Conférence "Le difficile retour de l'ours en France"

Le difficile retour de l’ours en France

L’ours est mort ! Vive l’ours ! ?

 

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La figure de l’ours me poursuit depuis l’enfance, lorsque je pris conscience, sur l’Artzamendi, montagne de l’ours en langue basque, de son ultime survivance dans les Pyrénées. C’est l’ours et la vallée d’Aspe, un refuge des derniers plantigrades, qui ont décidé de mon installation dans les Pyrénées voici 16 ans. Depuis, comme me l’écrivait François Merlet : « L’ours est mort ! Vive l’ours ! ?»


Qu’on y pense, seuls un ou deux Mohicans mâles de lignée pyrénéenne hantent encore les vallées occidentales. Et l’arrivée d’ours d’origine slovène dans les Pyrénées centrales en 1996 puis en 2006 n’a bien évidemment pas permis de constituer une population viable et libre, puisqu’une vingtaine d’ours peuplent toute la chaîne, versant nord français et versant sud espagnol. Un effectif misérable comparé aux cordillères du nord-ouest de l’Espagne qui prolongent nos Pyrénées.

Au-delà des explications couramment diffusées, quelles sont donc les raisons profondes de ce difficile retour ? Ne faut-il pas privilégier les causes culturelles et disons-le spirituelles plutôt que des aspects politiques et économiques ?


Tout au long de cette conférence, je suis le fil de ma quête de l’ours dans les Pyrénées, en Slovénie, en Asturies ou en Bulgarie et Roumanie.
Je puise aussi mes réflexions dans ma longue expérience de défense de l’ours sur le terrain. Elle m’a amené depuis 1993 à sillonner les vallées, à rencontrer la plupart des personnes autorisées et simultanément d’autres plus discrètes ou négligées, à lire et à digérer quantité d’ouvrages, d’archives (très peu consultées), et au final à sentir la curieuse relation entretenue par les Pyrénéens avec l’ours.


L’ours a pourtant toute sa place tant biologique que culturelle dans les Pyrénées, et demain aussi dans les Alpes et d’autres massifs français. L’ours est d’abord un mammifère forestier qui peut vivre à proximité immédiate de ses voisins humains.

Il faudra cependant penser tout autrement son retour, qui ne se confond pas avec de simples "lâchers" d'animaux de plus en plus contrôlés et donc de moins en moins sauvages.

 

Une civilisation ne peut subsister longtemps en opposition à la nature et à sa grande faune. Là réside l’enjeu fondamental du retour du roi de nos forêts.

 

 

 


Crédits :  Marie Coquet, Stéphan Carbonnaux, Grégory Carbonnaux.


Stéphan Carbonnaux

 

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