"Plainte contre la France, pour défaut de protection de l'ours dans les Pyrénées"

 

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Cet ouvrage offre au lecteur un ensemble de pièces qui forment un « dossier » : une plainte abrégée et rendue lisible pour le commun des mortels, de longs commentaires sur cette plainte et des documents. Ce travail a été le fruit de diverses personnes membres d’associations de protection de la nature.

 


Pour ma part, j’ai écrit un essai, qui mêle aussi des récits, intitulé Le Pays des forêts sans ours, nourri de mes 17 années de vie, d’observation et de combat dans les Pyrénées. C’est à la fois le constat d’un échec (nié par beaucoup), mais c’est aussi un essai qui entend ouvrir des chemins jusque-là peu ou pas empruntés.

J’ai d’abord hésité à accepter la proposition qui m’était faite d’écrire un tel texte, car je considère que trop d’ouvrages, trop d’articles de journaux et de magazines paraissent sur les questions dites écologiques, et en l’occurrence sur les questions ursines. Les libraires, les lecteurs vous le disent et s’agacent parfois, car on lit trop souvent la même chose, loin des réalités brutes, c’est-à-dire pleines de nuances, de contradictions, et pleines de vie. L’ours, cet être de chair et de sang, est trop souvent occulté au profit de considérations politiciennes, syndicales, économiques et associatives. Oui, l’ours est malheureusement devenu un objet.

 

J’ai donc voulu contribuer à lui restituer son rang de sujet, et même de personne animale, tant je rejette aujourd’hui cette tendance lourde à considérer les animaux comme une masse plus ou moins informe avec laquelle on peut expérimenter un certain nombre de projets humains. La question de l’éthique est donc à mes yeux une priorité absolue.

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Le retour de l’ours, n’est pas, à mes yeux, un projet de développement fut-il « écologique » ou « durable », il doit accompagner et précipiter l’inévitable changement de civilisation.

Il est un projet d’avant-garde avec pour volonté farouche d’œuvrer pour l’alliance future des hommes et de la nature sauvage.

Stéphan

Note importante : Marie et moi-même sommes fermement opposés à de nouveaux lâchers d'ours dans les Pyrénées, dans les conditions actuelles. La première partie de l'ouvrage a été rédigé par un collectif dont les propos n'engage que lui. Je m'exprime sur la question personnellement dans la seconde partie du livre.

Editions Radicaux libres, 2010
Ouvrage de 160 pages
Prix : 15 euros + frais d'envoi


Vous pouvez commander les livres directement à l'auteur  en envoyant un courriel  :


stephan.carbonnaux@wanadoo.fr
 

 

 
…Extraits "Le pays des forêts sans ours" …
 
 

 
« Nous sommes nombreux à souhaiter un vrai retour de l'ours, mais gare à ne pas confondre ce retour avec des lâchers d'animaux, plus ou moins sous contrôle humain, toujours seuls en première ligne »  « Face à la crise écologique majeure que nous subissons, devant la sixième extinction du vivant bien en marche, un nombre croissant de personnes appellent au changement de civilisation. Pourquoi le retour de l'ours dans les Pyrénées devrait-il alors être pensé en terme boutiquiers et à très court terme ? » « Le "Grand Être", pour reprendre la belle expression de Rosny, sera atteint lorsque une majorité d'hommes aura, grâce au bouleversement économique, atteint un point de basculement dans son rapport à l'animal et au monde sauvage (...) un point d'équilibre entre les activités de notre espèce et l'existence de toutes les autres formes de vie »  « Nous paraissons très éloignés d'une telle société. Oui, si nous moisissons dans nos certitudes. Non, si nous considérons les leçons du passé et la capacité d'effondrement ou de changement, parfois très rapide des civilisations humaines. Quoiqu'il en soit, le retour de l'ours dans une optique radicale, qui s'approche des racines du problème n'est possible qu'en énonçant des vérités appuyées sur des faits»  « C'est l'évidence, nous ne savons pas écouter l'homo pyrenaïcus» « On dit que l'ours est l'animal le plus politique de France. Ce serait une excellente chose s'il donnait lieu, dans la tête et surtout le coeur des hommes, à une politique et à une vision à long terme. Pour son grand malheur, un fatras de considérations politiciennes, syndicales, journalistiques et associative l'occulte, lui, cet être de chair et de sang »  « Pour ma part, je suis de ceux, qui, avec Yves Christen, à l'opposé des courants philosophiques existants, considère les animaux comme des personnes, c'est-à-dire des individus bien différents les uns des autres, dotés d'un monde intérieur qui leur est singulier » « Pour l'essentiel, les défenseurs de l'ours raisonnent en terme de biomasse. D'un côté les ours réintroduits sont individualisés par leur noms, ils sont aussi parrainés, des peluches sont fabriquées à leurs effigies, mais d'un autre côté, les hommes les oppèrent pour mieux les contrôler, les relâchent sur un territoire qui n'offre pas grande garantie de tranquillité, voire de survie, et ils les capturent de nouveau pour des raisons illégitimes. Et lorsqu'un ours meurt par la faute de l'homme, nous nous dédouanons en réclamant son "remplaçant", qui sera retiré de sa forêt de Slovénie où il vivait paisiblement» « J'ai été de ceux qui racontaient en public que les ours réintroduits étaient condamnés à être tués, et donc que leur vie dans les Pyrénées, malgré les difficultés, valait mieux que la mort donnée par un riche chasseur slovène ou étranger. Mea culpa, car c'est un raccourci stupide que j'ai servi par faiblesse, dans un contexte nuisible à la pensée » «L'ours, Lou Moussu, Artza, est le grand incompris de nos forêts et de nos montagnes. Il est mal défendu »…

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