 100 en 1970 et 19 000 en 2004

European Bison/Bison d'Europe : 400 en 1970 et 1400 en 2000

Moose/Elan : 450 000 en 1970 et 500 000 en 2000

Red Deer : 205 000 en 1970 et 548 000 en 2000

Beaver/Castor : 75 000 en 1970 et 639 000 en 2003

Eurasian Lynx/Lynx boréal : 7 000 en 1995 et 8 500 en 2005

Wolf/Loup : 15 000 en 1970 et 21 000 en 2005

Brown bear/Ours brun : 6 500 en 1980 et 39 000 en 2005

(Tous ces chiffres sont extraits du site mentionné ci-dessus).

 

 

Le réensauvagement de la France, de l'Europe et de l'Eurasie (si on conçoit les choses de manière sérieuse) que nous souhaitons ardemment, et auquel nous entendons consacrer notre énergie, n'est pas un "retour en arrière" ni une lubie d'écolos-bobos. Il résulte de la volonté de renouer une histoire avec la grande nature sauvage de notre continent, une histoire rompue pour notre plus grand malheur collectif, et qu'il n'appartient qu'à nous de faire revivre. Nous en tirerons sans nul doute des bénéfices spirituels, psychiques, physiques et matériels que nous ne pouvons même pas encore imaginer. Ce sentiment m'habite depuis très longtemps et j'ai senti en Slovénie, en Serbie, en Bulgarie ou en Espagne du nord-ouest combien le réensauvagement était fécond à tous niveaux.

 

Des études comme celles d'Alain Sennepin (publiées ou inédites - voir aussi son excellent blog : http://europe-tigre.over-blog.com et son site http://www.avenir-tigres.com non moins fécond)  ou de Joao Pedro Galhano Alves ("Vivre en biodiversité totale", une grande exposition à Madrid ) démontrent comment les sociétés humaines vivant en bonne intelligence avec la grande faune tirent des avantages de tous ordres en regard de celles qui ont éliminé les grands animaux et la vaste nature qui les accompagne.

 

Coexistence pacifique avec les bisons 2 [1600x1200]

La coexistence pacifique entres les hommes et la grande faune, ici avec des bisons d'Europe à la réserve du Haut-Thorenc (Alpes-Maritimes) - www.haut-thorenc.com , ouvre des horizons nouveaux insoupçonnés.

 

 

Evidemment, un tel bouleversement sera impossible :

 

- sans de grandes capacités d'écoute et de compréhension des populations rurales,

- sans une politique économique et sociale digne de ce nom qui permette à ces populations rurales de vivre décemment de leur travail (qui demain peut être lié en plus ou moins grande partie à l'existence même de la grande nature sauvage) et non de subventions,

- sans ancrage sur le terrain - c'est-à-dire sans migration des défenseurs de la vie sauvage vers les territoires dits "délaissés",

- sans une forte solidarité entre ces mêmes défenseurs de la vie sauvage (qui doivent être correctement payés et considérés socialement ! ),

- et sans une remise en question totale des modes de pensée, d'action et de fonctionnement actuels.

Faute de quoi, le réensauvagement sera une coquille vide, un banal label du "Pays de ceci" ou du "Pays de cela", vide de sens, tout juste propre à nourrir la foule de parasites qui vivent sur le dos de la bête.

 

Une formidable opportunité s'offre à nous de refonder les bases profondes de la politique européenne, tant l'Europe s'enfonce, année après année, dans une crise morale et matérielle de grande ampleur.

  

En France, des groupes tels "Forêts sauvages" - www.forets-sauvages.fr -, Arthen/Bugerbivore (qui a pour objet la défense et le retour du cheval primitif Tarpan et plus généralement de tous les grands herbivores sauvages dans le milieu naturel - bugerbivore@voila.fr), l'artiste  Bernard Boisson - lire et admirer son merveilleux La Forêt primordiale -, ou l'association Preserve - www.haut-thorenc.com -  oeuvrent dans cette direction, chacun avec leur histoire et leur style. C'est évidemment la voie empruntée par "Nature, Sauvage et Civilisation". (Pour éviter de perdre son temps et son énergie, on fera bien attention à ne pas mettre ses pas n'importe où. Il faut se méfier des groupes-simulacres !)

 

En France toujours, Gilbert Cochet et Vincent Prié, viennent de proposer le retour de grands esturgeons atlantiques pour sauver la moule géante dite "Grande mulette" menacée de disparition pure et simple dans notre pays. Les deux hommes donneront une conférence au Muséum national d'histoire naturelle ce 4 décembre 2010 : http://europe-tigre.over-blog.com/article-le-chemin-du-tsar-poisson-60741031.html

 

En Europe le groupe "Rewilding Europe" - www.rewildingeurope.com - vient de lancer une initiative des plus intéressantes qui couvre de très vastes territoires ibériques, d'Europe centrale et balkanique. C'est à suivre de très près.

  

Au fin fond de l'Eurasie, le Parc national de "Zov Tigra" agit sans relâche afin de protéger les tigres de  et la forêt qui les abrite - lire http://europe-tigre.over-blog.com/article-agir-pour-zov-tigra-39395088.html et http://europe-tigre.over-blog.com/article-prometteuse-rencontre-45578597.html. Et c'est en France, depuis l'Allier, qu'est née, sous la houlette d'Alain Sennepin, le projet grandiose, qui occupera quelques générations d'hommes et de femmes d'Eurasie (et d'ailleurs), celui du "Dragon vert", qui n'est rien de plus ni de moins que le projet de reconstituer les écosystèmes qui abritaient il y a quelques décennies, voire quelques petits siècles, depuis l'extrême orient jusqu'aux portes de l'Europe centrale, la très grande faune eurasienne, dont les tigres occidentaux, dits de la Caspienne. La dernière souche de ces tigres vit justement en Sibérie, comme cela est manifestement de plus en plus admis par la communauté scientifique. Pour en savoir plus sur le "Dragon vert" : télécharger la conférence d'Alain Sennepin donnée au Muséum national d'histoire naturelle le 23 janvier 2010 sur http://www.avenir-tigres.com/ et lire les très nombreux articles publiés sur son blog mentionné plus haut. Prenez du temps devant vous : ce n'est pas du temps perdu, c'est du temps gagné !

 

 

Il est temps de réensauvager l'Europe, pointe occidentale de l'Eurasie, et de nous réensauvager, c'est-à-dire de reprendre goût à la liberté. La seule internationale qui vaille sera celle du sauvage.

 

 

Stéphan Carbonnaux

 

 

 

 

Un-ours-passe-dans-la-vieille-foret--1600x1200-.JPGTigre de la Caspienne

 

L'aigle bicéphale eurasien : l'ours et le tigre. Il doit régner de nouveau de Brest à Vladivostok.

 

Un salut fraternel à Alain et Antoine.

 

 

 

Clichés :  éoliennes en mer :  ;http://desourcesure.com/uploadv3/centrale_eolienne.jpg

Zone commerciale : http://www.le-buzz-immobilier.com/wp-content/uploads/2010/03/france-defiguree.jpg ; Arrière-pays niçois : S. Carbonnaux ; Effectifs de quelques animaux sauvages d'Europe : http://rewildingeurope.com ; Coexitence pacifique avec les bisons : S. Carbonnaux ; Ours dans la vieille forêt : Marie Coquet ; Tigre de la Caspienne : http://s2.e-monsite.com/2009/11/08/09/tigre-de-la-caspienne.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Georges Gonzalez 09/10/2012 10:33

Un simple petit commentaire non sans avoir indiqué la bonne impression que me laisse votre blog, notamment par le respect et la précision des sources que vous utilisez, attitude de plus en plus
rare sur cette toile où se côtoient le pire, abondant et le meilleur, rare.
J'en viens à mon commentaire: sur la seconde vignette de la page, la légende est erronée pour l'aurochs, il s'agit en fait d'un bison d'Europe, les deux espèces étaient couramment confondues, à la
belle époque où ces deux espèces purent se côtoyer, avant 1627, date citée de la disparition de l'Aurochs

Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 11/10/2012 13:14



Je vous remercie pour vos impressions sur notre blog. Pour ce qui est des sources, il nous semble évident de les mentionner, tant nous ne sommes que les
continuateurs des générations précédentes.


Et merci de signaler cette erreur que je n'avais pas remarquée, alors qu'une seconde observation la confirme. Marc Michelot (association ARTHEN) m'avait déjà écrit à
ce sujet, mais je n'avais pas corrigé la chose dans l'article en question. C'est désormais fait.


Comme quoi, il faut souvent se méfier des livres !


Bien cordialement,


Stéphan Carbonnaux



Sylvie Cardona 12/12/2010 11:39


Bonjour,
Je n'avais pas eu l'occasion de laisser de commentaire sur ce bel article qui remonte grandement le moral. Je m'efforce, bien plus modestement, à très petite échelle, d'insuffler un peu de cette
vision dans mon département. Je ne crois pas que j'aurai eu l'énergie nécessaire de me lancer sans votre exemple à tous (d'autant que cela coïncide avec une remsie en question personnelle, moi qui
me croyais "écolo"...), alors pour ça, merci.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 13/12/2010 18:00



Bonjour Sylvie,


 


Ne doutez pas de ce que vous pouvez faire de votre côté. Toutes les énergies qui agissent dans la même direction sont complémentaires.


 


Merci pour vos encouragements,


 


Bonne fin d'année,


 


Stéphan et Marie



pirard 06/12/2010 13:43


Ces propositions qui peuvent paraitre farfelues à bien des européens, me paraissent au contraire fort sérieuses et porteuses d'un réel progrès. Cela me semble les propositions les plus "modernes"
que j'ai lues depuis longtemps. Cela ne doit pas être pris comme un absolu qui écrasera toute oppinion, toute autre voie de développement, mais un plus indispensable. Ce n'est pas une idée qui doit
rester marginale non plus. Il y a, c'est sur, de la place et un immense besoin pour cet accès à une biodiversité complète en Europe. Personnellement c'est une perspective qui me rend heureux et
cela fait longtemps que je n'avais pas ressenti cette pointe d'envie et de désir d'aller plus loin dans le partaged'une telle construction. Cela parait utopique, mais mon instinct me dit que cela
est possible. Je pense que de telles envies sont moins marginales qu'on le pense. il faut désormais montrer que le plaisir d'une nature sauvage est un sentiment partagé par de nombreux européens.
Il faut décomplexer ceux qui n'osent l'exprimer ou qui l'enfuient en eux. Il faut emmener les enfants dans la nature etc... enfin, il ne faut pas trop trainer. La nature e tla société qui en est un
ersatz ont horreur du vide. Les zones aujourd'hui dépeuplées se repeupleront. Ce n'est pas un mal, mais autant préparer le terrain pour une bonne qualité de vie dans ces régions qui deviendront des
lieux fort recherchés. Dites moi comment je peux me joindre à vous.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 07/12/2010 00:38



Bonjour Philippe,


 


Je te remercie de tes encouragements à poursuivre dans cette voie qui est aussi la tienne.Tu fais bien d'écrire qu'il ne s'agit pas d'un "absolu", car le
réensauvagement est en effet une volonté de rééquilibrer un continent super aménagé qui ménage justement de moins en moins de libertés pour les hommes et la nature.


 


Nous aussi sentons qu'une frange toujours plus importante des Européens adhèrent à cette vision. Nous aurons, je crois et je l'espère, assez vite l'occasion de
faire signe à tous ceux, qui comme toi, veulent aller plus loin.


 


Bonne semaine,


 


Stéphan



Alain Sennepin 02/12/2010 19:38


Mon cher Stephan, un immense bravo pour cet époustouflant Manifeste pour le réensauvagement, puissant comme le marteau de Thor, tranchant comme l'épée de Sigfried. Ce dernier est en effet
aujourd'hui la seule politique humaine sensée, résolutrice et rédemptrice, abolissant toute distance avec le divin et refermant les blessures collectives. Sans la Nature Sauvage, sans de grands
animaux pour l'habiter, la faire prospérer, et la protéger, nous ne sommes quasiment rien, à peine des homoncules misérables voués à l'indignité, la dégénérescence, la mort.
4000 ans après les Scythes, qui abandonnèrent la vie sédentaire pour une existence chevaleresque en symbiose avec le sauvage, notre mission ici bas est bel et bien de choisir une nouvelle fois la
Liberté, en reconstituant les paysages à même d'en susciter à nouveau le goût et l'appétit.Si nous y parvenons, ce sera l'évènement climatérique le plus important pour ce Continent depuis des
millénaires.L'Eurasie n'a pas et n'aura pas de meilleurs protecteurs que bois et marais, ours, tigres et esturgeons géants.
Encore merci, Ami.


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 02/12/2010 22:59



Cher Alain,


 


Ce texte est aussi le fruit de nos échanges fructueux, le vrai Manifeste reste encore à écrire, à plusieurs mains.


 


Ton évocation des Scythes est très éclairante et je vais explorer cette période historique que je connais bien mal.


 


Tôt ou tard, nous reprendrons la route. Tôt ou tard, reviendront les animaux géants.


 


Amitiés, Stéphan



Lurbeltz 27/11/2010 10:01


Au début, tu parles de la mondialisation et de l'artisanat. As-tu remarqué qu'on parle d'Artisan d'art, aujourd'hui, pour les métiers comme le mien ? Dernièrement ça a fait tilt dans ma tête.
"Artisan d'art", c'est ridicule comme expression, c'est totalement redondant. Mais ça exprime bien qu'il y a eu une époque où tout artisanat était d'art et puis un jour il y a eu une bifurcation.
N'aurions nous pas du appeler les "artisans" autrement au moment de cette bifurcation ? Ne serait-ce que pour respecter la langue française ? Après, tu me diras qu'il y a chez des "artisans d'art"
des gens qui n'ont pas le niveau, mais c'est une autre affaire.
Bon sinon, pour dire que tout est lié... L'artisanat (le vrai, celui qui fabrique pour des siècles), la paysannerie, la culture et la nature, même le monde ouvrier, nous sommes tous menacés par une
seule et même chose qui est un besoin de puissance, de croissance pour un genre d'économie qui est en train de nous faire crever. Ne devrions-nous pas être tous solidaire autour de cette idée ?
C'est un peu l'histoire de la grenouille qui se trouve dans une marmite qui chauffe petit à petit non ?


Stéphan Carbonnaux et Marie Coquet 29/11/2010 15:14



Bonjour Lurbeltz,


 


Je n'y avais pas pensé, et tu as raison, la notion d'"artisan d'art" est au fond ridicule, puisque les anciens artisans, qui avaient un métier entre les mains et
leur style propre, étaient la plupart du temps des artistes. Bien des graveurs, par exemple, comme Robert Hainard, se qualifient ou se présentaient aussi comme des artisans.


 


Le drame, c'est qu'aujourd'hui la confusion la plus extrême règne dans l'emploi des mots "artiste" et "artisan". L'artiste sera souvent encensé même s'il n'a aucun
savoir ni aucun talent créateur (cf. les caricatures mondiales tel que Koones qui inonde les musées de ses objets spéculatifs - puisque son "art" est la spéculation financière),
quand l'artisan (au sens traditionnel) est minoré ou rejeté dans les arrière-cours.  


 


Cette alliance entre artisans, paysans, ouvriers, culture et nature, que tu évoques, nous la désirons aussi. Reste à imaginer et à faire vivre une forte solidarité
entre ces mondes qui s'ignorent, et souvent s'opposent.


 


Merci encore une fois pour tes réflexions qui rejoignent les nôtres.


 


Bonne semaine,


 


Stéphan



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